Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

29/04/2011

...well you know that I love to live with you, ....(but you make me forget so very much)...........

.. et puis hier je suis rentré tôt, j’avais pas mal roulé dans la journée, j’avais des rendez vous dans des immeubles soviétiques, j’avais des dossiers bleus sous le bras, j’avais mon roller bleu dans la poche de ma veste, y’avait cette grisaille brouillardeuse, teintée de bruine, une pluie pas franche, un temps limite marketing prozac, j’ai trouvé rapidement une place juste devant, le gps me disait que j’étais arrivé, oui, chérie, j’ai répondu, ma peau mate et très patinée par le soleil de la semaine dernière frisait l’arrogance, je sentais encore l’iode alors qu’ici, rien ne sentait rien, l’idée même de parfum était incongru, je suis rentré tôt, je suis pas repassé par mon bureau, j’avais pas envie, j’ai fait couler un bain plein de mousse Sanex, j’ai les cheveux très longs là, je les rabats en arrière, le bain était trop chaud, j’ai mis sur ma tablette archos un épisode de caprica, monde virtuel monde réel, c’est quoi la vie, c’est quoi la mort, c’est quoi l’amour, l’homme est un barbare, ce genre de truc en dix huit épisodes avec un esthétisme soigné, une harmonie frisant l’équilibre, j’ai regardé ça en faisant couler de l’eau froide, j’avais noté sur un autre feuille punaisée au mur :

-taverne,

-basculement,

-herman hesse,

-vieille table,

-fumée,

-dictature de la quéquette,

une série de mots clés pour mes mémoires que j’invente, j’ai une barbe d’une semaine, je me raserai pas j’ai pensé, j’avais un peu envie de me branler mais je passais pas la nuit chez moi, laissons une chance au futur, j’ai eu envie d’écouter bashung, je sais pas pourquoi, j’ai téléchargé l’album osez bashung, le second cd est composé de reprises, j’ai mis ça sur mes enceintes classieuses, je me suis allongé sur le canapé, j’ai posé la couette qui traînait dans l’armoire sur moi, putain tu vas pas dormir ? je me suis dit, et pourquoi pas ? je me suis répondu,

je me suis réveillé une heure après

à peu près,

je me sentais très triste, je savais pourquoi,  j’avais l’énergie de repousser ça, j’ai la faculté d’effacer plus ou moins temporairement, plus ou moins complètement les shémas qui m’emmerdent,

quand j’ai lu dans la bible :

 toute ta vie tu seras emmerdé par des tas de trucs

dont suit une liste non exhaustive en huit mille pages,

je l’ai déchirée,

j’en ai écrit une autre 

tu dois rien,

on te doit rien

fais avec

je te la vends pour le prix exact de ton angoisse

j’ai mis dans mon sac mon ordi, mon carnet noir des mémoires que j’invente, un tee shirt, un slip, une brosse à dents, j’ai pris la route du plateau, j’ai mis night in white satin, version bashung à fond

y’avait ce putain de ciel au dessus de la vallée

27/04/2011

........you just turned your back on the crowd.....

…..et puis, j’ai ouvert les yeux à 7 heures, j’avais avalé une tonne et demie de cachets hier soir pour dormir, je voulais pas encore passer une nuit sur cette autoroute un peu blême du temps qui attend le petit matin,  j’ai ouvert les yeux à sept heures,

entre ces deux mondes

y’ avait ce rêve là,

je t’ai dit mille fois, on raconte pas ses rêves, c’est casse burnes comme pas permis, et y’a pas de secrets à déchiffrer dans les rêves, y’a que :

du hasard aléatoire à base de molécules quelconques sous ecstasy qui jouent au flipper fou dans la mollasserie du cortex, les synapses font ce qu’elles savent faire, tout cela crée des images, ça s’articule comme ça peut dans un scénario avec des bouts de souvenirs stockés chimiquement et plutôt dans un foutu bordel, les hormones se joignent à la danse, créant des émotions

un peu in

un peu out

ça fait un rêve

et comme devant les taches de rorschach, tu te demandes ce que cela veut dire comme s’il s’agissait du secret absolu, du mot magique de l’interprétation  ultime qui te transformera en toi même,

genre après la vie est enfin facile

alors que bien sûr,

et c’est le fonctionnement même de l’existence consciente

tu ne fais qu’identifier les schémas à posteriori, créer du sens à partir du chaos fondamental.

