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01/07/2016

...mindfulness.... (yeah)...

.. et puis, ce matin, un putain de temps gris, c’est pas qu’il fait froid, non, c’est qu’il fait flou, un rien brouillardeux, à ne pas savoir si tu as encore sommeil ou pas, si tu as faim ou pas, si tu as bu ton café déjà ou pas ou même si tu as envie de boire, ce genre de truc suffisamment rare chez moi pour que je mette Changeless de Keith Jarett sur les enceintes, que je me repose devant le petit bureau dans mon salon, prés de l’ouverture dans la cloison de bois que j’ai découpée pour avoir plus de lumière du couloir, mon salon est sombre, les vieilles maisons de pierre, ici, c’est un peu ça, de très gros murs, de petites fenêtres, j’ai fait poser une baie vitrée sur la minuscule cour derrière, mais ça n’a pas suffit, alors il y a quoi ? quinze jours ? j’ai demandé à ce type que je croise dans les bars de temps à autre, ce menuisier, j’ai demandé un outil pour faire ça : découper une fenêtre dans ma cloison pour récupérer un peu de la lumière du couloir, ici les couloirs sont dans la pièce du bas, les couloirs servaient à protéger du froid de la porte avant, ma porte est vitrée, y’a de la lumière prisonnière, j’ai été chercher la grosse scie sauteuse professionnelle, je te parle pas de ces trucs pour découper du contreplaqué, la lame est un gros machin très épais, ça fait un bruit pas possible, mais ça m’a découpé en dix minutes la cloison de planches de je ne sais quoi, mais c’était pas du tendre, c’était pas  du sapin, pas du chêne non plus, un bois dense et lourd,  un bois solide, un bois qui te racontait les baises des anciens l’hiver sous la grosse couverture du lit dans le salon quand avant y’avait pas de chambre et qu’ils dormaient tous dans la pièce du bas, la seule de la maison, c’est moi qui ai aménagé le grenier, c’est moi qui ai synchronisé tout ça au XXème siècle, bref, j’ai découpé la cloison, y’a un peu plus de lumière maintenant, y’a mon petit bureau à coté, et aussi c’est pas une fenêtre que j’ai découpée, c’est une grande ouverture genre porte sans porte, parce que à un moment, il faut ne pas savoir s’arrêter….

… il est un peu plus de neuf heures, j’ai bu mon café, y’a le piano de keith jarret pas mal envoutant, dans ce disque là, Changeless, ces quelques notes répétitives, on est vendredi je crois, j’ai un peu perdu la notion des jours ici, c’est l’été, je crois mais on dirait pas trop avec ce ciel là……

… et puis une fois le couloir à nu, ce couloir qui me servait de garage à scooter, qui était tout pourri avec son grand placard recouvert de trente mille couches de peinture merdique, l’encadrement en pierre avec la terre autour qui s’effritait, et puis ce couloir, hum, il me fallait faire quelque chose, le rendre souriant, le rendre caressant, j’ai passé trois jours à décaper le placard, avec cet appareil genre séchoir électrique qui fait fondre la peinture et tu grattes derrière avec une spatule métallique, t’oublie pas tes gants parce que putain ça brule, et puis au bout de trois jours ben j’en ai eu marre, j’ai arrêté un peu, c’est pas tout à fait fini, je continuerai quand j’en aurai envie, surtout aucune contrainte, ne jamais rien s’imposer, jamais, juste suivre le cours d’eau, juste se laisser porter au moment présent, tu sais je fais un peu de méditation de pleine conscience ……

…………….. c’est le mot pleine conscience qui m’a attiré, tu vois la force du marketing, ça aurait été méditation de plein la gamelle, j’y aurai pas été, mais pleine conscience j’ai été voir, le truc c’est de pas penser..

.. et putain ça c’est pas simple..

Pas penser, c’est un exploit, j’ai téléchargé un truc de coaching là-dessus, je m’allonge, je ferme les yeux et vas y que je pense pas… j’y arrive pas toujours à suivre ma respiration,  à juste exister sans aucun décalage entre le passé et le futur, je vis grosso modo comme ça, chaque matin me disant que rien ne m’oblige à rien, que j’ai juste à être, ça roule assez bien, j’ai pas but, j’ai pas de compte à rendre, j’attends rien, je me fous du passé, je veux dire, bon et alors quoi ? donc, grosso modo, je vis comme ça, assis sur mon rocher, à feuilleter le vent et à respirer la mer,

….mais penser à rien, c’est pas tout à fait pareil…

…. Je m’allonge donc sur le canapé, je lance le coaching très bien fait sur mon téléphone samsung note 4, je ferme les yeux et …

… quand ça marche, je te dis pas le bienfait que ça fait, je te dis pas la forme que tu as ensuite, genre tu as dormi douze heures dans une couette tiède avec quelqu’un qui te suçait lentement la bite….

.. ensuite généralement, j’enfile mes gants de boxe et je cogne sur le sac de frappe que j’ai fixé à la poutre du salon, et je cogne et cogne encore parce que c’est jouissif de taper comme ça, en sueur luisante, sur la basse d’une play list de rock binaire, et d’enchainer quatre ou cinq morceaux sans que ralentissent les coups, quand ça devient vertigineux la sueur qui te brule un peu les yeux, que c’est une peu flou et enivrant, que tu te sens invincible..

………….alors alors, tu arrêtes, la respiration ralentit, tu as les bras ballants, les gants au bout des doigts, le sac de frappe qui finit par s’immobiliser, et putain tu souris….

La pleine conscience, penser à rien, le corps qui cogne le sac, et là tout de suite, keith jarett en duo avec son batteur..

Encore…

18/05/2016

.. larchouma...

