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30/08/2011

.. nights in satin qui fait peur....

 

….et puis c’est très compliqué d’habiter un petit manoir, j’ai eu l’eau chaude seulement hier, et internet aussi seulement hier, et tu sais, je suis seul là dedans et il a fallu livrer dix mille litres de fuel et putain, heureusement que c’est pas moi qui paye et c’est une bizarre sensation quand le soir je vais mettre la chaine à la grille là bas, y’a tout cet espace, y’a ces arbres immenses là, y’a l’allée, y’a rien autour ou pas grand-chose même s’ils ont revendu pas mal de terrain, et que des énormes baraques plus récentes sont construites dessus, mais immenses les baraques, y’a toujours une drôle de lumière ici, c’est pas l’été, c’est pas l’automne, y’a une lumière comme dans le vieux film en noir et blanc Rebecca d’Hitchcock quand tu regardes ça petit avec papa et maman ,

quand il est pas mort papa,

quand la télé est presque ronde,

quand c’est dimanche en banlieue pas encore pourrave, quand tu regardes le film qui fait peur, et que maman dit : c’est pour de faux et que papa dit c’est pas eux, c’est des autres, c’est des acteurs, ils vivent pas cette vie là, ils en vivent une autre

Et tu te souviens plus vraiment cette nuit de la voix de ton père

Tu sais qu’il existe une bande magnétique mais elle a du être perdu, c’est tonton claude qui l’avait, il t’a appelé tonton claude y’a quelques jours, c’est la première fois depuis quinze ans qu’il t’appelle, tu connaissais pas le numéro s’affichait, ;j’ai répondu, c’est tonton claude, j’ai reconnu la voix, elle est caractéristique, il vieillit jamais tonton claude, il doit être un alien , il est au rotary club ou au lions club ou à un truc comme ça, il parle de ça comme un gamin, il vieillit jamais, peut être c’est un alien, il est gentil, il a beaucoup de fric, il a énormément de fric, il a une jaguar et plein de maisons partout, il m’a appelé, il m’appelle jamais, mais jamais jamais,

-         je t’appelle il dit parce que sur l’iphone y’a l’application viber et qu’on paye pas la communication, il a dit

Il m’a appelé parce qu’il payait pas la communication

Je t’ai dit, il a beaucoup de fric tonton claude, c’est à ça qu’on les reconnait, ils appellent quand ils payent pas la communication, il est gentil beaucoup, c’est vrai, et puis il a dit bon anniversaire parce que la semaine dernière c’était mon anniversaire et je m’en souvenais plus et heureusement qu’il y a des applications qu’on paye pas le téléphone sur l’iphone pour qu’on m’appelle et que je m’en souvienne,

.. et puis j’écoute ahmed jamal là sur jazz radio, c’est écrit dessus, le nom de la musique, ça fait tellement longtemps que j’écoutrais plus du jazz, ça me rappelle moi

mais avant,

avant je sais pas quoi, avant que je fasse autre chose surement…

Il est toujours trois heures quelque chose, ma chambre, ici, c’est une chambre normale mais trois fois plus grande et mon matelas par terre, on dirait un  matelas de schtroumpf dans une maison pas de schtroumpf, y’a un solo de batterie, un truc jazz tu sais, ternaire sur la caisse claire, avec des petites interventions de sax ou de trompette, c’est plus ahmed jamal, c’est eric le lann, je lis ce qu’il a écrit, et c’est la  nuit et des fois je crois que je vais avoir peur ici parce que c’est au milieu de nulle part et que je suis seul dans un petit manoir au milieu d’un parc et je vais acheter une hache……..

…….. j’y comprends rien du tout au boulot, on m’a dit que c’était la définition de grand chef, rien y comprendre et décider quand même, alors on me demande de décider et hop, j’envoie une pièce en l’air, pile c’est oui, face c’est non, et voilà.. j’y comprends rien parce que je connais personne, j’ai pas encore l’organigramme, y’a huit cent mille dossiers posés partout de huit cent mille pages avec tous écrit urgent dessus, j’ai essayé de lire une page, je sais pas de quoi ça parle, je crois qu’il va y avoir un incendie accidentel ici une nuit, et qu’on va repartir après que les pompiers aient tout éteint et que la société de ménage ait tout nettoyé, qu’on va repartir d’un pied tout neuf et d’un bureau tout vide………….