je viens de te le dire, comme dans les taches de  rorschach,

parce qu’on sait pas faire ça : vivre dans l’absurde

on sait pas faire du tout,

ni toi,

ni moi

il nous faut entrer dans la fiction,

un début, un milieu, une fin

une résolution

un ordre quelconque,

il faut bien qu’on soit les héros de quelque chose,

we need un destin

fondamentalement

essentiellement

on ne sait pas se contenter du présent éternel

alors qu’on doit en profiter un maximum, on n’a que ça..

il nous faut un avant et un après,

sinon, on sait trop quoi faire de nous même

c’est pourquoi on se met à hurler dans les déserts de lune des mots tortillés du genre :

aime moi,
tu m’ aimes?
dis moi que tu m‘aimes,
répète le,

maman, papa, la bonne, le chat ?

am i alone here ?

ce genre de chose qu’on qualifie de

-         poésie si on a réussi au bac litteraire

-         de dépression si on a une bonne mutuelle

-  de signifiants acérés si on est en CSP+

-  de littérature si tu te la joues artiste tragique, cynique et désabusé

………..et puis donc, j’ai ouvert les yeux à sept heures j’étais encore dans cet autre monde, dans ce rêve donc qui veut rien dire de particulier, si ce n’est que

-         j’ai bien failli déshabiller cette fille moitié l‘étudiante à nattes du mois dernier, moitié la fille de londres, moitié cette fille de l’été dernier,

-         j’avais une nostalgie particulière pour les studios bordéliques à base de fin d’adolescence et sans eau chaude dans la salle de bains,

-         que lorsque je marche sur les avenues des grandes villes, je me dis que j’aurai aimé avoir plein de temps sous forme de compte en banque mahousse pour pouvoir enfin coller avec cette silhouette élégante, genre bâtard sensible à cheveux longs

-         que j’ai posé ma tête sur le ventre de cette fille recouvert d’un  tee shirt, et ma main sur l’entrejambe du jean

-         et que j’adore ça les jeans qui se baissent

juste il faut pas se réveiller..

 

putain, je suis en retard, là…..

25/04/2011

.... caracteres (espaces non compris) 1586...

.. et puis j’ai roulé presque toute la nuit, j’ai pas dormi,  j’écoute porgy and bess version miles davis, ça sonne un peu vieillot, je trouve, ça sonne, siècle dernier, mais antiquaire de valeur, tu vois, qui colle bien dans une posture élégante,

je suis sur mon matelas avec des draps qui vont finir à nouveau dans la machine, ça sent la sueur, je sais pas pourquoi, j’ai passé qu’ une nuit là dedans, j’ai pas transpiré, j’ai pas dormi non plus, j’ai regardé deux épisodes de caprica, une série moitié SF moitié replâtrage des nuits blanches, je sais pas trop trop encore de quoi ça parle, y’a un monde virtuel et un monde réel, y’a des filles nues qui dansent dans le monde virtuel et des problèmes en acier bleuté dans le monde réel, je crois, j’en sais rien, peut être bien que je m’en fous aussi,

c’est l’été en mode majeur, tout est ouvert chez moi, j’ai déjà fait deux machines et avalé deux aspégic because le mal de tête, je sais pas si c’est la fatigue, la tumeur ou juste normal, je m’en fous également, la fille aux bougies a téléphoné, je vais passer chez elle cet après midi, ça fait des mois que je n’ai pas mis les pieds dans son jardin, elle a dit tu passes quand tu veux, elle a dit, j’ai acheté un nouveau parasol jaune, immense, elle a dit, j’ai coupé les branches de l’arbre à perruques,

petit à petit

petit à petit, ;

j’ai le temps de tout pour vivre, j’ai que ça du temps

et toi aussi

te raconte pas d’histoires

t’es pas missionné par une entité

t’as pas de contrat à respecter

juste tu t’es découvert vivant par hasard

(un zizi qui est entré dans une foufoune)

et puis ………....

hum, j’ai ce mal de tête qui va me pourrir ma journée, je vais aller m’overdoser de paracétamol et autre replax,

j’ai frôlé sur la route cette nuit quelque chose de l’ordre d’un désir d’un corps très précis,

miles davis à gauche sur l’ipod

donna leon à droite sur le lit

au centre un carnet, un stylo

la fenêtre est ouverte,


et souviens toi: sodomie du matin, fraicheur du vagin

23/04/2011

... who ??? me ???? ME ???..