.. et puis bon je me suis fait gauler en prenant des pierres sur la petite plage là bas, j’avais oublié que pile poil là c’était une réserve naturelle, il était sept heures du soir, j’avais garé ma voiture dans le désert du petit vent qui soufflait, y’a toujours du vent là bas, j’avais escaladé les rochers un peu, regardé la mer plutôt très calme, me suis souvenu des jours de tempête cet hiver ici, les claquements des vagues immenses, tout ce chaos fascinant, mais là, c’était plutôt tout doux, même un clin d’œil du soleil qui préparait sa sortie en beauté, et puis j’ai vu quatre ou cinq pierres, j’aime bien les pierres, de gros galets d’une quinzaine de centimètres chacun grosso modo,  je sais pas pourquoi je me raconte des histoires en les regardant, les nuances des couleurs, parfois quelques cristaux de quartz qui brillent, des fois une trainée un peu sombre, je sais pas pourquoi je plonge dans ces univers là, comme s’ils étaient capable de m’emporter en eux, comme s’ils recelaient toutes ces couettes tièdes et suaves qui me reposeraient en un  souffle calme….

.. alors je les ai ramassées et je suis retourné vers ma voiture solitaire là bas au bord du chemin qui menait ici, et une autre voiture est arrivée, à cette heure ci, c’était inattendu, qui pouvait bien se balader là à sept heures passées du soir, et un femme est descendue, j’ai eu un geste idiot qu’elle a vu de loin, j’ai caché les pierres sous mon blouson, elle s’est approchée, elle ne me quittait pas des yeux, à contre jour comme ça, c’était la silhouette du commandeur , je la connaissais de vue, j’avais jamais échangé un mot avec elle avant, peut être un signe de tête, qui ne salue pas d’un  signe de tête ici, et elle s’est approchée, elle m’a dit vous cachez quoi ? putain j’ai eu cinq ans d’un  coup et la main dans le pot de confiture, j’ai du répondre surement même si d’un coup tout le décor s’était recouvert d’une couche de blanc laiteux et gluante, j’ai du répondre quelque chose, sûrement des pierres ….       elle m’a dit c’est interdit, reposez les, j’avais deux ans et je coulais mourir je les ai posées par terre, elle a pas insisté, elle a marché vers la mer, j’ai eu du mal à respirer j’ai du y arriver , je veux dire, je suis pas mort, si on respire pas on meurt, je sais pas comment je me suis retrouvé chez moi, j’arrivais plus à penser, j’étais englué dans une hachma brulante, dans une fissure de lucidité je me suis dit qu’il fallait que je me trouve un scenario acceptable pour surmonter la honte…..

Le premier que j’ai trouvé était d’assassiner cette femme, la pousser de la falaise et voilà plus de problème, un problème n’existe que si quelqu’un se le pose, autrement, il se passe rien, et puis je me suis dit que bon, même si il n’y avait pas d’autre issue possible à mes yeux, il me fallait quand même être un rien raisonnable….

J’ai pas beaucoup dormi, j’ai pas trouvé de solution, alors ce matin j’ai ouvert mon ordi et j’ai glissé tout ça dans ces mots là que tu viens de lire et à partir de là, ça ne me concerne plus….

Enfin normalement….

 

 

… et puis, mon frère est en ce moment précis sur la table d’opération, il voulait pas se faire opérer, il m’a dit je suis sur que je vais mourir, un truc comme ça, si je me fais opérer, il a peur, très peur, une angoisse surgie de je sais pas où, et puis il a bien été obligé, je veux dire la souffrance n’était plus supportable, il a même espéré se faire opérer le, plus vite possible tellement il avait mal….

Voilà, il y est là…

On aura des nouvelles vers midi une heure…

Il pleut ce matin ici, j’ai bu mon café, je regarde par la baie vitrée la lumière se poser petit à petit sur ma minuscule cour derrière….

17/05/2016

... the monkeys's name....

.. et puis le soleil semble revenu alors je me suis levé de mon canapé et posé sur la table en bois sur la terrasse, avec l’ordi, le noir, celui qui était sur la table ronde du salon, l’autre le blanc, plus petit, est sur le bureau dans le coin en bas, à gauche, j’ai fait un café sur ma senseo, un simple mais je viens de le finir d’un trait, il m’en faut encore, un  autre brulant, j’ai été cherché dans le cagibi le paquet de gâteaux bretons qu’a laissé la fille aux bougies avant de partir loin, la semaine dernière, j’avais envie de ce genre de plaisir, un café fumant, des palets bien sucrés et bien beurrés, ma petite terrasse, un après midi qui s’étale un peu…

Y’a eu ces derniers jours tous ces vertiges qui me prennent de temps à autre et qui m’extraient du temps qui passent, à l‘affut de la moindre sensation de bien être sur laquelle je peux sauter pour oublier le monde qui tourne et tourne encore dès que je le regarde, j’ai eu douze mille explications pour ces vertiges chacun y va de son histoire personnelle, je n’écoute plus, je cherche pas de solutions, j’ai pas de problème, juste des vertiges de temps à autre,… le soleil s’est repointé mais il ne fait pas vraiment chaud, y’a un petit vent comme ça qui me fait relever le col de ma veste de survet noire, tirer sur le zip, plisser un peu des yeux.. tiens j’ai fini le paquet de gâteaux, un enfilage machinal en sirotant le café… je ne fous rien depuis pas mal de jours, sauf casser mes stylos, mes beaux stylos rollers, orange, noir verts, que j’achète par fournée sur amazon, j’en ai cassé deux ce matin, la même connerie, en forçant la recharge, en tirant fort quand il faut y aller en  vapeur de gestes, en traversée de coquille d’œufs, quand il faut faire attention et si il y a un truc dont je suis incapable en ce moment c’est d’attention….

