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22/11/2014

..glory boom.. (a book of arthur killian)

… et puis, le ciel était plombé hier dans la ville en face, sur le continent quand le bateau a accosté, j’avais laissé une belle lumière sur l’île que j’ai retrouvée à mon retour d’ailleurs, à croire qu’elle était nichée dans un oubli du gris, cette île, mais bon, j’ai bien aimé marcher dans la zone portuaire, j’avais pas le temps d’aller zoner du coté des immenses cargos de transport, dans cette odeur métallique permanente qui ressemble à celle du sang, je le sais, j’ai beaucoup saigné une fois, tout était rouge dans la salle de bain, je m’étais blessé en réparant je ne sais quoi, ma main qui avait glissé dans ce truc et le sang qui s’arrêtait plus, je m’étais allongé sur le sol, un machin tiède en lino bleu, cette maison je l’avais faite entièrement, j’avais acheté juste les quatre murs en mâchefer, le toit était à moitié effondré, j’avais jamais ouvert un sac de ciment, jamais fait durcir du plâtre, j’ai tout fait, quasiment tout seul, j’aime pas trop être aidé, j’aime pas devoir quelque chose à qui que ce soit, j’ai jamais été certain que les gens vous aiment gratuitement, tu sais, j’ai jamais cru aux histoires que les gens racontent, je me méfie de tout le monde, je garde mes distances, j’ai un abri anti atomique en permanence dans mon sac..

J’ai marché le long des bateaux de plaisance à quai, avec les types qui repeignaient le dessous des coques, je sentais la peinture d’où j’étais, je me demandais pourquoi il peignaient en dessous, je suis pas sûr que c’est pour que les poissons trouvent ça beau… je suis passé près de tous ces troquets qui avaient poussé sur les quais, quand je venais là autrefois, y’en avait pas un seul, il fallait prendre son café en ville, à quelques centaines de mètres, maintenant y’a un comptoir presque collé aux bateaux…. J’ai marché dans la ville, assez laide, très laide même, mais bon, c’était la ville, y’avait toutes ces boutiques et ça m’a fait du bien comme si la possibilité d’acheter était un vecteur de bonheur, j’ai pensé à ça en regardant les vitrines, je me suis demandé pour quoi ce frémissement d’euphorie, oh légère, … je n’avais besoin de rien, aucune envie d’acheter quoi que ce soit, et pourtant..

Je suis entré dans une petite librairie qui s’est révélée immense

(comme toi si tu es complexée mais que t’aimes baiser)

(hum)

.. elle s’étalait sur plusieurs niveaux, j’ai juste fait un tour mais y’a quand même encore une sorte de vertige, une sorte de plénitude devant les tables avec tous ces bouquins, les étagères, tout ça , quoi, tu connais surement, je vais pas te décrire un truc que t’a déjà vu, laisse une place pour le reste, je me suis arrêté aux beaux bouquins, ceux pour lesquels l’éditeur a fait un effort, on lit maintenant au kilomètre sur les liseuses, les écrans et le reste, la plupart des textes n’ont besoin de rien d’autre, c’est pas la peine de décapiter des arbres en place publique comme les terroristes des forets que nous sommes pour dire,

-         Oh putain, moi, je suis très papier, tu vois…

Comme tu vois, j’ai pas beaucoup de tendresse pour des postures, hier bien mieux qu’aujourd’hui et demain sera pire… ce genre d’axiome, tu vois , je m’en bats les couilles grandeur nature et plutôt fripées..

Y’a une superbe lumière qui vient de bailler dehors, ça resplendit dans mon salon, tiens je te mets une photo pile poil de maintenant, 20141122_155251.jpgil faut que je refasse ce coin là qu’est tout merdeux, mais j’ai pas envie en ce moment, j’ai plein de rien foutre en retard, et comme je me refuse presque plus rien, je fous rien..

J’ai fini hier dans le bateau  Glory Bloom d’un jeune type qui s’appelle arthur killian, j’aime ce genre d’écriture toute fluide, on sent pas le poids des heures de colle pour apprendre à écrire correctement le français, on sent pas le suintement des règles de grammaire qui moisissent le long des après midi sombres des hivers sans fin, non, non, c’est plein de sautillements, ça jubile à chaque ligne, ça s’oublie très vite aussi, je veux dire les bouquins qui changent ta vie, arrête de me faire rire, y’en a un ou deux qui te tapotent le front ou qui t’ouvrent la fenêtre mais un bouquin n’a pas l’utilité mystique qu’on lui confère et tiens là je digresse mais je suis sur twitter (je follow quoi) une sorte de jeune femme qui écrit et qui se la raconte comme pas permis, elle est gentille je veux dire, je veux pas lui faire de mal, mais bon, elle croit qu’elle est touchée par la grâce quand elle pond deux lignes, genre me dérangez pas, j’écris, genre écrire est le point où dieu te met un doigt dans le cul et c’est divin tellement c’est bon… c’est marrant que ceux qui écrivent ou peignent ou je ne sais quoi d’artistique se croient différents des plâtriers ou des bouchers charcutiers…

A partir de ce genre de réflexion qui m’imbibent, comment veux tu que je ne sois pas seul dans la vie ?

… bon, j’en reviens a  Glory Boom de monsieur arthur killian, il sautille à sa façon sur le même thème que j’avais caressé dans La Dépression Nerveuse de Madonna,

le monde disparait dans sa représentation,

phrase que debord n’a jamais écrite…l’image comme seule preuve d’existence avec son corollaire, passées les bornes, plus de limites… ça m’a fait plaisir de lire un truc comme ça, ; il s’en sort bien au niveau de la conclusion du bouquin, je veux dire, il réussit à en faire une histoire, celle d’une mec genre de Paris Hilton au masculin qui va au bout de nulle part mais qui y va direct…

..

J’écoute Einaudi en boucle,

Je voulais te parler d’autre chose

De toi, je crois…

Tu reviendras ?

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