 … et puis c’est le matin là, y’a la revue de presse à la radio, je n’écoute pas vraiment, je suis revenu sur mon matelas dans la cabane du grenier, je bois mon deuxième café,  j’ai lavé les draps hier, ils ont séché presque immédiatement,  il fait chaud, c’est l’été je crois mais y’a pas de calendrier, donc peut être c’est autre chose, je rentre demain, j’ai pas réservé mon bateau, j’y vais tout à l’heure,

j’ai au fond de moi cette inquiétude sourde

j’ai enfin eu mon scooter hier, j’ai passé l’après midi à faire le tour de l’île, la sensation était enfantine, j’ai fait tellement vroum vroum que

· j’ai mal au poignet droit,

il faut que je mette en place des exercices progressifs du poignet

personne ne m’a rien dit

cette douleur au poignet vroum vroum est un accident d’un possible été mal préparé,

puis je me retourner contre quelqu’un pour des indemnités ?

puis je designer un responsable ?

ne suis je pas une victime avec cette douleur du poignet due à une utilisation vroumvroumpesque dont personne ne m’avait signalé le danger ?

le risque zéro n’existe pas ?

c’est ça votre défense ?

ne suis je  pas devenu  un handicapé du samedi ensoleillé ?

monsieur le juge je peux à peine soulever ma tasse de café avec ma main droite sans faire une grimace ?

oui, monsieur le juge, une grimace qui n’est autre chose que la face visible du préjudice subi…

le responsable c’est l’Autre

je le sais,

que l’on désigne l’Autre,

n’importe qui,

que l’on punisse l’Autre

l’Autre est coupable

je pourrai enfin faire mon deuil

le deuil de ma non douleur vroum vroumesque de mon poignet droit aujourd’hui,

une sensation que l’on m’a volée

………..

il y a encore du soleil,

je vais prendre une douche

je vais ranger un peu la maison,

je vais réserver mon bateau,

je vais croiser plein d‘Autres

je vais photographier ma douleur au poignet droit

c’est une vraie preuve

je sais donner du sens à la vie 

donner du sens,  c’est trouver des coupables

et hop, demande moi quand tu sais pas

mais tu sais, n’est ce pas ?

 

 

21/04/2011

... don't cry, little baby...

… et puis, pas dormi du tout, putain même deux noctran ne m’n,t rien fait que ce brouillard dans la tête, j’ai regardé plus belle la vie sur l’iphone tout en l’heure en replay, j’ai cassé ma tablet archos en posant mon, coude dessus, j’en ai commandé une autre, je casse tout en ce moment, j’ai appelé celle que j’aime tant au tel, elle allait pas bien, c’est la première fois que je l’entends pleurer au téléphone, ça a fissuré ma vie, ça,,

d’un coup je me suis senti très fragile

mais il me fallait être plus que fort, bien plus que très fort, il me fallait absorber ces pleurs, il me fallait trouver les mots justes, j’ai essayé, j’ai tenté, je suis pas sûr d’y être arrivé, y’a pas de mots magiques, y’a pas de secret, aucun, juste des sacs de sable qu’on pose pour endiguer un peu, j’ai dit l’exacte vérité :

-         la vie n’est qu’un point de vue, tu sais, tu as à bouffer, tu n’es pas malade, le reste c’est un  jeu savant d’éclairage qui atmosphère la scène, qui la tragédise ou qui la comédise,

 le réel c’est pas grand chose tu sais, sorti du subjectif,
 le réel, c’est même pas sûr que ça existe, on est tellement présent en étant ailleurs que des fois, vaut mieux être ailleurs pour être sûr d’être là,

peut être

ou le contraire

j’ai pas dormi de la nuit,  je suis mouvant,

j’ai ma seconde tasse de café près de moi, il fait un peu jour, mais je posterai ce truc dans un café dans la journée..

j’arrête les travaux ici, j’ai passé une bonne partie de la journée hier dans l’appentis derrière à faire du plâtre, de la peinture, à déblayer les gravats,

ce genre de conneries..

en fin d’après midi, y’ cette femme qui m’a appelé, je m’en doutais, on a été prendre un  verre face à la mer, au  bord du mini port de l’autre coté de l’île, elle était à deux millimètres de dire oui, je regardais ses petits seins, j’ai été tenté, elle m’a dit viens chez moi, il faut que je nourrisse mon chien, elle habitait à côté, c’est ma derniere soirée, elle a dit, je rentre demain à paris, elle ressemble un  peu à la fille aux bougies, elle souriait, elle a dit j’aimerai construire quelque chose avec quelqu’un, c’est exactement là où je me suis dit, je vais rentrer tout de suite,

j’ai dit,

-         il faut que je rentre tout de suite, j’attends….