J’ai fait visiter dimanche à la fille aux bougies l’endroit, c’est( immense, j’ai la clé qui ouvre tout mais ça marche pas vraiment, c’est une clé compliquée aussi et j’arrive pas a ouvrir toutes les portes de tous les bâtiments, c’est vraiment grand, ya des allées, y’a des pelouses, y’a une belle architecture, et autour y’a des champs immenses plein de truc s de paysans avec des noms genre céréales ou paille ou je sais pas trop……………

Y’a des cartons partout pas ouverts, je sais pas quand je vais les ouvrir, j’ai peint la table de la cuisine en rouge avant-hier nuit, là j’ai pas peur mais je suis sur qu’il va y avoir des nuits où je vais avoir peur ici, y’a des ombres un peu bizarres et peut être des fantômes dans cette immense maison..

Y’avait une putain d’araignée géante mais je l’ai squizzée et là elle est toute morte, jetée sur les marches de l’escalier..

Oui  je vais m’acheter une hache………..

16/08/2011

...upskirt... (sous ta jupe)...

 

.. et puis, vlam, trente neuf de fièvre et je déménage demain, je viens de prendre ma température trente neuf une exactement, j’ai chaud, j’ai froid, je suis sur  mon matelas au milieu des cartons, je déménage demain, j’ai pas tout fini encore, j’enchaine Aspégic et fervex et doliprane, j’arrive pas à regarder plus de deux minutes d’un épisode de The West Wing, tout à l’heure, j’ai du aller à la poste pour une lettre recommandée, je me suis arrêté à Leclerc, j’avais les yeux troubles mais ça allait encore, y’a eu cette vibration dans la poche de mon jean, un coup de fil d’une fille que j’aime de plus en plus, et on était parti d’assez haut, même si la couleur est différente, même si peut être il n’y a plus de couleur mais juste la nuance… elle avait lu Zagdanski,

-tu connais ? elle a dit,

je connaissais, on a parlé de cet imposteur en quelque sorte de stephane,  j’étais sur le parking du leclerc, mais contre le mur du fond, à l’ombre, entre une megane scenic et un truc gris genre camionnette de pauvre, y’avait ce soleil de l’après midi, j’avais la démarche qui fluctuait un peu, j’avais chaud, j’avais froid, je savais plus ce que je voulais acheter à Leclerc, on a parlé de Zagdanski, de ses bouquins, et puis aussi un peu très peu du talmud,

-lis pas ça, je lui ai dit,

on a parlé alors de ouaknin, je me suis senti heureux, j’avais un peu mal à la tête et aussi à la gorge, j’ai acheté une bouteille de cristalline qui pique et un saint honoré, j’ai pas faim, j’ai trente neuf et quelques de fièvres, je déménage demain, -j’arrête pas de baiser, elle a dit, 

-moi aussi j’ai répondu, la fille aux bougies a du suivre un stage, 

elle baise animal maintenant, ça sent le fauve sur le vacillement mezzo mezzo des bougies, j’ai trente neuf et quelques de fièvre, mon majeur se tend, ma bite aussi,

…………il est dix sept heures et des points de suspension…

15/08/2011

... two days before another day.. (?)...

 

.. et puis je traine tu sais, je recule le moment, y‘a tous ces cartons à faire, je n’ai plus que deux jours, je suis en retard, je suis pas sur d’y arriver, j’y arriverai quand même, j’arrive à tout,

la preuve ?

 je suis là et pas ailleurs..