………………Il y a des intervalles comme ça , entre quoi et quoi ?, je sais pas, mais des traits d’union sur lesquels je ne m’intéresse à rien ni à personne, incapable de lire, j’essaie un peu,  j’ai commencé à nouveau tropique du cancer et du capricorne de Miller, relu les trois premières pages huit mille fois et m’en foutre, j’ai repris également le nom des singes de volodine, que j’avais envoyé à toi, toi qui écris si bien, repris les premières pages, et là c’est pas pareil tu sens que ce bouquin c’est autre chose, tu sens que ce bouquin, tu ne l’as pas seulement jamais lu mais jamais imaginé … je l’ai lu il y a des années de cela, je ne l’ai jamais oublié, le nom des singes traine un peu partout dans l’apparence du réel qui m’entoure, avec beautiful loosers de leonard cohen, pourquoi écrire quand ceux là l’ont dejà fait, et tiens il faut que je recommence à bruler mes traces, je ne tiens pas à laisser un indice quelconque de moi si par hasard, au détour d’une crise cardiaque, je ne pèse plus que 21 grammes….

Je pense à ça parce que des gens meurent autour de moi un peu, il y en a un qui s’est jeté la semaine dernière d’une falaise au tréport, j’ai été voir si internet en parlait mais non, j’ai rien trouvé, il a laissé ses papiers sur le bord et hop il a sauté, on sait pas pourquoi, je veux dire personne n’a rien vu venir, il était comme il a toujours été, la fille aux bougies dit il a été assassiné parce qu’elle venait de lire dix neuf polars d’affilée, mais personne ne veut assassiner ce type, tout le monde s’en fout, c’est peut être pour ça qu’il a sauté… les gens semblent avoir besoin d’étre au centre de quelque chose, semble avoir nécessité vitale d’un regard d’amour, je dois surement être comme tout le monde mais j’essaie de m’échapper de tout besoin, de toute nécessité, j’ai cassé mes deux stylos, c’est chiant en soi, je viens de les recommander sur amazon, j’ai ai même pris trois, et j’ai aussi cassé ma voiture mais enfin ça elle l’a fait toute seule, elle a presque vingt ans, j’ai recommandé la pièce sur internet, la pompe à gasoil si ça t’intéresse, y’a un petit garagiste qui va me la poser, en bas là bas, au dessus du port, dans la nouvelle zone industrielle qu’ils ont construite récemment, lui a un entrepôt tout bordélique, rempli de tout et de rien jamais rangé depuis l’aube des temps, mais bon, il te pose des pièces que tu achètes sur internet, il te pose pas de question, ça marche pas toujours mais c’est jamais très cher, j’attends le colis, ça devrait arriver demain ou après demain….

………….La fille aux bougies m’a téléphoné tout à l’heure, elle est en Corrèze, elle fait de la spéléo, elle m’a dit le grotte ça ressemble à un cauchemar, on dirait qu’on va entrer dans un rêve pourri.. et ? j’ai demandé, et j’y suis allé elle a dit, sans dec je suis là pour ça et maintenant j’en suis sorti..

  • et ?
  • Et je vais recommencer…
  • A demain j’ai dit…

Ça fait longtemps que je n’ai pas écrit, j’ai relu ce matin les notes précédentes et les extraits de l’histoire que je racontais, j’avais oublié tout ça, j’ai aucune mémoire, le présent éternel c’est ça :

ne pas oublier de relire ses notes.

10/05/2016

... just before the night... (i am a soir d'été)..

.. il fait très doux ce soir, j'ai pris mon sécateur et j'ai été tailler un peu ma haie parce que ça s'est mis à pousser sévère avec la pluie et le soleil comme ça qui se bousculent l'un l'autre, j'ai été sur le continent aujourd'hui, pris le bateau à 9 h ce matin et rentré en début d'après midi, j'ai été accompagner la fille aux bougies à la gare, elle rentre chez elle après quinze jours passés ici, quand elle est là, ma vie est complètement différente, on marche beaucoup ensemble, pour aller prendre un café tous les matins au bourg, sur la terrasse de mon troquet, on y rencontre les habitués, on discute un peu comme ça de ce qui vient à l'esprit, un peu n'importe quoi, rien de suivi, des fois, on s’invite à l'apéro le soir mais c'est pas souvent, je préfère quand c'est pas souvent, j'aime bien être seul, j'en ai pas fini avec moi même, je ne sais pas trop clairement ce que j'ai à faire avec moi je veux dire je n'ai aucun objectif, aucune mission particulière aucun souhait spécial, je prends les jours comme ils viennent,  mais ça me va bien, de temps à autre je reçois un coup de fil comme ça d'une voix lointaine, une voix ou une autre, de gens qui m'aiment bien et c'est foutrement réciproque, et on discute comme ça vient, comme si on s'était pas quitté, jamais alors que des fois ça fait plusieurs mois voire plusieurs années que....

il a fait drôlement doux ce soir, j'ai été tailler un peu ma haie, ça sentait le soir d’été et d’un coup je me suis souvenu de cette chanson de Brel, je suis un soir d’été, que j’écoutais quand dans ma très vieille voiture je serpentais sur les corniches qui surplombent la méditerranée, je te parle d’un temps plein de tendresse, d’un temps d’avant il y a longtemps qui revient comme ça, quand il fait très doux le soir…

ma vieille voiture ne démarre plus vraiment, mais j’ai un sécateur maintenant, et une petite haie qui pousse à cause, tu le sais bien du soleil et de la pluie…

...et les soirs d'été, c'est comme si tout devenait absolument parfait...

14/01/2016

...mama... (hey)...

