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17/09/2011

.. en écoutant garbarek.. (Rites)...

 

… et puis tout à l’heure, j’ai pris brutalement conscience que de la semaine complète, je n’avais eu d’autre univers que le boulot et chez moi,

……………………chez moi,

le petit manoir à vingt deux mètres trente cinq,

de  l’autre coté de la ruelle impasse,

tu sais, y’a ce petit portillon un peu caché qui me permet de sortir du  site du boulot, le petit portillon rarement fermé
car personne n’a vraiment la clé,
je l’ai, mais j’ai un trousseau de huit millions de clés,

clés bissextiles comprises

que j’ai posées  en vrac  en me disant qu’un jour j’allais essayer de savoir à quoi exactement elles correspondaient tout en sachant que je ne le ferai jamais parce que j’en ai rien à foutre et que :

-         seuls l’essentiel et le luxe valent quelques secondes

et qu’on range le reste dans le tiroir du futur de l’univers parallèle dont on rate toujours l’intersection, quand les routes se séparent,

-         une vers le bonheur

-         l’autre vers …………………….. vers quoi ?                        vers cet espace qu’on s’essaie d’inventer à base de  résolutions, de projets, de tentatives rigolotes d’organisation de sa vie….

Je choisis jamais, je laisse le plaisir, mes plaisirs si simples, je les laisse conduire l’attelage, je ne me prends pas au sérieux, je connais pas l’angoisse, je connais pas le tragique,

Je ressens le stress, of course, la fatigue, of course, mais je l’ai dit lors d’un entretien cet après midi, avec quelques membres du personnel, oui, je me suis demandé même si j’avais pas dit une connerie tellement les yeux se sont écarquillés,  les yeux des gens là qui ont demandé à venir me voir pour régler quelques trucs un peu flous de là  où je bosse :

             y’a cette femme qui m’a dit, - on sait que vous faites des heures et des  heures de boulot, faites attention à vous, protégez vous

et j’ai répondu : -je suis en forme, j’ai répondu je suis un type profondément heureux, je me sens parfaitement bien..

Et là j’ai vu la sidération

J’ai mis quelques secondes à comprendre

Je te l’ai écrit mille fois, cette phrase de camus, (albert) dans ses carnets : le bonheur est une idée insupportable

J’ai vu la sidération quand j’ai dit que j’allais bien, vraiment bien….

Personne ne dit ça

La vie, madame

La vie monsieur

La vie

……

Mon portable a sonné en fin d’après d’après midi :

maman  c’était affiché

j’ai eu peur un peu

Tu sais y’a ma vieille tante rachel, ma très vieille tante rachel, je l’ai appelée la semaine dernière

-alors ? j’ai dit à rachel, ma vieille tante rachel

-c’est pas juste elle a répondu

-c’est pas juste quoi ?

-c’est pas juste que je sois vivante,

-non, j’ai dit,  si tu penses ça, c’est que tu as raison

-j’aurai du mourir l’année dernière, elle a dit, quand j’étais en forme encore

-oui, j’ai dit

-j’aurai du mourir l’an dernier, quand c’était facile

- Oui, j’ai dit

-là, chaque jour, c’est long

-et c’est pas juste j’ai dit

-non elle a répondu

Quand le nom de ma mère s’est affiché sur l’iphone, j’ai pensé à ma vieille tante rachel : peut être était elle  entrée dans la justesse

Le kaddish

Ytgadal véitkagal chémé raba

Mais non, juste elle me disait que dimanche, elle allait sur la tombe de mon père, c’est comme la toussaint chez les juifs, mais on a plus l’occasion d’y porter des lunettes de soleil, il fait souvent beau fin septembre, c’est comme la toussaint chez les juifs, elle m’a dit -dimanche on va sur la tombe de ton père, si tu veux nous y rejoindre,

J’ai dit je crois pas, samedi soir je vais à une soirée moule frites sur la place du village coincé dans l’espace temps du moyen âge, tu diras à papa que j’étais à une soirée moules frites…

Et je me demande à quoi ça ressemble une soirée moule frites

dans un  village perché sur une cime de temps incertain,

Mais bon, je n’ai pas d’autre univers que le boulot et chez moi

Alors la soirée moules frites va être une sorte de touche de mascara fluorescente

Et si en plus samedi matin

je vais faire les courses à carrefour,

on peut dire que là, je fais trop ma folle……

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