….je traîne, tu sais, je suis réveillé depuis trois heures du mat, je dors très peu, je te l’ai dit tant et tant de fois, j’aurai pu vider la penderie la haut, j’aurai pu ranger les fringues, j’aurai pu je sais pas moi, y’a tellement de choses à faire, ; mais, j’ai allumé ma tablet archos, je me suis enfilé deux épisodes de la dernière saison de the West Wing, et puis j’ai été boire un café, mangé deux nectarines et je me suis souvenu de ce truc que j’avais entendu dans un film,

un fond sonore de quelques secondes,

un film à la con, je sais plus lequel, un film avec gilbert melki, un film franchement nul, je l’ai mis hier matin sur mon ordi posé sur le frigo pendant que j’emballais la vaisselle, je regardais pas vraiment, j’avais pas envie d’être seul,  j’ai mis ce film j’ai pas  vraiment regardé mais y’a eu un moment cette voix d’opéra quelques secondes derrière, j’ai poussé le curseur de VLC jusqu’au générique de fin pour savoir qui c’était :

La callas dans un truc de verdi

J’ai trouvé sur internet l’album, il passe là, à fond, j’écoute rarement des opéras, mais je comprends qu’on puisse se noyer dedans, je me suis dit, tiens je vais vider la penderie en écoutant la callas, il était cinq heures du mat, mais en vrai j’ai écouté la callas sans bouger du lit, juste j’ai été faire un autre café, et j’ai mangé un peu de pain aux pavots…

….tu sais, je suis rentré vendredi dans la nuit, les deux cents derniers kilomètres ont été difficiles, j’ai eu ces vertiges qui commencent à me prendre de temps en temps, je sais pas trop ce que c’est, je veux pas le savoir, je m’en fous un peu mais c’était pénible de conduire comme ça, peut être le manque de sommeil, peut être la tumeur, j’en sais rien, mais hier après midi ça m’a repris, je voulais finir mes cartons mais d’un coup ça n’a pas été du tout, je me suis allongé sur le canapé, je ne pouvais plus bouger, je suis resté quelques heures comme ça, en fin d’après midi, la fille aux bougies a téléphoné, -tu fais quoi ?elle a demandé, j’ai dit -je fais des cartons, j’ai dit, -je vais aller en poser quelques uns dans ma nouvelle maison, elle m’a dit, -je peux venir ?  j’ai dit -oui bien sur, on s’est donné rendez vous là bas, c’est à cinquante bornes environ, il fallait que je récupère, j’ai pris une douche glacée, j’ai chargé quelques cartons dans la bagnole, ça allait mieux, j’ai roulé, le paysage était magnifique,  c’est vallonné, y’a ces nuances de vert, y’a des bosquets au milieu des champs, y’avait une fille qui parlait à la radio, j’ai roulé vers ma nouvelle maison, je suis entré dans le parc, j’ai garé ma bagnole devant la porte de derrière, j’ai déchargé les cartons, la fille aux bougies est arrivé avec sa petit bagnole noire, elle n’était pas seule, elle avait des gens avec elle, y’avait cette israélienne si belle aux yeux verts, ils ont visité mes neufs pièces, le parc, la fille aux bougies s’est posée sur la fenêtre, elle a dit, c’est bien ici, j’ai cliqué mon iphone, application photo,

Tiens c’est là, on voit un bout de mon parc derrière…..ere.jpg

Je viens d’allumer la radio, il est sept heures du mat, j’ai arrêté la callas, y’a les infos, c’est les mêmes qu’il y a mille ans, je vais aller vider la penderie de la chambre à côté..

Je vais aller pisser d’abord….

Je sais pas quel temps il fait,

Je reviens

09/08/2011

.. just a little help .. (between friends)..

… et puis il fait pas mal jour déjà, je suis sur ma terrasse,  dans mon petit jardin de ma petite maison sur ma petite île, c’est les derniers instants, je pars dans quelques jours, une esquisse de tristesse mais à peine, la lumière est assez belle, on sort de l’automne là, je veux dire, y’avait ces rafales de vents et de pluie ces dernières nuits, ça claquait sur les velux, je dors dans ma petite cabane, je regarde la moitié de la nuit la série The West Wing, à la maison blanche, je télécharge les épisodes au fur et à mesure dans le petit café sur la place à l’écart, ça rame pas mal pour uploader dès qu’un autre se branche sur la wifi libre, je télécharge avec ma petite tablette tactile archos, la 70IT, je l’aime bien, celle là, elle est toute fine, elle ressemble à une ado en jean qui joue sa lolita yeux de biche, tee shirt un rien tendu sur le bout des seins joueurs, il fait pas mal jour, c’est l’heure des infos sur France inter, j’ai bousillé mon scooter en forçant mon petit portail, j’ai niqué une bonne partie du carénage de mon truc vintage, yamaha beluga 80 CC de 1993, t’étais même pas née, j’ai scotché tout ça avec un gros rouleau marron et j’ai repeint en noir, et puis y’a le câble du frein avant qui a lâché, j’en ai commandé un autre mais visiblement il le recevront après la venue du messie, je pense, je freine avec l’arrière, je roule pas vite, j’ai un casque blanc,  on dirait une tête de mouche javellisée….