.. et puis va savoir pourquoi j’ai eu envie d’un coup de réécouter cette chanson dont je me souvenais vaguement du titre, quelque chose comme mama, un truc un peu envolée grandiose qui te donne envie de te branler dans le vent,
.......................................face à la falaise,
.............................................................ce genre de trucs… j’avais complètement oublié qui chantait ça, j’ai tapé sur spotify Peter Gabriel, un nom qui me disait vaguement quelque chose, et puis non, sa tête ne me disait rien, et y’a le nom d’un groupe que j’avais jamais vraiment écouté dans le temps d’avant, je ne sais pas si tu t’en souviens du temps d’avant,

- le temps où on te bassinait pas avec les religions, mon dieu a une plus grosse bite que la tienne et putain mais je vais t’égorger toi, qu’est ce t‘as sur la tête ? quoi ? une quoi ? kippa, je sais pas non, ça s’appelle comme ça ce truc ? et quoi dit l’autre ? respect, je veux juste que personne ne voit une virgule de ma peau, juste mes yeux dans un truc genre guichet de prison, c’est mon droit de mon dieu qui crache plus loin que le tien, c'est ma burqa à moi que j'aime, et que même RESPECT je te dis, c’est les racines chrétiennes de la france et puis plus chrétiennes que ces racines tu meurs, et hop, sans dec tu meurs pour de bon, kalach kalach kalach, et puis quoi, putain mais tu vis encore ? tu oses vivre alors que merde y’a le dieu d’amour et de paix qui dit dans le texte sacré : tout le monde doit mourir parce que c’est ça l’amour, tuer tout le monde et haïr le reste parce que c’est vachement sacré la religion, et que meurs meurs meurs, c’est au nom de la paix de dieu…
Putain, je rigolais quand j’étais gamin que j’avais lu la phrase de je sais plus qui : le 21ème siècle sera religieux et que je rigolais et rigolais encore et maintenant je le crois pas, j’arrive pas à le croire, la haine des pédés, les coupages de gorge en direct live, les bombes dans le bide avec le sourire du con qui a raison, on a glissé dans cette inquiétude permanente de la paix et de l’amour de dieu qui a une plus grosse bite que le tienne et tu vas voir ta gueule dans le sang….


podcast

……………………………et y’a le nom d’un groupe que j’avais jamais vraiment écouté dans le temps d’avant, ce temps où on n’avait presque que ça à faire d’écouter les chansons qu’on allait oublier plus tard, et de lire les livres qui allaient fini dans la benne de la déchetterie, non, non, rien n’est sacré, on n’en est plus là, le sacré me gonfle grave, juste te caresser le renflement de la culotte, sur le coton, et appuyer un peu, et donc le groupe m’est revenu, c’était genesis, et sans déconner, je n’écoutais pas ce genre de trucs qui m’ennuyaient beaucoup, comme la musique de celui qui est mort, le david bowie et je n’aimais de lui que la chanson que personne n’aime, let’s dance, le reste, je pensais à autre chose, mais bon, tant qu’y a que ça à discuter, ça va la vie….
J’ai retrouvé sur youtube le truc Mama de genesis, et ça tourne là, pendant que mes deux index mitraillettent le clavier, et putain ça fait un bail que j’ai pas écrit sauf mes carnets moleskine le matin en écoutant bach dans ma cuisine avec mon café dans la tasse, et ça fait deux ou trois fois que ça tourne là Mama de Genesis, et c’est exactement ça, viens avec moi devant la falaise, je vais me branler dans le vent et y’aura une goutte ou deux qui te tombera sur les seins et on rira et ça brillera,
..................................juste avant la nuit,
...........................................................les gouttes

.........................................................................et nos sourires…

(et après tu me suces la bite)

16/11/2015

... un jour...

… et puis à nouveau ce temps suspendu, je ne vais pas te refaire le film, c’est en boucle sur toutes les chaines, télés, radios, journaux, ce truc de sidération, rien à dire en fait, j’étais tout seul ici, quelques coups de fil à la fille aux bougies mais elle est occupée à plein d’autres choses, je ne suis pas très nécessaire en ce moment, j’ai remis ça sur la platine,


