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20/12/2014

...of course...

.. et puis c’est une sacrée question, c’est ce que j’ai écrit dans la nuit avant de me coucher hier, sur une feuille de ces blocs blancs éparpillés dans la maison,

…………..et que j’ai posée par terre devant la porte du salon

          Oui, une  sacrée question

pour ne pas oublier, parce que même les sacrées questions je les oublie, que je m’intéresse très vite à autre chose, je sais déjà plus quoi,

et ça c’est peut être une des réponses..

Mais c’est une sacrée question quand même, j’avais passé l’après midi ou presque sur le canapé à bouquiner, à rêvasser, à écouter je ne sais plus quoi sur les enceintes, mais à écouter vraiment, je veux dire en disparaissant dans la musique, en me transformant en volute d’ondes, en pulvérisation sensible, en fusionnant complètement avec les sons, en étant son moi même,

j’avais aussi fait un tour au bourg, aller boire un café au troquet de la petite place derrière, juste pour marcher un peu, j’étais seul dans le café, avec la patronne, elle a du mal à parler avec moi, je le sens bien, ça fait des années qu’on se connait mais y’a cette distance qui sera toujours là, elle me reconnait pas, elle ne me reconnait pas comme étant de son espèce, de sa race, elle a ce regard méfiant, vigilant, elle est polie, gentille, dit bonjour et au revoir, mais y’a cette distance plissée, tu sais, son mari c’est pas pareil, il a le sourire franc, je te connais depuis longtemps il m’a dit la dernière fois, et puis il a parlé encore mais j’entendais mal,  cet accent peut être, ou mon ouïe qui s’asphyxie, je sais pas j’ai souri en hochant la tête, en disant c’est pas faux comme j’ai vu dans Kamelott, en alignant des syllabes sans signification mais très signifiantes dans l’amitié, dans le plaisir de cette non discussion complètement absconse…

Je suis revenu chez moi en marchant le long de la petite route qui se tord comme ça, y’a eu l’odeur de la chèvrerie  d’un coup, c’est Manu, le chevrier, tu vas bien ? il réparait un vélo devant sa cabane de bois avec un gamin, je sais pas du tout si c’est son fils, je me souviens plus, j’ai du le savoir, mais j’oublie, y’a eu illico l’odeur des chevaux juste en, face, les écuries avec le gros chien blanc genre saint bernard qui s’est mis connement à aboyer comme  chaque fois que je passe, je suis revenu chez moi en croisant aussi ce vieux type à cheveux blanc, une célébrité qui publie tous les jours dans un journal à grand tirage, qui vit à trente mètres de chez moi avec sa femme, c’est deux petits vieux très discrets, on dirait des pauvres alors que non, ils ont acheté le café dont le type s’est suicidé il ya déjà un peu plus de mille ans je crois, mais il avait l’air tellement triste que j’avais pensé tant mieux quand j’ai su qu’il s’était jeté de la falaise un peu plus loin, le vieux célèbre a racheté son café, il l’a fait repeindre, je sais pas pourquoi il a racheté ça, il en a fait une maison je crois mais il habite toujours dans mon village, à coté de chez moi, il n’a pas de voiture, pas de vélo, il marche à pied avec sa femme, je savais pas qu’il était célèbre au début, je croyais que c’était un vieux en fin de droit, je croyais que j’allais lui acheter des trucs au marché pour qu’il mange mais on m’a dit non, c’est machin, je connais le nom de machin, je connaissais pas sa tête, ben c’est lui, le vieux qui passe avec sa femme le matin et le soir devant chez moi, sous la pluie ou sous le soleil et on se dit, bonjour, bonjour, et je suis rentré chez moi et y’a eu cette question  qu’est une sacrée question

Pourquoi est ce que je vis ? et toi aussi d’ailleurs..

Et bien sûr y’a pas de réponse, et y’en aura jamais, je veux dire, c’est pas nouveau, je rigolais pas la première fois que ça m’avait effleuré, j’avais surement six ou sept ans, surement, et encore moins ensuite à quinze ans , quand je prenais un air vachement ténébreux pour écrire sur des carnets, des métaphores  profondes à base de silhouettes maudites et de regard perdu dans le lointain du lourd secret..