j’ai pas trouvé ce que j’étais supposé attendre, alors j’ai dit la vérité :

-         je construis rien, moi, j’ai déjà ma maison, j’en veux pas d’autre, elle est bancale, sûrement, elle est en vieilles pierres, elle a pas de chauffage pour l’hiver, mais ça me va bien, 

elle a dit

-         c’était troublant cette soirée,

j’ai dit,

-         je bande sûrement un peu mais je crois que je vais prendre la petite route qui longe la mer, là, tu vois, qui mène au petit parking où y’a ma bagnole,

 j’ai pensé à la fille aux bougies, on va se revoir, sûrement,  je veux dire petit à petit, comme avant, sûrement,

j’ai dejà ma maison, elle est en vieilles pierres et pas chauffée l’hiver, mais c’est chez moi,

 t’as un joli cul, tu sais, je vois dans tes yeux la voie directe qui y mène, je sais lire ça maintenant, tu es jolie, tu sais, tu as ce sourire aussi, j’aime le foulard autour de tes cheveux, tu sens sûrement bon dans le cou et animal entre les cuisses, mais j’ai ma maison tu sais, elle est en vielles pierres et pas chauffée l’hiver,

mais là, je reste synchrone

ça me coûte plus rien,

j’ai plus d’argent de toute façon,

j’ai lu quelque part qu’un père mort protégeait sa fille encore et toujours,

peut être un père mort protège aussi son fils si c’est moi le fils par exemple

j’ai reçu un mail de la française des jeux : vous avez gagné 4 euros

voilà, ça commence

petit mais ça commence la protection

bises papa

je t’ai gardé une chambre dans ma vielle maison pas chauffée l’hiver

tu me raconteras

je t’écouterai

19/04/2011

... all along etc etc etc....

.. et puis j’ai ouvert yeux vers quatre heures du mat, j’avais encore besoin de dormir mais je savais que c’était cuit, j’ai pas internet ici, j’essaye même pas d’écrire directement sur mon iphone tout cassé,

avec la 3G

j’essaye même pas

alors j’ai été cherché mon ordi , je suis revenu au lit, j’y suis là, y’a le jour qui se lève là, une petite lueur limite glauque, j’ai remis ma musique espagnole, encore et encore la même

pour être sûr que j’étais bien moi

parce que je sais pas

c’est ma deuxième journée ici, sur mon île, je suis sur mon matelas dans la cabane là haut que j’ai construite dans le grenier, je suis descendu me faire un café dans la senseo rouge que j’ai achetée exprès pour ici,

il pleut

sans dec, il pleut

il a fait l’été toute la journée hier,

mais l’été l’été, une chaleur lourde tu vois, un soleil qui puait sous les aisselles,

ce genre d’été

du coup j’ai laissé les cartons dehors dans ma petite cour, dans mon mini jardin, j’avais coupé la haie, c’est un mini jardin mais avec des plantes au volume magique, au volume infini, tu les coupes, il te faut six camions pour les vider,  il faut que je fasse mille voyages avec ma bagnole à la déchetterie pour évacuer tout ça, j’ai laissé les cartons dehors, ce qui vont me servir à transporter les branches coupées et tout le bordel,

c’était l’été hier, le gros été qui tache en débardeur graisseux,

et putain il pleut là,

les cartons sont niqués,

mous et sans vie, comme un peu des fois quand tu te demandes après tout pourquoi tu ne te suicides pas,

j’y crois pas qu’il pleuve,

aucun indice,

rien,

hier soir, j’ai pris un verre de riesling, mini instant sacré sur ma terrasse, lunettes de soleil couchant,

je sais pas pourquoi ça va moyen en ce moment,

j’ai été voir mon scooter d’occase dans l’après midi, ces enculés d’ici, qui me le vendaient n’avaient rien préparé, j’avais appelé y’a quinze jours, il sera prêt ils m’avaient dit, c’est un vieux scooter de dix huit ans, un yamaha beluga, une sorte de caviar quoi, mais avec de l’huile de synthèse, ils n’avaient rien préparé ces enculés, ça m’a énervé un peu beaucoup, ils avaient juste à remettre une autre batterie, deux vis et le nettoyer un peu, ils n’avaient rien préparé et j’ai ressenti une sorte de rage, un grondement sourd avec des griffes, un truc qui mène à la guerre,

où c’est la Lybie ?