podcast

je n’ai pas retrouvé la version que j’aime, c’en est une autre mais bon, l’esprit y est, c’est que pas grand-chose n’est rangé encore ici, non pas grand-chose, depuis plus d’un an que je vis dans ma petite maison de pierre sur ma petite ile, les choses sont posées comme ça, comme c’est venu, en vrac, elles n’ont pas trouvé leur place, j’ai un rapport au temps particulier, par exemple je me dis que je vais peut être appeler quelqu’un et puis sept ans après c’est toujours en attente, je n’ai pas trouvé le bon moment, celui qui coïncide avec l’envie, la nécessité, le besoin et la réalité, j’ai tant de monde dans ma tête que je suis rarement présent, le temps est couvert, peut être une petite pluie, je ne suis pas encore sorti, j’irai surement boire un café sur la petite place, pas sur la terrasse, à l’intérieur, mais à l’intérieur ce n’est pas pareil, il n’y a pas cette lumière dont j’ai besoin, cet espace….. je ressens la solitude aujourd’hui, c’est une sensation extrêmement rare chez moi, je ressens quelque chose comme un vide, je ne sais pas pourquoi, j’ai mis la musique plus fort, pour qu’elle se glisse dans toutes les fissures, qu’elle ne me laisse pas refroidir, c’est étrange pour moi de me dire que je suis seul, je regarde l’eau qui coule de la gouttière de ma nouvelle cabane de bois que j’ai fait construire dans ma petite cour derrière , je pousse encore le son sur l’arrivée des chœurs, si tu me suis tu connais ce morceau, je te l’ai envoyé à toi et toi et toi aussi surement, je n’ai aucune mémoire en fait, des flashs par moment de ce qui a surement été mon passé, généralement je sors un fichier word et je l’écris sous forme de fiction, j’aime bien le caractère Verdana en taille 14, sinon par pur esprit de contradiction je mets tout ça en comic sans parc que j’ai vu que les gens n’aimaient pas en foule, je me méfie des mouvements de foule, sur twitter j’ai vu qu’une chanteuse était considérée comme une sous merde, une dénommée Zaz, en, foule encore, je connais pas ce qu’elle fait mais je ne supporte pas les morsures des chiens en meute, alors tu sais quoi, j’aime bien Zaz du coup, rien que pour ça, j’irai écouter une chanson un jour, je sais pas quand, j’ai un rapport au temps tellement particulier, j’ai éteint la radio, c’est en boucle et en boucle, j’ai envoyé un texto hier à quelqu’un qui a eu des victimes dans son entourage… on gère il a répondu, je sais j’ai dit, on gère toujours tout, des fois c’est juste moins simple, -c’est exactement ça il a répondu…
je ressens très fort cette solitude en ce moment, c’est nouveau, ce n’est pas très agréable, je suppose que c’est humain, j’écoute du bach parce que ça caresse de partout, je ne sais pas si je vais aller me raser, je ne suis pas sur de faire des courses ce matin, j’ai fait de la soupe pour deux jours, je dois avoir des œufs, peut être un peu de jambon, je sais plus trop, il pleuviote un peu, le genre de temps qui s’installe, qui ne fait pas que passer, j’ai commencer plein de livres mais je n’accroche pas, je regarde des séries, trois ou quatre en même temps, je ne sais plus trop quels épisodes j’ai vu, tout se passe aux usa, y’a des belles images, y’a un bon rythme, ça parle politique, ça parle avocats, ça parle complot, ça tient en tension, ça rassure, ça m’accompagne..
Je suis dans cette petite maison de pierre avec la petite terrasse devant et le portillon bleu…
Y’a mon scoot rouge dans la cour…
Il est mouillé..

cour.jpg

11/10/2015

.. mes deux pages d'aujourd'hui sur l'Arménien...

L’Arménien avait une grosse bite. On ne peut pas faire l’impasse sur sa grosse bite. Parler de l’Arménien sans évoquer l’anaconda de son slip relevait de la fiction pure et simple.

L’Arménien était un des personnages de mon époque peinture. Avec la fille au visage de Vermeer, l’Arménien, la rouquine débile qui lui servait de copine, son nom ne me revient plus et quelques autres personnages bien dessinés comme ça on formait une sorte de tribu aux contours flous et à l’organisation fluctuante.

On sortait de l’adolescence pour te dire qu’on ne faisait pas dans la nuance niveau look.

On était loin du gris subtil et de la nuance pastel, on passait plutôt notre énergie à balancer les éclats de nos personnalités naissantes comme des claques histoire d'être sûr d'exister.

Ce n’est pas simple de grandir dans n’importe quel monde. Cette époque n’était pas pire ni meilleure qu’une autre. Aucune époque ne se mesure à une autre il n’y a que des abrutis pour nous en chier des essais plombés de douze kilomètres d’ennui et de rance.

Non, elle était juste inconnue pour nous, on venait de naitre, à quinze ou vingt ans, tu n’as pas le mode d’emploi alors tu avances à coups de hache.

Moi je m’étais maquillé en Léonard Cohen avec une touche de Rahan pour le côté sauvage.

J’avais vite laissé tomber le côté Rahan, ce n’est pas simple d’avoir un corps de sauvage sculpté en ne fournissant aucun effort et en n’ayant aucun intérêt pour tout ce qui ressemblait à de l’exercice physique, à de la transpiration heureuse ou ce genre de choses.

Pour le côté Léonard Cohen, ce n’était pas pareil. J’avais deviné en passant une après midi avec une étudiante en pharmacie à la peau très blanche et aux lèvres troublantes que sa voix grave et ses mots incompréhensibles donnaient des moiteurs dans la culotte de la demoiselle et ça, je l’avais immédiatement  intégré.

-         Une fille jouit avec l’oreille

-         Oui mais tu peux sortir ta bite aussi.

Leonard Cohen n’était pas le dernier pour baiser.

 

L’Arménien ressemblait à un Arménien, c'est-à-dire des touffes de poils avec au milieu un regard très noir.

Il vivait avec une dizaine d’autres types un peu bizarres dans un pavillon communautaire à la lisère d’un minuscule bois, dans une des villes de la banlieue d’antan quand elle reniflait encore le prolétariat.

C’est quand la gauche a pris le pouvoir que ça s’est effrité, on sait tous gueuler qu’on n’est pas content et puis après on fait comme les autres et du coup tout le monde est paumé.

 J’avais débarqué dans cette communauté par le hasard d’une nuit d’automne, on zonait comme seuls les ados de banlieue savent le faire, sur des bécanes merdiques, avec des blousons merdiques, dans un ennui merdique.

Je ne savais pas combien ils étaient là dedans, le courant avait été coupé, tu m’étonnes, il n’y en avait pas un pour payer la facture, et dès que la nuit tombait, il fallait faire gaffe à ne pas foutre le feu avec les dizaines de bougies foireuses qui étaient posées n’importe où entre les boites de camembert et le pain au kilo.

Ca donnait une atmosphère qui ne ressemblait à rien de ce qu’on nous montrait sur les trois chaines de télé. On pouvait se croire à l’orée d’une nouvelle ère. Ou carrément à la fin de la civilisation.

 

Un type inidentifiable a essayé de me raconter l’histoire de la galaxie des escargots verts, mais je n’en avais strictement rien à foutre et je n’ai pas changé d’avis.