Y’a aucun sens à la vie, of course

C’est sur cette évidence que d’une façon on ne peut plus volontariste, je me suis résolu à être heureux, c'est-à-dire à me détacher du maximum de choses, du maximum de gens, à tenter de retrouver la cellule souche de mon existence,

C'est-à-dire l’essentiel de mes besoins,

Surtout affectifs, surtout social, surtout sexuels,

Revenir à la cellule souche, c’est comme ça que commence le processus du clonage, tu sais, la brebis qu’ils ont clonée et tout ça, ils prennent une cellule n’importe où, la laissent presque mourir pour qu’elle se réduise à l’essentiel, jette ses oripeaux, ses préjugés, sa sophistication, ses questions existentielles, et revienne à sa propre essence vitale, ce qu’elle est réellement sans les regards des autres,

Avant d’être définis par toutes ces injonctions, ces conjonctures,

A ce moment là, elle se clone pour être reproduite au plus près de son âme, et là, elle se redéveloppe comme elle le souhaite, comme le peut, comme ça va la vie…

                                    C’est de cette façon volontariste que j’ai balayé la question du pourquoi du comment de ce que je fous là au lieu d’être ailleurs et à quoi ça sert la vie et tout ça…

Me réduire à l’essentiel, au plus près de mon vital, me suffire de cela, le délimiter clairement et prendre tout le reste comme du superflu du plaisir en plus, du gâteau quand t’as pas vraiment faim…

Je sasi pas pourquoi c’est revenu hier cette question,

Cette sacrée question quand même, ..

Sans doute parce que j’avais pas relu encore mes mémoires que j’invente, que je continue à rien foutre, jour après jour, langueur après langueur,

Et que là je t’écris en écoutant le triple CD de léonard Cohen,  live in dublin qui vient de sortir, avec plein de chansons parfaitement ennuyeuses et quelques zébrures jouissives comme des souvenirs tièdes…

 

 

18/12/2014

... still loving you..

… et puis je me suis endormi tout à l’heure en écoutant didier squiban, le disque Molène, le keith jarrett du pauvre, le pianiste breton, je l’ai vu il y a quelques années, il jouait dans l’église, un concert seul au piano, le soir, je l’avais croisé dans la journée , quelque chose de pathétique, quelque chose de gris, je ne le connais pas, peut être qu’il était dans un de ces replis de la vie où aucun vêtement ne vous va, où le moindre pas vous fait vaciller comme un soupir alcoolisé, sans aucune élégance, où le son de votre voix a perdu  ses harmoniques pour se teinter de banalité en nylon de bas étage…

… je ne connais de lui que ce disque là, Molène, une île bretonne, pas la mienne, une autre, une succession de notes de piano enveloppantes, douces, avec ce qu’il faut de rythmiques pour  se sentir cardiaque.. alors en me levant , il y a quoi dix minutes, j’ai été cherché sur spotify autre chose de lui, et là j’écris en écoutant le concert à mexico de 2008, en trio, il y a un flutiste si j’en crois mes oreilles et un percussionniste, certaines figures sont en ligne directe avec le koln concert, d’autres avec le live au royal albert hall d’einaudi… 

Il bruine aujourd’hui,  je suis passé à la mairie pour m’inscrire sur les listes électorales, je ne sais pas pourquoi, peut être parce que la fille aux bougies y est attachée, peut être que c’est mon cadeau de noel à moi, sortir de mon isolement social, être inscrit sur une liste quelconque que je n’ai qu’à relire pour ne plus douter de ma présence…  un peu tu sais comme l’impression qu’il me reste du livre de Tabucchi, Nocturne Indien, je ne serai pas foutu de me rappeler de l’histoire, mais il me reste en flou vaporeux, comme une recherche d’une identité sourde, des traces à peine visible de la présence de quelqu’un quelque part… de la même façon que le film de Lars Von Trier, Element  of crime, où de recherche en recherche, on ne sait plus qui est qui, ni où, mais il devient de plus en certain qu’il y a eu quelqu’un,

un jour,

quelque part..

.. je crois aussi me souvenir qu’à un moment y’a eu chez lui Lars von trier, cette fascination nazie, cette empathie pour ce qui revient doucement, qui n’est pas combattue, cette attirance indestructible pour la barbarie la plus pourrie mais tu vois emballée dans une sorte d’esthétisme décadent….

