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13/01/2015

... wait.... (et no see)..

… et puis j’attends, .. je sais pas quoi, mais pas du tout quoi, mais je trouve pas d’autre mot que ça, j’attends, je cherche même pas à savoir pourquoi cette sidération après tous ces meurtres,

et pour peu qu’on tienne à une apparence fardée de mots, ce que l’on peut nommer l’irruption du réel,

Avec sûrement des majuscules,

L’Irruption du Réel

Voilà, c’est plus présentable

Ce doit être ça, le Réel, cette sorte de sidération

Oui c’est le mot : sidération,

Ce doit être cela le réel, surement parce qu’il n’existe tellement pas le réel dans nos constructions quotidiennes, on le confond souvent avec les contraintes, que ce soit ces trucs qu’on est obligé de faire, tout le temps quoi, on le mélange souvent avec le compte en banque, le réel existe, la preuve ? j’ai plus de fric, on le mélange avec ce genre de choses un peu casse-burnes parce qu’on se confronte au réel, parce qu’il faut faire avec le réel…

parce que j’ai rarement entendu que le bonheur était le réel,

On le confond souvent   au quotidien, le réel…

J’ai écrit plein de fois que ça n’existait pas le réel, que c’était un point de vue, une perspective, rien d’autre qu’une perception.

Surement, surement..

…………………et puis y’a la sidération qui surgit..

..cette irruption brutale de l’inattendu,

je sais pas ce que j’attends, mais je sais pas non plus pourquoi j’ai été sidéré, je veux dire, des meurtres il y en a des milliers tous les jours, et de bien plus atroces, si tant est qu’on puisse hiérarchiser… je lis ça tout le temps, j’écoute ça, je regarde ça tout le temps, les machins de bombardements, de décapitations, de poignardages, de bousillages, de tout ce truc qui n’arrête jamais jamais, j’ai pas le souvenir de cette sidération…

….. de cette contamination de sidération, tu sais comme une avancée visqueuse de cette substance qui te fige un peu, qui te stupéfie dans l’attitude dans laquelle ça t’a surpris, comme dans les ruines de pompei, quand le Vésuve a tiré son polaroïd en rigolant sur tous ces gens qui vivaient au quotidien….  

 

…Et cette substance nous a quasi tous figé, je m’en rends compte en écoutant la radio, la télé, les journaux que je me suis remis à lire, non pas vraiment à lire, y’a rien à lire dans les journaux réellement, à survoler… j’étais pas seul bloqué dans le gluant, j’étais pas seul dans l’écarquillement…

Je sais pas pourquoi j’ai été dans cette sidération, peut être que c’est ce que j’ai écrit là haut, juste l’irruption du Réel, dont je croyais me moquer encore et encore de ce simple regard tendre….

J’ai bien fait d’écrire, je sais ce que j’attends maintenant…

J’attends de sortir de cet état là, sans m’ébrouer, sans me forcer, tu sais, je suis dans ma minuscule maison tout seul, je n’ai rien d’autre à faire, j’ai le temps de laisser les choses venir sans les réveiller brutalement…

J’écoute Changeless de Keith Jarett, le piano qui caresse la nuit comme ça… j’ai commencé à arranger mon salon comme je respire, par touche colorée… j’ai une maison vers l’intérieur, pas vers l’extérieur, je veux dire c’est pas une maison pour montrer c’est une maison pour moi, pour ma respiration, pour  mon odeur…

…. Tout à l’heure le silence va venir.. mais pas tout de suite… je vais remettre un truc de piano, peut être encore Keith Jarett, personnal mountain ou quelque chose comme ça, je vais prendre la vieille couverture rouge, me mettre sur le canapé, retrouver ce polar que m’a filé la fille aux bougies, placer la lampe bien dans l’axe des pages pour que ce soit bien éclairé et laisser la vie continuer..

 

Parce que les autres, ils ont beau dire ce qu’ils veulent à la radio, à la télé, n’importe où : parce que les autres ils continuent rien du tout, ils sont morts et complètement morts..

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