je me suis zenitudé en respirant l’air plein de pollen et j’ai éternué, évidement,

j‘irai commander la batterie demain, j’irai chercher les papiers demain

j‘ai fini mon café , je vais aller en faire un autre

il faut que je refasse le mur de l’appentis dans la petit cour derrière, il est dézingué par l’humidité, je suis monté sur le tout, y’a la gouttière qui se vidait dessus, j’ai fait une dérivation, il faut que je refasse le mur aujourd’hui, je vais planter tout ça et puis après peindre peut être,

en blanc et en bleu

il faut que j’arrache les ronces qui repoussent  aussi,

je pense à celle que j’ai vu deux fois cinq jours, je sais pas ce qu’elle devient, on devait venir ici il y a longtemps pour écrire je ne sais quoi, il pleut un peu dehors, à la radio, ils ont dit plein soleil, la radio c’est des enfoirés qui vendent des scooters d’occasion, j’ai regardé un film dans la nuit sur ma tablette archos, jeu de pouvoirs avec russel crowe, je sais pas comment ça s’écrit, un film déjà vu mille fois, le genre journaliste avec des cheveux longs qui découvre des politiciens véreux,

sans blagues

mais bon, j’aimais bien son bureau en bordel, ça me rappelait le mien, j’aimais bien sa presque solitude et les femmes des copains qu’il baisait en douce,

j’ai fait ça aussi

tu m’attends ? je vais aller me (re)faire un  café 

…..

j’ai éternué douze fois dans l’escalier, j’ai mal à la tête, la toubib m’avait dit d’aller voir d’urgence un neurochirurgien à cause de la tumeur au cerveau, à peine dehors, j’ai jeté dans la première corbeille venue son ordonnance, y’avait du soleil aussi je crois, ce jour là, mais un soleil froid, comme à travers une vitre embuée, si j’ai trop mal un jour je mettrai les doigts dans la prise, ou je lirai : la mode après la mort : comment être classe dans l’au delà

il fait de plus en plus jour, j’irai dans la matinée chercher un wifi open pour envoyer ce texte jusqu’à chez toi…

je vais allumer la radio peut être tout à l’heure, s’ils disent qu’il fait beau je vais les découper en morceaux inégaux avec un couteau rouillé,

j’aimerai entendre sa voix au tel,

mais juste au présent

j’ai presque fini mon second café, j’ai les lèvres chaudes de caféine

il est je sais pas,

six heures peut être

je vais fermer les yeux

 

16/04/2011

..........I hope you're keeping some kind of record.........

 … et puis c’est la nuit et je n’écris plus la nuit,  j’ai remis cette musique un peu espagnole que j’écoute tout le temps en ce moment, je suis monomaniaque sûrement,

et puis c’est la nuit et ça fait longtemps que je ne fais plus rien la nuit, même plus regarder l’heure, hier j’ai pris ma bagnole, je devais aller un peu loin dans ce truc qui pourrait être mon  boulot dans un mois, j’ai pris ma bagnole, j’avais juste assez d’essence pour l’aller retour, j’en remettrai en revenant, j’ai pensé, j’avais pas dormi la nuit d’avant, juste une heure, ou à peine un peu plus, comme ça, jetée dans la soirée, j’avais pas dormi la nuit d’avant, ni fait la vaisselle, ni rien d‘autre, les nuits sont maintenant des attentes qui partent de rien pour aller nulle part, j’ai pris ma bagnole en regardant la jauge d’essence, oui, j’en ai assez pour l’aller retour, j’ai coincé le gps sur l’adresse de destination, j’ai pris ma bagnole et je me suis enfoncé dans cette drôle de matinée huilée de ce

gris plombé,

et plombant,

j’avais ce je sais quoi dedans moi,

je l’ai encore là, maintenant,

y’a mes doigts sur le clavier blanc

du petit packard bell sur mes genoux,

 là dans mon lit, 

sur la couette rouge,

je l’ai encore là, ce truc dans moi,

peut être c’est ça la tristesse ?

peut être c’est autre chose ?