L’esthétisme décadent : l’alibi de la difficulté de baiser réellement

J’entendais ce matin une émission sur zemmour, doit on lui cracher dessus, lui lécher la bite ou prêter du fil dentaire ? c’était le thème en gros, y’avait les horrifiés d’un côté, tuez le, y’avait les horrifiés de l’autre côté, liberté vérité, y’a aucune parole qui s’est imposée comme évidente, incontournable, ça ratiocinait de part et d’autre, il y avait en jeu autre chose que des arguments, il y avait en jeu des pulsions, on lutte pas contre les pulsions,

Surtout les pulsions de haine,

On lutte pas avec des mots contre les pulsions de haine, je sais pas trop comment on lutte contre ces poussées de hargne, contre ces visages crispés de cannibalisme,

car la haine de l’autre relève du cannibalisme, en toute logique

Je ne sais pas comment on lutte efficacement contre la haine,

Surement en rassurant, surement en replaçant cela d’où ça vient réellement :

-         de l’angoisse infinie de la mort, de la peur de l’abandon et du non amour,

J’ai lu le bouquin de zemmour, je l’ai lu lors d’un mini road movie avec le fille aux bougies, du côté du mois d’octobre dernier, on a traversé la France en voiture, on a couché dans des hôtels improbables goalés sur la recherche google de mon téléphone samsung android, on mangeait du fromage et du pain avec des mandarines, on achetait des magazines dans des aires d’autoroutes et aussi des lunettes de soleil, on se prenait en photo avec nos écharpes qui zigzaguaient à la moindre brise…

J’ai lu le bouquin de zemmour, il est dispo sur le net, gratoche en epub, débrouille toi pour le trouver, faut pas chercher longtemps en tout cas…

.. lis le, il se lit facilement, c’est rien d’autre qu’un long pleur devant son adolescence perdue, devant ses illusions fissurées, c’est rien d’autre que le non deuil de l’échec de sa vie..

Il a beau rejeter cette explication comme du psychologisme, c’est quand même cela, ; il croit que son enfance perdue est une idée et que c’est la faute de tous si elle est partie…

L’agressivité, le rejet, la haine, tout ça ne vient de nulle part d’autre que du deni de son propre échec, de sa propre incompétence..

Aime-toi et tu aimeras les autres

Ou, faut pas déconner quand même, tu ne leur en voudras pas, tu chercheras pas à leur peler l’oignon, à les frire dans de l’acide….

Je pourrais te faire le détail du bouquin de zemmour, quand les petits mecs d’Hélène et les garçons, avec leurs cheveux longs, leur sureté fictionnelle  ne lui ont renvoyé que l’image de son propre visage à lui,

ni plus ni moins que n’importe qui,

mais bon, comme moi, comme toi surement, c’est pas paul newman, ils se faisait prendre de vitesse, écraser par ces looks de mecs qui le reléguait dans le coin sombre lors du quart d’heure américain… c’est eux qui frottaient leur bite contre les ventres moites des jeunes filles entrouvertes quand Scorpion hurlait Still Loving you et que les filles ouvraient leur bouche et leur cuisses à ces mecs là .. alors il rentrait chez lui, et commençait à dessiner le mot PEDES sur des statues vaudous..

c’est rien d’autre que ça la haine..

quelque chose en toi qui n’est pas réglé..

une caresse jamais donnée,

jamais reçue,

un deuil  jamais fait du temps qui passe..

une incapacité à ne vivre qu’au présent..

le seul endroit où toi et moi on peut se rencontrer ..

16/12/2014

.. girl.. (THE girl, but folle..)

.. et puis une certaine langueur, je ne sais pas pourquoi, une sorte de mise en veilleuse de ma propre vie, l’envie s’est couchée sur le canapé et n’a plus envie de se relever, elle s’est légèrement évaporée, un rien inutile, un rien disparue… j’ai plus trainé qu’autre chose, j’ai rien foutu de façon molle, au lieu de m’y vautrer avec  jubilation..

………je ne sais pas  trop ce qu’il se passe, peut être que la solitude à force finit par suinter, je ne sais pas vraiment, un peu comme un pistolet posé sur ma tempe, avec cette attente de l’inconnu…

Hummmm.. je me suis forcé à faire le tour de l’île sur mon scoot, il faisait beau, un soleil franc, j’ai pris des routes que je ne prends pas d’habitude, je me suis ennuyé dans cette beauté, peut être qu’il est temps que je rebaise ?

Non ?

