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28/03/2015

.. archie shepp m'a saoulé j'ai mis gotan project..

.. et puis là j’écoute archie Shepp il est pas loin  de minuit, la température descend doucement, y’a encore cette odeur de douceur, je sens aussi mes paupières se fermer un peu, j’ai regardé Boulevard du Palais sur ma tablette, et ensuite j’ai encore ouvert ce bouquin sur Picasso, tu sais j’ai une vraie fascination pour picasso, j’ai découvert très tard ce type, j’ai du peut être déjà l’écrire, je ne m’en souviens plus, je laisse filer ma mémoire dans l’oubli, cela a si peu d’importance, j’ai une vraie fascination pour picasso, j’ai découvert ça à venise, dans le train exactement qui me menait à venise, j’avais acheté en poche ce truc d’une grecque Arianna stassinopoulos, ca s’appelle

picasso créateur et destructeur

je connaissais pas moi picasso, j’avais entendu le nom comme tout le monde, j’avais du voir quelques toiles comme ça, à droite à gauche, sans vraiment regarder parce que dans le fond on s’en fout complètement, j’ai jamais essayé de me forcer à avoir un avis intelligent ou même bête sur quoi que ce soit, ça me touche ou ça me touche pas, le discours autour m’intéresse pas, généralement je me mets en mode off, j’ai l’air très attentif, et sans dec je suis pas là du tout…

.. je sais pas pourquoi j’avais acheté ce bouquin, je sais même plus où, surement à la gare, surement dans de ces Relais hachette dans les gares, c’est sûrement la couverture et la grosseur du livre qui m’a attiré, les livres gros c’est comme un gros gouter quand t’es petit et que tu vois juste que c’est bon de manger, voilà, juste un plaisir, j’ai commencé le bouquin dans le train pour Venise, la douane suisse m’a cassé  les burnes, les deux fois où je suis passé par la suisse j’ai failli finir en taule, je sais pas ce qu’ils ont avec moi, là ils voulaient me faire payer je ne sais quelle taxe, moi et pas les autres, bon, j’insiste jamais, je me révolte jamais, je sais qu’on n’est jamais très loin d’une bavure ou d’un camp de concentration, je paye, OH PUTAIN, ils ne voulaient pas de mon billet parce qu’il était froissé

je déconne pas, ils voulaient un billet de banque tout lisse, ils prenaient pas les froissés, ils avaient dans leurs yeux toute l’histoire de l’humanité, tout pourquoi on en est là, cette insondable connerie, j’étais foutu, le type sortait ses menottes, je te dis j’allais finir mangé par les crocodiles suisses dans des geôles suintantes juste parce que mon billet était froissé, y’a un voyageur dans le wagon qui en a eu ras la casquette, il a sorti un billet tout lisse, il avait une voix grave, il a tendu le billet lisse mais comment on fait pour avoir des billets lisses dans une train de nuit pour Venise ? les types ont été obligés de me relâcher, j’ai senti que la prochaine fois j’y couperais pas, qu’ils tireraient d’abord, qu’ils tireraient très forts, j’ai senti ce besoin carnassier ….

… je suis retourné à mon bouquin sur picasso, je l’ai fini dans un petit hôtel san bartolomeo, pas loin du rialto, je l’ai fini en plongeant dans toute la vie de ce type, toute la période du bateau lavoir résonnait avec farandole en moi, j’avais vécu un peu ce genre de chose avec l’arménien, dans cet atelier de couture désaffecté qu’on squattait avec nos contrebasses, nos pinceaux, nos carnets, nos blocs de pierre, quand on fonçait dans la vie comme on s’enveloppe de tulle pour danser, la fille au visage de wermeer était magnifique avec ses seins gentils, et son regard à la marina vlady, elle dessinait avec une souplesse lumineuse, l’arménien se la jouait ténébreux, détenteur de secrets cosmiques, je pensais à rien,

parce que je savais pas qu’il fallait penser,

je savais rien du tout de tout ça, je cherchais quelque chose que j’avais jamais perdu,

c’est l’histoire des êtres humains ça,

alors tu comprends que j’ai plongé dans la vie de picasso comme on  se met de la mousse partout dans son bain en pissant dans l’eau, ce type était infâme avec tout le monde, absolument infâme et ne faisait rien d’autre que peindre, voilà…

.. je regardais tout à l’heure dans ces bouquins de mille cinq cent pages TASCHEN que j’ai de picasso deux ou trois toiles, période 1945 grosso modo, j’y connais rien c’est juste écrit en dessous, la palette est magnifique, tout est équilibré, il y a des dizaines de toiles dans le même genre, avec ce surlignement des formes, ces verts puissants, tomate.jpg ce contraste, je sais pas parler peinture, et c’est idiot de parler de peinture mais juste parler de soi devant une peinture, et là c’est une sorte d’ivresse, je sais pas pourquoi, ça fait trois quatre jours que je regarde à nouveau picasso, je m’occupe plus du bateau lavoir, juste les peintures et depuis trois quatre jours je tourne autour, j’imagine, je balance des mots dans ma petite maison de pierres, comme ça en l’air,

Alors,

Alors j’ai posé mon ordi noir sur la table de la cuisine, cuisine.jpg j’ai posé le bouquin sur picasso sur un superbe lutrin que m’a offert la fille aux bougies le mois dernier et j’ai ouvert un fichier word et j’ai commencé à raconter une histoire..

Comme ça venait..

Et ça venait,

J’avais envie de raconter une histoire que je connaissais pas..

J’ai pondu quatre cinq pages et puis..

...et puis..

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