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18/02/2011

... Junge Männer (volt ihr ewig leben No )....

.. et puis d’un coup j’ai lâché la quatre voies, y’avait un putain de brouillard pas possible, y’avait aussi ce froid net, sans bavure

je te parle de ce matin,

je te parle du présent absolu

et puis donc, je sais pas trop pourquoi, j’ai bifurqué sur la droite, la route était simple pourtant, je la connaissais, l’autoroute, la quatre voies et puis une quinzaine de kilomètres avant d’arriver, en tout, une heure, une heure et quart de route, mais bon, il était quoi, neuf heures ce matin

je te parle d’aujourd’hui

je te parle de la vie là

je suis sorti de la quatre voies, je me suis enfoncé dans le brouillard, une seconde avant j’y pensais pas, mais quand j’ai vu la bretelle de sortie, j’ai pris, je me suis dit, je sais pas ce qu’il y a là

décor : le gris total

volutes diverses : le brouillard métallique

musique de fond : métallique acier tendu

j’avais rendez vous, oh coïncidence, dans ce boulot que je veux, dans ce truc où je demande à être grand chef, ça m’a fait sourire quand le fax est tombé me demandant de  venir là,

juste une réunion de travail, une parmi mille autres, rien de plus, rien de moins

la vie c’est quand y’a rien de plus ou rien de moins

c’est quand t’es juste en fait

quand y’a rien après la virgule

je me suis enfoncé dans le brouillard flou, j’y voyais pas à vingt mètres, je m’en foutais un peu le GPS allait tout recalculer, j’allais pas me perdre, c’est pas dans des trucs comme ça qu’on se perd,

on se perd la nuit, seul dans son lit des fois,

on se perd pas en voiture avec un GPS, c’est pas l’Automne à Pékin, ici, c’est un temps suspendu à la seconde exacte, c’était ce matin

je te raconte ce matin par hasard, chaque jour est une totalité complète, je te raconte ce matin juste parce ma mémoire a glissé dessus parce que c’était mal rangé encore, pas encore lissé,

généralement, j’attends que tout ça soit une peu patiné, généralement, j’attends d’oublier, c’était ce matin, je sens encore le froid claquer sur la tôle de ma voiture, une xsara, je sais pas comment ça s’écrit exactement, un truc comme ça,

j’ai traversé des dizaines de villages tout vides qui s’esquissaient dans le brouillard, y’avait rien pendant des kilomètres, je roulais pas vite, j’ai mis n’importe quoi à la radio, j’écoutais pas, je voulais pas de musique, je vis seul, tu sais, j’avais envie qu’on me parle un peu, j’aime bien écouter,

ce qui manque aussi très fort c’est quand tu me racontes

mais bon, c’est le présent absolu là, c’est la voiture qui parle dans le brouillard gris métal, c’est cette route que j’ai prise ce matin

je cherchais je crois le chemin d’un autre univers parallèle, je cherchais la stargate, mais j’ai rien trouvé que ce temps figé, et cette très très curieuse sensation de suspension..

la réunion avait lieu dans le bureau de la direction, le bureau qui sera peut être le mien da,s trois ou quatre mois, même si mes chances sont infimes, minimes, ridicules, mais tu sais

tant qu’on n’a pas perdu, on a gagné,

tant que t’es pas mort t’es vivant,

être toujours juste
sur la ligne blanche
junge manner
Junge Männer volt ihr ewig leben No

N’est-ce pas chérie ?

…j’ai essayé de pas me projeter dans ce bureau qui pourrait être le mien, j’ai regardé par la fenêtre ce brouillard qui avait posé ses tentes, ce brouillard allemand conquérant,

Je n'ai pensé strictement à rien

je suis sorti vers treize heures de la réunion, j’avais pas faim mais besoin d’une tendresse infinie,

un vrai besoin de ça, cette tendresse inouïe, ce truc qui existe surement en ce moment précis,

mais ailleurs

mais loin

mais j’y peux rien

je me suis arrêté à un carrefour market, j’ai marché dans les rayons comme si j’étais inspecteur de la royal navy, j’ai pris au hasard un paquet de gaufrettes sèches

j’avais besoin d’une tendresse infinie

ou à la limite d’une piqure de bropazepam

j’ai acheté des gaufrettes sèches à un euro soixante dix neuf

J’AI PAYE CASH

Parce que surement je suis un vrai mercenaire

Y’avait toujours du brouillard au retour,

J’ai quitté le boulot assez tôt, avant 18 h

Je suis rentré

J’ai regardé l’émission sur sollers

Y’avait des scènes à Venise

Oui  voilà, Venise

Exactement

baiser avec toi là bas ?

………… virgule

(et rien derrière)

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22:24 | Lien permanent | Tags : zob | Commentaires (0)

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