.. j’ai réécouté l’album inutile des pink floyd, endless river, juste en fond sonore, c’et pas ça qui va te déranger, tu sais, j’ai reçu deux ou trois coups de téléphone, d’anciens adjoints, ça se passe mal avec celle qui me succède, elle sait pas faire, elle confond autorité et autoritarisme, elle crie partout qu’elle est la chef, elle sait pas que ce sont les autres qui vous reconnaissent comme chef….

Hier j’ai appelé ce type inouï, on était trois dans le temps, trois qui écrivaient, qui déliraient, qui volaient,  on baisait les serveuses des restaus que l’on écumait à paris, on piquait les livres de la pléiade dans les librairies, je sautais les nanas de mes deux potes, ils n’arrivaient même pas à m’en vouloir,  pour te dire…

celui  que j’ai appelé hier, dans l’après midi, on était trois dans le temps,

bandits joyeux,

insolents et drôles

y’avait cette langueur qui commençait à me pourrir le temps, celui que j’ai appelé hier a changé je ne sais combien de fois d’identité, je l’ai connu avec un nom et prénom pendant des années pour m’apercevoir que c’était une identité qu’il n’avait forgé que pour moi,

il s’appelait différemment  pour d’autres,

je raconterai tout ça plus tard, je vais peut être reprendre mon texte Who By Fire qui raconte ma vie que j’invente, j’en ai 147 pages, j’ai vu ça sur Microsoft Word ce matin, je ne l’ai pas relu, j’avais arrêté après cette histoire avec la fille qui ne veut pas être nommée d’il y a quatre ans, j’y repense régulièrement, j’ai connu une vraie plénitude avec son corps, sa peau, son odeur,  y’avait juste sa folie qui me gonflait, elle voulait que je quitte tout pour elle, elle le disait pas comme ça, mais c’était ça, elle partait en vrille pour une virgule suspendue, elle enfilait les mots pour leur faire dire n’importe quoi, elle était mélangée dans sa tête avec cette demande infinie qui te suicide à petit feu..

je n’ai jamais parlé d’elle, sauf de son odeur, d’y penser, je rebande, j’écris là sur la table de bois, il est dix huit heures et quelques, y’a je sais pas à la radio qui dit qu’il est innocent, je n’ai jamais parlé d’elle, je crois sauf de cette ivresse de son corps, de son cul…

j’ai écrit sur elle, sur sa peau, avec un pinceau et de l’encre sépia, j’ai écrit un texte sur ses seins qui commençait par .. et puis….

Je rebande sourdement en y repensant, un de ses derniers mails était j’ai changé de n° de tel, ..

J’ai pas compris, elle croyait que j’allais appeler ?

Je me suis rendu compte qu’elle n’avait absolument pas pigé qui j’étais :

Je n’appelle jamais…

(mais toi, tu peux…)

12/12/2014

..time to time..

.. et puis tu sais, je vis complètement seul sur mon île, je veux dire je ne vois  personne, je n’ai aucun ami, je l’ai déjà dit, déjà écrit, je n’en ressens pas le besoin,  tu sais, je suis passé au bourg ce matin, j’ai ouvert la porte d’une boutique tenue par des gens que je connais depuis des années et des années, il n’y avait personne, on est hors saison, les gens ouvrent certaines boutiques  juste pour se donner une obligation sociale, juste parce qu’ils ont peur de la solitude, d’eux-mêmes,  donc j’ai ouvert la porte, j’ai dit bonjour ça va ? on m’a proposé un café, c’était sympa j’avais envie d’un café, le café était dégueulasse, je me suis dit putain je vais leur offrir une senseo, c’est quoi ce truc dans une casserole que tu fais réchauffer, j’ai rien contre les casseroles, elles ont leur utilité, mais bon, je suis pas difficile, j’ai pas de sommier, j’ai une maison de romanichel, une bagnole de mille ans en ruine, j’ai pas de meubles, que des caisses de pommes et des bouts de bois que j’ai cloués ensemble, je suis pas difficile mais non, en 2014, à la fin de 2014, dans trois semaines, même pas on est en 2015, du café dans une casserole , non, non, .. j’ai bu le café dans leur salon, une immense pièce, mais vraiment immense en hauteur, genre deux étages .. la cheminée aussi est gigantesque, on peut y mettre un tronc sans problème, y’avait une guitare aussi sur le coté, une copie strato, j’ai la même je crois, une ancienne que j’ai laissée chez la fille aux bougies..