L’Arménien ne peignait pas encore, il écrivait une pièce de théâtre dont la première réplique était :

-         Madame je viens vous offrir un bouquet de pénis.

Il n’avait pas trouvé la suite mais c’est normal, il n’y avait pas suite possible. Ce truc était un tout en soi, une sorte de chef d’œuvre.

Court mais bien.

06/10/2015

... extrait of ce que j'écris ailleurs...

(…………….)…………………………..en rentrant, j’avais un peu tendance à me la jouer loup solitaire et vieil ermite et je rentrais facilement dans le rôle.

Au-delà de la dégaine de sagesse que j’affectionnais, j’aimais  bien l’oubli qui s’installait avec douceur et qui estompait un peu tous les soubresauts qui sont les signes extérieurs d’une vie palpitante.

(……………………..)

J’ai été chercher au frigo un machin zéro à boire, un faux coca fabriqué surement avec de la sueur de petit banghladeshien payés une cacahuète et demi et vendu dans ces trucs discount pour pauvres en forme d’entrepôts mal balayés.

Il faisait chaud, les experts se relayaient à la radio pour expliquer le changement climatique, un site d’information en continu avait pondu un article sur une étude britannique qui annonçait un effondrement de nos sociétés vers 2040, genre tu dors tu te réveilles et c’est la fin du monde. A la lecture de l’article, ça semblait même pire que la fin du monde, les africains allaient venir tous nous manger aidés par les latinos qui allaient monter les barbecues. En résumé, ceux qui avaient la peau très bronzée allaient se transformer en Tyrannosaure, Georges Lucas était déjà dépassé avec ses animaux préhistoriques en latex, la réalité n’avaient pas besoin de lunettes 3D, on  fonçait dedans parce qu’on ne savait pas s’arrêter, on n’en avait pas trop envie non plus même si certains pédalaient sur leur velib avec l’ardeur  des premiers chrétiens, le regard illuminé par les marques de farine bio.

 

Si on croisait ça avec les fous furieux de la décapitation, on était plutôt rassuré par nos rides qui se pointaient et notre peau qui s’affaissait un peu.

On vieillissait mais on en avait un peu profité.

J’ai fini par ouvrir mon ordi Packard Bell que j’ai depuis pas mal de temps maintenant, on dirait que la course à l’obsolescence s’est calmée du côté des ordinateurs classiques, ils ont déplacé le truc sur les téléphones et les tablettes et ce genre de choses. Les montres qui mesuraient les hormones de tes couilles  commençaient à fleurir avec les lunettes qui te donnaient le nom exact du cancer du poumon qui tu allais choper en allant respirer d’un peu trop près la vitesse de la civilisation. Mais tout cela était bien plus malin bien sûr, l’objectif final étant que le circuit des informations qu’on t’injectait en continu aboutisse à créer l’algorithme nécessaire et suffisant pour déclencher en toi l’envie irrésistible d’acheter.

Il n’est pas nécessaire de rajouter un complément d’objet direct. Ce que tu achètes on s’en fout.

C’était  acheter le truc.

Ca avait toujours existé mais ça semblait suivre une courbe exponentielle depuis quelque temps.

Peut être bien depuis que les ordinateurs s’occupaient de tout cela, les petites mains utilisées auparavant à cet effet n’avaient surement pas la puissance de calcul nécessaire.

On pouvait se demander ce que pouvaient bien faire de tout cet argent ceux qui ramassaient le jackpot au bout de la chaine.

La question n’est pas naïve.

Il ne semblait jamais y avoir de maximum, s’empiffrer était l’ultime jamais rassasié.

Les Grecs ne s’étaient pas trompés dans leur mythologie, les cinquante filles Danaïdes étaient punies aux Enfers de tenter de remplir un tonneau sans fond.

Les actionnaires n’en avaient rien à branler des Enfers. Ils étaient propriétaires du tonneau. Ils attendaient la récolte.

Ils vivaient riches et heureux.

La morale est une connerie.

Mais peut être tentait-elle de prendre sa revanche quand même.

Et ce, de la façon la plus perverse possible.

Il semblait y avoir un petit bug dans cette architecture destinée à siphonner l’ensemble des avoirs de la planète vers des mystérieux comptes en banque exilés dans des îles exotiques.

A titiller les pulsions barbares de l’envie, de la possession, à susciter sans fin des nouveaux besoins aux allures vitales, on finissait par se trouver face à une foule informe qui voulait tout acheter mais qui n’en avait plus les moyens.

On créait artificiellement le besoin de plus pour ceux qui en avaient le moins.

A un moment ça se cognait la tête dans le plafond.

La pression commençait à grimper.

Ca geignait, puis ça grognait.

Ca fumait par les interstices.

Se mettaient à apparaitre des barbares qui se qualifiaient eux-mêmes comme tels.

La violence ultime commençait à griffer le vernis de siècles de civilisation et d’invention de l’imprimerie.

Tant que c’était des faits divers plus ou moins isolés, tant que ça se limitait à des lieux géographiques précis et repérables, ça allait, ça alimentait juste le débat de l’indignation qui était devenu un vrai commerce.

Le jackpot continuait ses multiplications en dollars teintés d’euros.

Mais ça a commencé à se structurer en ressortant des fictions absurdes qualifiées de textes sacrés.

Il y a vingt ans on n’aurait pas parié un carambar sur ces conneries dépassées et limitées aux vieilles aux cheveux violets qui n’avaient jamais mis un doigt dans leur chatte.

La religion a pris le pas.

Là ça rigolait moins.

Les hordes s’habillaient de noir et étaient les rois de la mise en scène. Les exécutions les plus sanglantes étaient filmées en lumière tamisée et en multidiffusion sur le web.

