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07/11/2014

... that...

.. et puis j’ai été au bourg à pied, ici, le bourg c’est la ville, là où il y a carrefour, les deux boulangeries, la presse, les troquets, l’église, tout ce monde, enfin ce petit monde, ces quelques personnes qui peuplent l’ile, j’ai pris mon parapluie, ici, il se met à pleuvoir très fort et puis ça s’arrête et y’a du soleil, et ça recommence, il est même tombé une averse de grêle qui a blanchi ma petite cour, ça ressemblait à de la mousse détergente que bavait un monstre quelconque, pas encore identifié..

Comme le Ca…

.. j’ai lu il y a longtemps le début du Ca, le livre de stephen king, j’accroche pas vraiment à ce type de bouquin, de mémoire y’en avait trois tomes en poche, j’ai du lire juste le premier, j’ai essayé de revendre les livres à Gibert Jeune boulevard St Michel mais tu parles il m’en en, offert douze centimes alors du coup, j’ai été les poser sur un muret dehors pas très loin de la fontaine, ça fait un bail que j’ai pas été là bas, St Michel, St germain, le café de cluny, j’en avais interviewé pas mal des écrivains au premier du Cluny, quand je faisais ça, des trucs pour les journaux, je payais les consommations alors que j’étais le plus pauvre des deux et jamais je n’ai pensé à faire des notes de frais, je savais même pas que ça se faisait, j’achetais des CD aussi dans les trucs d’occasion, des bouquins, des..

La Ca, tu te souviens du livre de Groddeck, le livre du Ca justement, le ça, ce montre qui vit en toi et qui pense qu’à la bite, on lisait ça en découvrant ce machin de la psychanalyse qui s’ouvrait devant nous, genre y’a un continent magique qui contient ton vrai moi, ton unicité, ta beauté, tes angoisses, tes caresses, ton repos, ta vie…

On lisait ça, on se retrouvait dans les cafés ou dans ces pavillons de banlieue communautaires, tu sais quand y’avait douze mecs qui squattaient chaque recoin, quand on bouffait du camembert sur la moquette éclairée aux bougies, tu penses l’électricité était coupée, on n’avait encore pas payé, quand y’en avait un qui voulait te lire la pièce qu’il avait écrite, je me souviens de la première phrase,

je suis venu chérie t’offrir un bouquet de pénis..

c’était l’arménien, j’avais écrit sur lui y’a longtemps, il avait plein de poils et une bite de géant…

le livre du ça donc…

bon, je suis très sceptique quant à la psychanalyse, très dubitatif sur freud, sur les topiques, sur Oedipe, sur ces rituels adorés en mécanisme sectaire, je suis très vacillant sur tout ce qui s’apparente à une Vérité quelconque.. à du prédéfini..

mais tu vois, je suis monté là haut dans mon grenier cabane, j’ai ouvert mon carnet noir le dixième, le douzième que je remplis et de mon écriture la plus illisible possible, parce que ce qu’il y a sur ces carnets, c’est fait pour être écrit, pas pour être lu, et de mon écriture la plus illisible possible j’ai été à la chasse à mon Ca..

 

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