Bon donc j’ai fait une tentative d’incursion sociale comme tu vois.. mais au bout de deux minutes, c’était bon, je m’ennuyais, j’avais rien à dire, quand j’ai rien à dire, je pose des questions, les gens adorent parler d’eux

moi j’écris sur un blog

…………….les gens adorent parler d’eux, j’écoute pas, je fais juste gaffe à ne pas poser deux fois les mêmes questions j’ai toujours un regard admiratif sur le décor, la coiffure, les vêtements, je fais que du bien quand on me rencontre, on se sent toujours bien après moi, on se sent exister, juste me demande pas de répéter ce que tu as dit, j’ai pas vraiment écouté, ne m’en veux pas, l’important c’est que tu le dises, que quelqu’un te le demande, que quelqu’un te regarde et trouve beau..

Moi, je m’en fous..

Je crois que je suis sincère, vraiment.

J’ai besoin d’écrire ici, j’aime bien quand deux ou trois (ou quatre ou cinq même des fois) d’entre vous m’écrivent  des mails, je reste en contact avec des gens entiers, avec une vraie intelligence, qui n’ont pas plus besoin de moi pour vivre que j’ai besoin d’eux mais c’est tellement mieux ensemble

De temps à autre

En passant luxueusement

 

.. et puis donc je vis seul et passe tout mon temps ici, sur cette petite île dans ma maison, y’a le temps qui s’évapore sur lui-même et finit par se mélanger à ses propres vapeurs et s’enivrer,  je sais plus trop l’heure qu’il est, je le note de temps en temps sur du papier, au stylo roller noir ou bleu, je note l’heure qu’il est, je retrouve donc de temps en temps des post-it avec

12 h 42,

17h29,

04h75,

32 h SEPT,

ça rythme bien les pensées je trouve, ça donne une cohérence à l’existence,  on sait qu’on était vivant à ces heures précises et c’est bien pour l’histoire de l’humanité..

… et puis donc y’a le temps qui se mélange, y’a la conscience qui perd ses pédales, les unes après les autres,

les consciences sont velocyclopediques et peu le savent,

y’a un peu tout qui se mélange et je me retrouve brutalement en sueur, les gants de boxe au bout de bras à cogner sur le punching ball comme on se venge de son enfance,

alors que je n’ai strictement aucun souvenir de mon enfance dont je me fous royalement,

cette phrase sert à te donner un point d’appui pour ta propre histoire, pour que tu trouves une excuse à ta nostalgie trop collante que des fois tu appelles déprime,

.. et puis donc je me retrouve en sueur et souriant, je regrette juste qu’il n’y ait pas un photographe mature pour flasher ce pur moment animal… je me retrouve en sueur et souriant et me dis que j’ai beaucoup aimé la cinquième saison d’engrenages, que la commissaire, laura, l’actrice caroline proust est foutrement craquante, juste qu’elle a l’air un peu sale, que ce serait bien si elle se lave les cheveux et la foufoune avant qu’on se croise, sur les rebords du monde que j’invente..

(si tu as dejà la foufoune propre tu peux venir)

11/12/2014

... fifty shades of la couleur que tu veux..

Midi..

… et puis, y’a eu une brutale claque du soleil  dans le salon et la cuisine et ça a fait tout drôle d’un coup, un instant figé dans la surprise de cette lumière blanche….., les veilleuses que j’avais allumées parce qu’il faisait pénombre automnale, même vers midi, les petites veilleuses en peau de je ne sais pas quoi qui donne un air Maisons du Monde à ta baraque, genre tu as baroudé en transpirant de maigreur séchée alors que t’as juste usé ton index en tapant le code de ta carte bleue,

Mes veilleuses blafardes ont eu l’air très connes, décalées,  sans aucune personnalité, mes veilleuses qui te colorent le regard en beau ténébreux

je les ai placées dans des endroits caressants

….mes lampes veilleuses ont eu l’air factices avec leurs luminosités de couguars fripées, limite pute place blanche à paris, années 90, odeur de grésil dans les escaliers, draps grisâtres, bactéries en effervescence….

je les ai éteintes par pitié.. ..

 

15h

J’ai pris un fervex, j’ai un peu mal à la tête et à la gorge, genre rhume et fièvre, c’est parfait pour ne pas bouger de mon canapé, j’ai commencé un polar qui tourne ses pages tout seul, j’ai essayé de mette un vieux disque de Chicago en pour gesticuler dans l’espace mais, bon, c’était pas terrible pour lire, j’ai basculé sur du bach mais ça collait pas non plus, j’ai figé l’ipod dans une attente indéterminée et je suis retourné lire mon bouquin..