je viens d’avaler une demi noctran, il faut que je dorme un peu,

et puis hier, j’ai pris ma bagnole, le gps coincé sur l’adresse là bas, à quoi ? quatre vingt kilomètres de là, j’ai traversé les campagnes vides, y’avait ce

gris plombé

et plombant,

y’avait aussi ce froid crissant, j’ai mis le chauffage, une petite ventilation, la radio sûrement mais j’écoutais pas, j’ai traversé la campagne vide et pleine de ce

gris plombé

et plombant,

j’avais aussi ce vertige de ce manque de sommeil, j’ai roulé dans cette campagne trop vide, j’ai pris des routes qui n’existent pas, j’ai pas croisé une bagnole pendant une heure, juste à un moment une sorte de dinosaure avec des bras immenses et trop maigres, planté au milieu d’un champ tellement immense que je ne suis demandé si c’était pas l’univers entier allongé là, qui attendait

peut être son fils,

peut être la mort,

juste un moment cette sorte de dinosaure mécanique, tout en ferraille avec ses bras immenses  qui a ricané en me voyant,
le gps n’a rien dit, y’a rien à dire ce matin gris, la radio même avait ce ton de kaddish murmuré devant l’oubli qui s’alourdit,

je savais pourquoi j’avais ce truc en moi, hier matin,

ou ce matin,

on est quand maintenant ?

quand c’est qu’on va où ?

 je suis arrivé avec une demi heure d’avance sur mon rendez vous, j’ai fait un détour par ce qui pourrait être ma maison de dans un mois ou deux si j’ai ce boulot de grand chef,

ce qui ne veut rien dire quand y’a cette huile aux reflets

gris plombé

et plombant

j’ai pas essayé de prendre une photo, mon iphone est tout cassé,

c’est une grande maison dans un grand jardin

ou un petit parc de mille et quelques mètres carrés,

avec un cèdre bleu je crois

et puis j’ai été au centre du village, y’a :
-une grande place autour de l’église, 
-une maison de la presse,
-un café tabac,
-un marchand de fleur,
-un point coop,
-une poissonnerie,
-un crédit agricole,

on dirait un faux village,

un décor du temps d’avant,

quand y’avait du jaune orangé au bout de l’horizon,

loin,

 mais brillant,

j’ai été au café tabac, y’avait plein de types tout seuls assis à des tables qui cochaient des journaux avec des stylos billes volés surement dans un musée de stylos billes

j’ai mis un moment à comprendre que c’était un PMU, je savais pas que ça existait encore ce truc,

tu sais, je crois que ce matin, j’ai glissé dans une faille du temps, je crois que je me suis trompé de calendrier, j’ai pensé qu’avec un peu chance, j’allais pouvoir appeler mon papa, lui dire :

- hey papa, viens me chercher, j’ai pas mon gouter, hey papa, viens me chercher, je veux aller dans ma chambre, hey papa, viens me chercher, je veux qu’avec mes frères on joue au foot dans le salon et qu’on casse la lampe encore une fois, je veux qu’on mange du couscous ce soir, papa, viens me chercher, je suis là dans ce café PMU, paye moi un diabolo, et fais un tiercé, achète des gauloises, laisse moi regarder les bandes dessinées, hey..

-vous voulez quoi ? m’a demandé la fille avec des lunettes derrière le comptoir,

j’ai dit : … euh, un café ?

il y avait une grande télé contre le mur, c’était des gens qui  jouaient au golf,

au golf

j’étais fasciné

j’ai jamais vu des gens jouer au golf,
c’est fascinant tellement c’est con

je trouverai pas les mots pour décrire une connerie pareille

IL FAUT METTRE UNE PETITE BOULE DANS UN PETIT TROU  AVEC UN BATON

Et je te jure y’a personne qui avait un nez rouge pour atténuer le ridicule du truc, y’a personne qui avait mis un bermuda à fleurs

Y’a personne qui jouait du tambour…

J’ai été ensuite dans les lieux de mon presque possible boulot de dans un mois ou deux même si j’ai une chance assez faible de l’obtenir,

J’ai rencontré la chef qui s’en va, qui sait que c’est moi qui peut être va être là,

On a discuté presque une heure dans son bureau, je regardais par la vitre la secrétaire de direction qui allait peut être être la mienne dans un mois ou deux

Ou jamais

Elle a mille ans,

Un chignon

Un collier en gros or autour du cou

Je me suis dit que si j’avais ce boulot de dans un mois ou deux

ou jamais,

je changerai la table du bureau,

Je mettrai un truc avec des tiroirs
pour m’allonger dedans,
pour oublier les jours qui passent,

On est resté une heure ou deux à discuter,

………….et puis..

