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03/05/2011

...about it all again....

 

… et puis tu sais, je suis rentré un peu avant sept heures, tout fatigué, j’ai marché sur la pelouse devant le parking pour rejoindre ma petite cour, ma petite terrasse, y’avait ce soleil, tu sais, j’ai fermé les yeux en marchant parce que je voulais le sentir très fort sur mon visage, le soleil, tout doux il était mais avec cette petite morsure vivace,

citronnée un peu,

j’étais tout fatigué, y’a mon nouveau voisin tout jeune qui est sorti de chez lui avec ses poubelles, il dort mal aussi, il m’a dit ça ce matin, il avait l’air tout malheureux, il vit seul, y’a des nanas qui défilent, des blondes, des brunes, ça n’a pas l’air de le rendre heureux, je crois il cherche l’amour,

je crois il attend les majuscules,

il croit que le bonheur ça vient après, ça défile les petites nanas, y’en a une qui a traversé la pelouse aussi, une brune toute mince à cheveux courts genre

- loulou ?

- oui, c’est moi

genre un peu lunaire, genre poétesse avec plume d’oie,

elle est allée chez lui, je les ai entendus parler

d’un petit jardin à l’autre,

je sais pas si elle est restée ou partie ensuite, je suis rentré chez moi,

j’ai pris la feuille pliée depuis plusieurs mois et posée sur le bord de mon canapé rouge

et un peu jaune maintenant,

j’ai mis le petit bonnet sur ma tête

j’ai relu le prénom sur le texto,

il fallait pas que mes mots partent n’importe où, ils avaient une destination précise

j’ai prononcé le prénom, j’ai encore fermé les yeux mais pas pour sentir le soleil,

pour que les mots soient pleins,

je ne comprends pas l’hébreu

je connais les premiers paragraphes par cœur, je les ai tellement répétés pour mon père à moi,

j’ai ouvert les yeux quand je savais plus, j’ai déchiffré alors la suite, en phonétique, je lis trop mal l’hébreu, j’ai essayé de ne pas trop buter sur les mots, j’ai essayé de ne pas penser à moi, j’ai essayé d’être le plus vrai possible,

je suis arrivé à la fin, j’ai refermé un peu les yeux pour une seconde de silence,

 

y’a mille images qui sont venues en même temps, je peux pas les déchiffrer, des images de mon passé à moi, mais cela n’avait pas plus d’importance que ça

j’ai sorti une chaise longue, je me suis allongé, je suis restée une éternité en refusant encore de penser à moi,

puis j’ai regardé l’heure

ça faisait seulement une minute mon éternité, montre en main

alors je me suis mis à repenser à moi,

mais ça je te raconterai une autre fois…

chalom

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