 

Ça fait quelque jours que je me dit que j’essaierai bien d’écrire une histoire, mais je suis nul pour les histoires, je veux dire je n’ai jamais essayé y’en a tant quoi savent très bien faire ça, je me régale en les lisant, je vois pas pourquoi je ferai pareil en moins bien, et puis je n’ai strictement aucune autre ambition que d’être moi-même et je vois pas ça dans mon ideal du moi qui se détache au bout de l’horizon, dans une rare élégance…..

J’ai écrit deux ou trois mots, que j’ai dessiné comme des détonateurs pour que ça explose quand j’appuie dessus, ils sont là , sur le bureau, près de l’ordi, je les regarde encore, demain  ils feront partie du décor et j’aurai surement envie de faire autre chose, comme vivre…

 

 

15 h57

.. et puis il me revient que j’ai donné mon numéro de téléphone avant-hier à l’une d’entre vous, ça ne m’arrive quasiment jamais de donner mon téléphone, ni mon adresse, ni mon nom, ça a du m’arriver deux ou trois fois depuis dix ans pas plus..

Elle a pas appelé bien entendu, ce n’est pas important, je veux dire c’est juste une petite main comme ça, plutôt tendre, qui attend d’être un luxe, c’est à dire autre chose qu’un besoin, une envie superflue, non essentielle, .. du luxe donc…

 

16 h 01

Y’a les infos sur France inter, j’ai pas écouté..

S’il y a un truc important que j’ai loupé, tu me diras ?

09/12/2014

... mes couilles 's artiste...

… et puis j’essaie de rien perdre de chaque instant, tu sais, ce matin, mon premier matin sur ma petite ile depuis quelques semaines, ce matin, j’ai ralenti l’allure sur mon scooter rouge vif, j’allais faire quelques courses à Intermarché, j’ai plus rien dans mon frigo, je suis rentré hier soir, j’en avais assez de tous ces trains, ces métros, et le bateau pour finir, j’ai ralenti l’allure sur mon scooter rouge vif pour bien  rester dans le paysage, pour apparaitre sur la photo, la superbe photo de ce soleil froid avec la mer qu’on devinait derrière les maisons de pierres, j’allais juste à Intermarché mais chaque mètre, je me suis dit, sois un peu présent dans ton présent,

ce soleil froid avec la mer qu’on devinait derrière les maisons de pierres

 pense à rien, attends la mort en souriant,

…………………et sourire, y’avait de quoi, en feuilletant la radio ou la télé , comme ça, tu sais, sans vraiment faire attention

Attention à quoi d’ailleurs ?

…………….en feuilletant la télé, y’avait ce nom de jeff koons, qui revenait, qu’on entendait au détour d’un verbiage actualisant, je savais pas trop qui c’était ce mec, ça m’intéressait pas plus que ça de le savoir, je veux dire, j’allais pas me précipiter sur wikipedia sans secouer longuement ma dernière goutte de pipi, j’aime pas les slips qui sentent l’urine, y’avait le feu nulle part et j’avais plein de rien à foutre à faire avant..

Mais y’a deux ou trois jours, j’étais chez la fille aux bougies, une petite escale entre ces trains, ces métros, ces bateaux, une petite escale dans sa maison roulotte, y’avais ma tablette galaxy note connectée sur SFR TV, y’avait une émission qui passait, ça parlait de Jeff Koons, j’étais sur la grande table de cuisine de la fille aux bougies, cet énorme truc en chêne insoulevable,

patinée jusqu’à l’adolescence,

quasiment woodstockienne, je grignotais du pain aux quatorze céréales  graine par graine, j’avais tellement pas faim, mais c’était tellement bon ce pain aux quatorze céréales, je me suis même demandé pourquoi quatorze, je veux dire, ils en ont discuté à la boulangerie ou bien c’est le chef lui même qui a claqué son autorité sous le joug de son propre inconscient freudien pour décider ce putain de pain aura quatorze céréales, pas une de moins, pas une de plus

Sinon, le monde s’écroule,

Le monde s’écroule pour un oui ou un non

pour un peut être, il tire à pile ou face..