……..et puis, je suis rentré

sur la route qui n’existe pas, j’avais cet acide au fond des yeux du manque de sommeil

J’avais ce vertige au bord du

gris plombé

et plombant

qui hésitait,

un  rien funambule vieilli

à traverser peut être la fois de trop

le fil mal tendu

qui part de rien 

pour arriver  nulle part,

tu sais 

la fille aux bougies a téléphoné

- on se reverra ? elle a demandé 

- sûrement, j’ai dit,

sûrement

12/04/2011

... death of ladies's man...

 

…et puis mon iphone est tout cassé et j’ai plein sommeil partout et je suis au boulot, dans cet infime espace de temps entre deux réunions tellement importantes que je me demande si la terre ne va pas tourner dans l’autre sens après,

pour te dire combien c’est important,

en vrai, je vais traverser ce temps en somnambule, j’ai pris des notes, un fil conducteur pour les différentes directives à donner, laisser du temps au gens de s’exprimer, dire : je vous ai entendu, dire : je prends note, regarder avec un air concentré, avec un message d’unicité, mettre chacun au centre de lui-même, c’est la quête ultime de tout le monde, je crois, moi j’attends la mort dans la plus grande sérénité possible,

comme les autres, normalement ,

sauf la sérénité, peut être, 

je sais pas pourquoi je suis comme ça, peut être c’était trop difficile avant, peut être que c’est la façon que j’ai trouvé de plus être sous  tension ACDC, peut être c’est par hasard, peut être c’est la chimie, peut être c’est une résultante, peut être c’est n’importe quoi,

sûrement

ça change rien de toute façon, j’aime bien les gens, plein en fait, je les regarde un peu de loin, je les juge pas, chacun a ses raisons, chacun a une cause à :

-         sa haine,

-         son désespoir,

-         son attente,

-         son impossible,

-         son évidence,

ça se déroule, ça se démontre, ça s’explique, ça s’analyse, ça va aussi et ça vient pareil, ça se structure,

sûrement

je cherche pas, je crois à avoir raison, juste je m’en vais, je crois, quand chacun tire la corde de son côté, je la lâche, je vais ailleurs,

je supporte pas qu’on dise nous à propos de moi, ça me fait très peur, ça m’angoisse je crois,  je cherche pas à avoir une place,

juste synchrone,

j’attends rien

ah oui, la mort,

comme tout le monde

tu parles d’un scoop

10/04/2011

... give me absolute control (over every living soul)........

 

… et puis, j’ai ouvert l’immense parasol jaune et je l’ai planté sur la terrasse, il fait hyper beau, putain, j’ai sorti la chaise longue, j’ai tenté l’ordi portable mais y’avait trop de reflet sur l’écran, c’était impossible, alors je suis monté chercher le carnet à moleskine noir, celui à couverture rigide, celui où j’écris les éclaboussures des mémoires que j’invente, celui sur lequel j’ai aussi écrit devant toi avec une stylo violet je crois, quand tu étais chez moi ces deux fois quelques jours, dans cet autre univers, il y a je ne sais plus, j’ai oublié que je t’ai oubliée et du coup je me souviens,

enfin je crois,

j’ai pris un roller bleu, mes lunettes de soleil, je me suis installé confortable sévère, j’aime l’éternité des dimanche, j’ai tourné les pages de mon écriture illisible, j’ai parcouru les phrases qui s’enfilent sans les lire vraiment, gribouillées à la va vite, ça m’a fait sourire,

au hasard :

« tu ne vois rien d’autre que des lettres les unes derrières les autres ? sans dec,  rien d’autre ?

suicide toi alors »

et puis aussi celle là :

« mon père : il est mort il y a tellement longtemps qu’il ne souvient pas d’avoir été vivant »

et encore :

« il est hors de question que je souffre, y’a jesus pour ça »

j’ai été chercher un grand verre de coca glacé, mon iphone a bipé, deux mails professionnels, j’ai failli répondre, putain un dimanche après midi, sous la chaleur du printemps en petite robe blanche près de l’échelle légère :

- va te faire sauter, j’ai dit à l’iphone,

j’ai repris le carnet de moleskine noir, celui à couverture rigide, ceux à couverture souple c’est là où j’écris mon journal,

pourquoi je fais ça moi ?