De l’autre côté on hurlait à l’identité en défilant crane rasé et en crachant au passage sur les homosexuels sans être trop sûr du rapport, juste parce qu’il fallait cracher sur quelqu’un.

Ca hésitait beaucoup dans les discours sur les chaines d’infos niveau sémantique. On ne savait plus trop trouver les bons mots, la bonne articulation des arguments, les mecs semblaient sortir du cadre.

Les gamins de plus en plus se barraient rejoindre leurs héros imaginaires sans se douter qu’ils allaient se bruler les entrailles à l’acide. Ils cherchaient une cause, un horizon, une pancarte. C’était ça ou devenir star du foot. Le rap ne payait plus, le moindre morceau était piraté et circulait gratuitement par tous les réseaux, ça ne rapportait plus rien d’aligner le dictionnaire avec une diction survitaminée.

Alors ça basculait de plus en plus vers l’affrontement MAd MAxien. On en était juste après le générique, on rentrait dans le dur.

 

 

J’étais chez moi, dans ma minuscule maison, dans mon minuscule village, perdu dans le n’importe où.

J’y étais bien.

J’avais trouvé le rythme convenable, je regardais tout cela d’un peu loin, j’avais lâché la route il y a quelques années, je m’étonnais moi même de n’avoir besoin de rien d’autre que de ce que j’avais. Je n’avais aucun désir d’inaccessible. Je me contentais de moi-même, j’ai cherché un moment où était le piège, j’ai fini par me rendre à l’évidence : il n’y en avait pas, j’étais heureux.

Au sens serein du terme.

 

 

On comprend pourquoi la moindre tentative d’incursion dans cette ouate là éveillait en moi une méfiance dubitative.

 

(………….)

 

L’ordinateur était ouvert sur la petite table basse que j’avais faite moi-même avec des planches de palettes récupérées. Je les avais déclouées, puis assemblées côte à côte et reclouées sans vergogne sur des morceaux de poutre de récupération. J’avais cogné avec mon marteau de tout l’élan de mon corps, je ressentais les vibrations dans le ventre, ça me rappelait les lignes de basse d’une de mes anciennes vies, juste avant ou juste après l’épisode peinture, je ne m’en souviens plus bien.

Mon truc en bois de palettes pourries en jetait vraiment.

Le prix en aurait été explosif dans une boutique du Marais.

 

L’ordinateur était ouvert sur ma table basse, devant le canapé un peu naze.

La page Google en luminescence franche.

Le tao disait que la plus grande sagesse devant un carrefour était de ne prendre aucun des chemins proposés. Chaque choix anéantissait les autres possibilités, tuaient tous les autres avenirs possible.

Ne bouge pas, tu gardes le pouvoir de tout.

Reporté à la vie réelle, on pouvait en déduire facilement que c’était assez con le Tao, quand même.

 

04/10/2015

.. X ambassadors....

… et puis il pleut, ça fait si longtemps qu’il n’a pas plu, avec un ciel plombé et puis ce vent que ça me fait tout drôle comme enveloppé par surprise dans cet automne qui je croyais avait été décimé par cette armée de sensations douces qui sont arrivées, jour après jour, mois après mois, depuis plus d’un an que j’habite là, dans cette petite île, dans ma petite maison, dans mon univers….

Et ça fait si longtemps que je sais pas trop quoi faire, je veux dire, ce matin ça allait encore, j’ai pris mon scooter mais tu vois j’ai ressorti le blouson de cuir, ça se sentait qu’il devait se faire enfiler, j’ai été au bourg tout près, je suis passé par le carrefour contact qui est si cher mais bon j’avais juste cent gramme de râpé à acheter et une autre connerie dans ce genre….

La fille aux bougies est de l’autre côté du monde entre Nouméa et l’Australie, elle reviendra dans quelques semaines, elle m’a demandé si je voulais venir, j’ai dit non, je l’ai accompagnée à orly, on a attendu des heures dans le hall 3, on parlait comme dab, de tout et de rien, surtout elle, elle parle beaucoup, je l’écoute pas toujours, mais je suis là, elle le sait, j’avais hâte de rentrer chez moi, j’vais passé quinze jours chez elle, ma maison me manquait, l’avion est parti en retard, y’a eu je ne sais quel binz, le voyage a duré trente huit heures, putain trente huit heures, y’a un putain de décalage horaire, quand c’est le jour ici, c’est la nuit là bas, des fois on s’appelle sur Viber, elle me dit bonjour, je lui dis bonne nuit, elle m’envoie plein de photos d’elle un peu partout, elle aime bien parcourir le monde, moi j’aime pas, moi j’aime bien tracer un cercle sur le sol et ça devient mon lieu à moi et je n’en fais jamais le tour, ça prend un temps fou, ça me suffit, je veux dire j’ai pas besoin de connaitre autre chose,

J’ai des doutes sérieux

la necessité

de connaitre encore et encore,

…..je suis mes divagations intérieures, je me perds souvent en moi, j’ai racheté un GPS TOM TOM start, ; sans dec, j’ai écrit moi comme destination, il m’a dit : - bouge pas tu y es,

-   super j’ai répondu, tu veux pas changer de voix?

et j’ai reprogrammé une voix de salope parce que je suis branché cul comme pas possible encore et toujours…

…………j’en bande encore.

C’est cet après midi qu’il a commencé à pleuvoir, un type ce matin m’a parlé pendant un quart d’heure avec un accent pas possible ,

ici les gens ont un accent qui vient du fin fond de la terre,

je l’ai joué fine parce que je n’ai pas compris un mot de ce qu’il racontait, mais rien du tout, c’est dans son regard que je tentais de trouver la fissure pour hocher la tête, pour dire ben dis donc, pour dire ça m’étonne pas..