Je pars dans trois jours, je suis seul depuis très peu de temps, y’en a eu du monde ici, c’est la première fois depuis jules césar que je vois autant de gens, y’avait une demi douzaine de filles qui dormaient là haut dans le grenier, j’avais installé un  dortoir, je les connaissais gamines ces filles, elles ont grandi, y’a une avocate, une realisatrice, deux lesbiennes, une bibliothécaire, une contrôleuse de gestion, elles sont belles toutes, on a bu beaucoup de gewurztraminer et pas mal de jurançon, on s’est dit qu’on s’aimait à la folie, on s’est dit qu’on se quitterait plus  jamais, on s’est dit qu’on allait tous vivre ensemble dans une grande maison dans une prairie et qu’on serait chauffé avec des bûches en bois que j’irai couper dans la forêt avec la chemise à carreaux qu’elles allaient m’offrir…

je suis seul depuis peu de jours, je m’en vais bientôt, y’avait aussi la semaine dernière ce type que j’avais pas vu depuis quatorze ans et qui s’est pointé en fin d’après midi, j’écoutais michel onfray sur France culture, j’étais sur mon nouveau relax lafuma bleu QUI A UNE TACHE JE SAIS PAS QUI A FAIT UNE TACHE SUR MON RELAX LAFUMA BLEU TOUT NEUF, j’étais sur mon relax, j’ai entendu, salut, putain, il avait pas changé, sans dec, pas du tout, le temps s’est mélangé un peu beaucoup, c’est qu’avec ce type et un autre on avait sillonné paris des nuits entières pour déchirer des rires un rien hystériques, les seuls symptômes visibles de nos existences de l’époque, on était trois, on se quittait pas et puis j’ai décidé de lâcher le monde et de disparaître de partout, j’ai décidé de jouer sur ma gamme mineure personnelle, j’ai décidé d’être en accord parfait avec moi même, c’était y’a pas mal de temps, depuis, tu sais à peu près ce que je fais si tu me lis depuis octobre 2004..

- salut, il a dit,

 il était accompagné d’une gamine,

-         c’est ma fille il a dit, elle a treize ans, elle s’appelle raphaëlle,

elle rigole avec ses yeux, j’ai vu qu’on allait parfaitement s’entendre tous les deux,

- salut il a dit, je te trouvais pas, t’es pas sur facebook, t’es nulle part, le seul moyen pour te trouver était de louer une maison a coté de la tienne sur cette île…

on a passé la semaine ensemble, on a bu beaucoup de gewurztraminer, pas mal de jurançon et aussi des bières, j’ai refilé la saison 7 de desesperate  à raphaelle et aussi Lost Girl, la saison canadienne rigolote que j’ai attrapé sur le net cet hiver,

il a une maison d’édition, je crois, il a lu mes mémoires que j’invente, il veut m’éditer, j’ai dit je crois pas, il a dit on verra, j’ai dit voilà, c’est exactement çà, on verra, il est parti samedi dernier, j’ai pas attendu sur la jetée que le bateau parte, il m’a envoyé un texto, je t’ai pas vu sur le quai il a dit, j’ai répondu on verra….

Il fait assez bon ce matin, à la radio ils ont dit qu’il faisait froid, je les emmerde…

J’ai coupé les branches du figuier qui poussent sur le muret, j’irai amener tout ça à la déchetterie cet après midi…

J’ai mangé des tomates et des oignons cuits à six heures du mat saupoudré de cumin et de piment rouge,

J’ai bu deux doubles café senseo,

Il fait doux mais c’est assez couvert

bonjour