.. donc y’avait une émission et un mec qui parlait sur  des images de dessin animé cheap..en fait c’était pas un dessin animé cheap, c’était les trucs que faisait ce type qui s’appelait Jeff Koons,

Va voir sur google images,

Tu as bien  tapé le nom, c’est bien ça, t’as vu ?

ça fait ennuyeux, inutile, ça fait surplus des galeries marchandes dans les pays soviétiques, ça fait marché aux puces portes de Montreuil stand des roms, ça fait triste à avaler plein de zolpidem..

Eh ben, non,

He ben non de pas du tout, j’y croyais pas, le type disait que Sothebys ou je ne sais qui avait vendu ces trucs genre plusieurs gagnants du loto qui chient sur leurs billets en or, des millions de dollars ou d’euros ou de trucs qu’on n’a pas ni toi ni moi..

Je me suis dit que je m’étais trompé de réalité, je veux dire, ; ils font tellement d’expérience en ce moment, à Lucerne, avec le boson de higgs, ils trifouillent la mécanique quantique et les univers multiples, ils ont pas fait gaffe ça a connecté quelque part et j’étais dans un autre univers ou des cacas de la tante simone sur son buffet henri II , s’appelait de l’art….

.. y’avait aussi le discours du type dans l’émission,

l’émission sur ARTE, pour te dire combien j’étais sûr qu’on avait basculé dans un univers en caramel,

Il disait en parlant de ce truc que je te mets là :

 

LXRV-PHOTO-SCULPTURE-JEFF-KOONS-BALLOON-MONKEY-ORANGE-CHRIST.jpg

 

-Ca nous interroge sur notre sexualité..

Regarde ce machin,

Ça interroge sur la sexualité,

Sérieux, mec, tu baises comment ?

Je veux dire, si ça t’interroge sur ta sexualité, je veux voir toi zob, je veux voir comment tu baises, avec qui ?

 

Et surtout.. pourquoi ?

05/12/2014

.... endless river...

….. et puis me voilà, en province ,

Je veux dire en province ailleurs que chez moi,

ailleurs que sur mon île

.. en province donc, dans une petite ville de campagne, vraiment jolie, je viens de la traverser à pied, je viens d’aller faire quelques courses à l’intermarché à trois bornes de la maison de la fille aux bougies, de sa roulotte à trois étages, j’ai acheté quatre paquets de café noisette pour machine senseo, c’est moins cher que sur mon île, des crevettes grises pour moi midi, tout seul et pour ce soir,  pour les deux, la fille aux bougies et moi, des coquilles saint jacques, j’ai traversé cette petite ville avec toutes ces maisons en pierres, ces pavillons posés en vrac sur les terres encore anciennes, encore sauvages, encore comme avant, les commencements de forêts,  les arbres couchés par les bucherons, avec les croix tracées à la craie rouge ou orange sur le tranché, c’est assez pauvre ici, je veux dire il y avait quelques usines qui ont fermées les unes après les autres, c’est des aides sociales, des chômeurs, des braconniers surement aussi, on  voit quelques poules dans les jardins, j’ai même entendu des chèvres sur le chemin, c’est assez pauvre ici, c’est pas encore très racaille, ça a gardé la trace ouvrière, ça a gardé cette odeur là, skaï rouge et formica…

….. et puis donc encore trois jours ici avant de rentrer chez moi, là bas, prendre le train et le bateau, j’en ai pris des trains ces jours ci, paris, stutgartt, tubingen..

… j’y ai passé quelques jours à tubingen, en allemagne, je suis revenu mardi de là bas, c’est une ville adorable tubingen, elle ressemble à un décor de comédie musicale, tout a l’air faux, tout a l’air de bonne humeur, les étals des marchés, on s’attend à ce que le type nous chante un truc en nous tendant ses pommes, c’est propre, y’a un petit canal qui traverse la ville, avec ses berges comme ça avec les arbustes, les bancs, les maisons anciennes, y’a un mini théâtre qui donne sur l’eau, j’ai lu rock and folk, c’était les seuls magazines qu’avaient les gens qui me logeaient, les rock and folk de maintenant, je veux dire, j’ai regardé les dates, c’est bien de cette année, on se serait cru dans les années soixante dix, tu sais, dylan, les pink floyd, brian ferry, ac/dc, les trucs qu’écoutait mon père,

      Mon père,  tu sais, qui est mort d’un coup, comme ça, du jour au lendemain,

Il avait quarante ans

J’en avais quinze

Depuis, ben oui, rien n’a changé,

…………enfin, je crois….