ça s’appelle lifeper, (vie perso), j’écris la dessus le matin très tôt, je relis jamais, c’est de toute façon graphiquement incompréhensible, j’écris mon journal parce que ça balaye le jour vient, ça le rend limpide, je jette les moisissures du passé, j’aime pas la mémoire, j’aime que  celles que j’invente,

allez j’y retourne, j’ai ouvert donc le carnet de moleskine noir à couverture rigide, les mémoires que j’invente, suite :

j’ai noté en haut à droite : la fille au visage de weermer

et j’ai écrit :

la fille au visage de veermer

temps : présent 

je suis à un âge qui ne veut rien dire, je baisse les yeux, mon zob est à moitié tendu, c’est que le présent offre encore des bouches tièdes, prêtes à l’envelopper dans cette douceur de salive, légers allers retours fluides. Mon zob est presque bandé, là, avec ce petit tressautement acidulé du bas ventre.

Bien.

Je me suis installé sur la terrasse, on arrive en fin d’après midi, il fait beau aujourd’hui, un premier soleil de printemps un peu chaotique, version magma  peut être un rien de vent, mais à peine, juste pour en frôler l’impression.

Il ya une fille allongée sur le lit de la chambre là haut, les volets sont presque entièrement baissés,

-         j’aime la pénombre, elle a dit,

elle est nue ou presque.

J’irai la baiser tout à l’heure sans un mot, c’est le deal,

-  je monte, tu écartes les jambes, je crache sur ta chatte, je t’enfile, je jouis, tu te démerdes.

C’est le deal.

C’est le jeu.

Tu entres ou pas.

Si tu joues, c’est la règle.

Je me suis installé sur la terrasse en bas, à l’ombre, je n’aime pas le soleil, je ne suis pas en paix au soleil, j’ai écrit le titre :

La fille au visage de vermeer

J’ai une photo d’elle dans le petit cagibi, là où je suspends mes chemises, mes vestes, là où je stocke je ne sais quoi, un vieux disque dur, deux sacs darty, un mode d’emploi de la vie, une garantie sans grumeaux, une ceinture de cuir noir, des enveloppes à bulles, un tee shirt gris sale.

Photo de la fille au visage de weermer : elle est de trois quart, elle a la tête baissée, elle regarde son pendentif qu’elle tient à la main, elle n’a pas vingt ans.

fenetre.jpgElle a le visage d’une tableau de vermeer mais dali aurait pu la peindre, tu sais, ce tableau de dali où cette fille de dos regarde je sais pas quoi par la fenêtre.

Mais avec un moins gros cul

Allez, il fait toujours beau, chaud même.

Un printemps au présent de la fille au visage de vermeer peint par dali

 

PUTAIN L’IPHONE VIENT DE TOMBER

Je le ramasse, la vitre est fendillée.

Et merde

09/04/2011

... lead on, my son, it's your world....

 

.. et puis heureusement que je me suis endormi vers quatre heures du mat, y’a plein de soleil, j’en suis à mon deuxième café, je suis revenu au lit, j’écoute la radio, ils parlent de wikileaks, j’ai rien noté de tous les mots et toutes les phrases et idées concepts à nœuds papillon qui ont posé leur duvet dans la quasi nuit blanche, je me souviens vaguement de :

-         on n’existe qu’au croisement du regard de tous mais si les lois de physique sont justes, ça fait une somme nulle (la loi d’équilibre), ce qui donc donne comme seule issue possible de ne plus s’en préoccuper

-         ceux qui se la jouent tragique (la beauté ténébreuse du cynisme adolescent mais vingt ans plus tard avec une carte VISA comme seule posture) états d’âmesques poétiques me font rire

-         il est temps que je me remoque de ceux qui savent ce qu’on doit lire et regarder au cinéma avec la colonne culture écrite à l’encre teleramesque

-         que ceux qui s’Indignez-vous en mangeant bio me racontent exactement leur vie, histoire qu’on compare la pensée et l’action

-         qu’à la radio, ils me font rire encore quand ils disent (authentique) qu’écrire c’est se mettre à nu… (y’a quoi à montrer ?)

-         y’a plein de gens qui m’aiment pas du tout du tout  et plein qui me sourient (je parle à presque personne) et que tout va bien

-         que camus avait raison : le bonheur est une idée insupportable… (on est tellement intéressant quand on est malheureux)

-         que je continue à tenter de profiter absolument de chaque seconde comme si c’était la dernière et d’ailleurs c’est la …………….

………………………………………………………………..couic…..

 

QUOI TANT MIEUX ?????