On s’en sort assez bien dans la communication avec trois ou quatre phrases..

Ça fait longtemps que j’ai pas écrit, ni pour moi,  ni pour toi, j’ai vu du monde et du monde et là il pleut et il fait sombre, j’ai ressorti mon poêle à pétrole, je l’ai pas allumé, j’écoute sur spotify un truc cliqué au hasard X Ambassadors, ça s’appelle je crois mais je suis pas sur, le morceau c’est Jungle ou Renegades ou je sais pas je comprends pas comment c’est marqué, je déteste pas, ça fait plein de bruit avec des boum boum à la basses et à un truc electronique, ….

Je commence à avoir mal à la tête un peu..

Je vais prendre un fervex parce que ça sent le début de rhume avec des atchoum et tout ça..

Je voulais écrire plein mais tu vois y’a cette sorte de fatigue..

Juste je glisse un doigt dans ta culotte pour frôler ta chatte, et je dors ..

 

06/09/2015

... salander outside..


podcast

… et puis je ne sais pas qui est yolande mais c’est vrai aussi que je ne sais trop grand-chose sur les gens, j’aime bien les regarder, j’aime bien observer les gestes, les expressions, les regards quand ils sont en couple, en groupe, j’aime bien capter les mots échangés, j’aime bien imaginer leur vie même si cela ne prend jamais réellement forme dans ma tête, je veux dire, juste ressentir l’atmosphère de chez eux, les couleurs, les odeurs, mais je te le dis, rien de concret, une sorte d’immersion dans une sensation… je n’ai strictement aucune ambition, c’est étrange ce manque en moi, j’ai envie d’aller nulle part mais juste de profiter de là où je suis, j’aime  pas bouger, je vois pas pourquoi j’irai ailleurs si ici je suis bien, j’ai jamais cru qu’ailleurs c’était mieux, on s’amène partout où l’on va, on ne se débarrasse jamais de soi……

 

.. et puis j’ai mis ruquier là sur ma tablette, j’ai pas trop envie de me coucher même si j’ai quasiment pas dormi la nuit précédente, mais bon, j’ai pas fait grand-chose aujourd’hui non plus , j’ai eu cette sorte de vertige qui est revenu, la dernière fois c’était il y a un an, ce matin j’étais sur mon vieux scooter (je n’ai strictement aucune nouvelle du rouge chez le garagiste), ce matin  j’étais sur la petite route là qui part de chez moi pour aller à l’autre village, à six cent mètres, j’étais sur le vieux yamaha noir et d’un coup j’ai vu la chaussée tanguer, oh putain, j’ai pensé, j’ai cru que j’allais valser, l’an dernier c’était pareil, un peu comme quand tu te rends compte que tu as trop bu quand tu te lèves du canapé et que ça tangue sévère, ça fait le même effet, je suis rentré prendre un comprimé d’un truc que m’a donné la jolie toubib l’an dernier, et puis c’est passé un peu, alors j’ai été boire mon café au troquet de la petite place, j’avais ma liseuse, j’ai commencé La Septième Fonction du Langage de Binet, ca roule tout seul les trente premières pages, c’est un peu jouissif même ce truc sur Roland Barthes qui se fait assassiner, ce truc avec ce commissaire Bayard qui enquête dans les années 80, j’attends l’arrivée de Sollers et de Lacan, je suis sûr que ça va finir en grand guignol parce que ce genre d’intrigues on s’en sort pas vraiment, mais bon, ça donne envie de continuer, je viens de finir Millenium 4, c’est écrit à la truelle et je suis bon  public, j’ai lu avec plaisir cet été un marc Levy mais là, le Millenium 4 c’est vraiment pas terrible, peut être parce qu’on l’aime un peu la Lisbeth Salander et que c’est décevant qu’elle ne doit pas à la  hauteur du frétillement de ma bite qui l’attendait, c’est rédigé lourdement, on n’échappe à pas trop de clichés, ça guimauve, ça gros sabots, ça ennuie….

.. j’avais ma liseuse et je me régalais avec le bouquin de Binet sur ma Kobo et voilà qu’un type vient me saluer, ça se passe comme ça ici et surement ailleurs d’ailleurs mais je connais pas ailleurs, le type vient me saluer et puis d’un coup se met à me parler de la sociologie de Paris, de la population de chaque arrondissement, de la mixité sociale, il enchaine sur le bénéfice des industries du médicaments, me fait un topo complet sur le complot des médecins, me détaille les milliards d’argent au black qui nous entourent, me trace la courbe de la population des poissons dans l’océan atlantique, me confie à voix basse les contrats secrets entre les Autres et les Autres, me certifie que je suis pas moi mais que je ne le sais pas, bien sûr il invente tous ses chiffres, il imagine des théories en carton, on sent bien que sans ça il se réduit en poussière, je ne le contredis pas, je hoche la tête, je me dis ça va jamais s’arrêter

et ça s’arrête pas

…..Il ne se tait jamais, ce type avec son mouvement perpétuel peut sauver l’humanité si on arrive à l’extraire de ses discours fumeux pour le reporter sur les ressources d’énergie, je pense aux gros seins de la fille qui est sur la table à gauche avec soin mec qui est tout maigre, ça fait mille ans que j’ai pas tripoté des gros seins, je regarde l’heure sur mon portable samsung S4, ça fait une heure que ça dure, j’ai froid, puis j’ai chaud, à un moment j’en peux plus, je prends le poignard que j’ai toujours scotché à mon mollet gauche et je le daesh net….

……

… j’ai emjambé le sang sur la terrasse et laissé un bon pourboire pour les gens qui vont nettoyer ça…

L’après midi, j’ai continué à bouquiner et puis…