Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

10/04/2011

... give me absolute control (over every living soul)........

 

… et puis, j’ai ouvert l’immense parasol jaune et je l’ai planté sur la terrasse, il fait hyper beau, putain, j’ai sorti la chaise longue, j’ai tenté l’ordi portable mais y’avait trop de reflet sur l’écran, c’était impossible, alors je suis monté chercher le carnet à moleskine noir, celui à couverture rigide, celui où j’écris les éclaboussures des mémoires que j’invente, celui sur lequel j’ai aussi écrit devant toi avec une stylo violet je crois, quand tu étais chez moi ces deux fois quelques jours, dans cet autre univers, il y a je ne sais plus, j’ai oublié que je t’ai oubliée et du coup je me souviens,

enfin je crois,

j’ai pris un roller bleu, mes lunettes de soleil, je me suis installé confortable sévère, j’aime l’éternité des dimanche, j’ai tourné les pages de mon écriture illisible, j’ai parcouru les phrases qui s’enfilent sans les lire vraiment, gribouillées à la va vite, ça m’a fait sourire,

au hasard :

« tu ne vois rien d’autre que des lettres les unes derrières les autres ? sans dec,  rien d’autre ?

suicide toi alors »

et puis aussi celle là :

« mon père : il est mort il y a tellement longtemps qu’il ne souvient pas d’avoir été vivant »

et encore :

« il est hors de question que je souffre, y’a jesus pour ça »

j’ai été chercher un grand verre de coca glacé, mon iphone a bipé, deux mails professionnels, j’ai failli répondre, putain un dimanche après midi, sous la chaleur du printemps en petite robe blanche près de l’échelle légère :

- va te faire sauter, j’ai dit à l’iphone,

j’ai repris le carnet de moleskine noir, celui à couverture rigide, ceux à couverture souple c’est là où j’écris mon journal,

pourquoi je fais ça moi ?

ça s’appelle lifeper, (vie perso), j’écris la dessus le matin très tôt, je relis jamais, c’est de toute façon graphiquement incompréhensible, j’écris mon journal parce que ça balaye le jour vient, ça le rend limpide, je jette les moisissures du passé, j’aime pas la mémoire, j’aime que  celles que j’invente,

allez j’y retourne, j’ai ouvert donc le carnet de moleskine noir à couverture rigide, les mémoires que j’invente, suite :

j’ai noté en haut à droite : la fille au visage de weermer

et j’ai écrit :

la fille au visage de veermer

temps : présent 

je suis à un âge qui ne veut rien dire, je baisse les yeux, mon zob est à moitié tendu, c’est que le présent offre encore des bouches tièdes, prêtes à l’envelopper dans cette douceur de salive, légers allers retours fluides. Mon zob est presque bandé, là, avec ce petit tressautement acidulé du bas ventre.

Bien.

Je me suis installé sur la terrasse, on arrive en fin d’après midi, il fait beau aujourd’hui, un premier soleil de printemps un peu chaotique, version magma  peut être un rien de vent, mais à peine, juste pour en frôler l’impression.

Il ya une fille allongée sur le lit de la chambre là haut, les volets sont presque entièrement baissés,

-         j’aime la pénombre, elle a dit,

elle est nue ou presque.

J’irai la baiser tout à l’heure sans un mot, c’est le deal,

-  je monte, tu écartes les jambes, je crache sur ta chatte, je t’enfile, je jouis, tu te démerdes.

C’est le deal.

C’est le jeu.

Tu entres ou pas.

Si tu joues, c’est la règle.

Je me suis installé sur la terrasse en bas, à l’ombre, je n’aime pas le soleil, je ne suis pas en paix au soleil, j’ai écrit le titre :

La fille au visage de vermeer

J’ai une photo d’elle dans le petit cagibi, là où je suspends mes chemises, mes vestes, là où je stocke je ne sais quoi, un vieux disque dur, deux sacs darty, un mode d’emploi de la vie, une garantie sans grumeaux, une ceinture de cuir noir, des enveloppes à bulles, un tee shirt gris sale.

Photo de la fille au visage de weermer : elle est de trois quart, elle a la tête baissée, elle regarde son pendentif qu’elle tient à la main, elle n’a pas vingt ans.

fenetre.jpgElle a le visage d’une tableau de vermeer mais dali aurait pu la peindre, tu sais, ce tableau de dali où cette fille de dos regarde je sais pas quoi par la fenêtre.

Mais avec un moins gros cul

Allez, il fait toujours beau, chaud même.

Un printemps au présent de la fille au visage de vermeer peint par dali

 

PUTAIN L’IPHONE VIENT DE TOMBER

Je le ramasse, la vitre est fendillée.

Et merde

Les commentaires sont fermés.