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30/03/2015

...silence...

.. et puis merde, je me suis brulé la paume en voulant récupérer mon jean que j’avais mis à sécher au dessus du poêle et les boutons métalliques sont bouillants, j’y ai pas pensé et merde, ça me chauffe dur la paume de la main droite j’essaie de penser à autre chose

mais à quoi ?

… ça fait trois jours que je ne parle à personne sauf samedi ah oui, tu m’as appelé, tu avais quelques soucis, en ce moment c’est presque que ça qu’il arrive aux gens que je connais, des trucs un peu chiants, un peu triste un peu lourds, un mail qui me raconte la mort de quelqu’un,  un autre je sais pas trop quoi  mais ce doit être un problème grave, et puis non, non, cet après midi,  un mail très long, très gentil très agréable, quelqu’un qui avait retrouvé le plaisir de vivre, c’est la seule issue, la seule voie, la seule raison… ca m’a fait plaisir que tu ailles bien, que tu sois amoureuse que tout ça…

…. Mon téléphone sfr est en panne, le réseau j’ai appelé quarante six fois depuis une semaine, c’est l’antenne, ce ne sera pas réparé avant une semaine encore, je peux plus recevoir ni appels, ni textos sauf par viber et uniquement si je suis chez moi mais bon, je sors jamais sauf intermarché le matin et des fois un café avec le morceau de chocolat dans ce troquet sur une petit place à l’écart…

… j’ai continué à écrire mon histoire que j’invente sans réfléchir, sans y penser, sans savoir ce qu’il se passe, je le découvre en même temps pile que ça se passe, c’est un peu étrange ce truc, ça correspond à rien de ce qui m’anime, de mon palpitement de sang personnel, c’est pas un gros délire comme la dépression de madonna, passées les bornes, plus de limites, c’est pas un truc comme Who by fire, ma vie que j’invente, c’est autre chose, j’aime pas trop mais c’est bien de sortir de soi des fois, on se lasse de sa figure un peu par moment, c’est bien de se déguiser, j’ai écrit sur la table ronde en bois de ma cuisine à cause de la lumière, j’ai une lucarne sur le toit qui éclaire direct la table, y’a le mur en pierre devant moi, j’aime bien être là bas, je mets la musique dans le salon, en ce moment c’est gotan project et garbarek, et je tape, je tape je tape sur l’azerty, je lis après, je découvre après ce que j’ai écrit, je mets la ponctuation ensuite, j’ai tendance à virguler tout le temps, j’ai tendance à écrire comme je ne parle pas puisque je suis seul et même que la fille aux bougies est malade et quand elle est malade faut pas l’appeler, faut pas lui parler, faut pas exister, faut juste attendre qu’elle revienne, peut être ce soir un texto sur VIBER, peut être demain, peut être plus jamais…..

… il pleuviote depuis trois jours, il n’y a pas eu d’hiver, un printemps éternel on aurait cru, mais bingo, depuis trois jours ça bruine sans fin, je vais plus dans ma petite cour, j’avais acheté du terreau pour surfacer mes pots de fleurs, j’avais sorti un vieux meuble pour récupérer les planches mais tu penses c’est tout mouillé, c’est tout venteux, je suis chez moi, je sors pas, j’ai viré les étagères là haut, les étagères d’une des bibliothèques, les bouquins partout posés, huit cartons pleins, de la poussière venue de je ne sais pas où, j’ai voulu changer les planches, mettre les neuves qui me servaient à rien, j’ai transpiré tout l’après midi, j’ai vissé, dévissé, revissé, scié, je sais pas moi, des trucs parfaitement idiots pour qui n’y trouve pas son compte et putain le résultat est affreux, vraiment pas beau, un coup de désespoir quand j’ai vu ce pas beau, j’ai tout laissé en plan, j’ai été prendre une douche, j’en reviens, je me suis branlé dans la douche, fallait bien un truc dans cet après midi transpirante de vissage et dévissage, et puis je me suis posé sur le petit bureau dans le salon,

Et je t’écris là..

Enfin, je m’écris et je te raconte..

Salut toi…

28/03/2015

.. archie shepp m'a saoulé j'ai mis gotan project..

.. et puis là j’écoute archie Shepp il est pas loin  de minuit, la température descend doucement, y’a encore cette odeur de douceur, je sens aussi mes paupières se fermer un peu, j’ai regardé Boulevard du Palais sur ma tablette, et ensuite j’ai encore ouvert ce bouquin sur Picasso, tu sais j’ai une vraie fascination pour picasso, j’ai découvert très tard ce type, j’ai du peut être déjà l’écrire, je ne m’en souviens plus, je laisse filer ma mémoire dans l’oubli, cela a si peu d’importance, j’ai une vraie fascination pour picasso, j’ai découvert ça à venise, dans le train exactement qui me menait à venise, j’avais acheté en poche ce truc d’une grecque Arianna stassinopoulos, ca s’appelle

picasso créateur et destructeur

je connaissais pas moi picasso, j’avais entendu le nom comme tout le monde, j’avais du voir quelques toiles comme ça, à droite à gauche, sans vraiment regarder parce que dans le fond on s’en fout complètement, j’ai jamais essayé de me forcer à avoir un avis intelligent ou même bête sur quoi que ce soit, ça me touche ou ça me touche pas, le discours autour m’intéresse pas, généralement je me mets en mode off, j’ai l’air très attentif, et sans dec je suis pas là du tout…

.. je sais pas pourquoi j’avais acheté ce bouquin, je sais même plus où, surement à la gare, surement dans de ces Relais hachette dans les gares, c’est sûrement la couverture et la grosseur du livre qui m’a attiré, les livres gros c’est comme un gros gouter quand t’es petit et que tu vois juste que c’est bon de manger, voilà, juste un plaisir, j’ai commencé le bouquin dans le train pour Venise, la douane suisse m’a cassé  les burnes, les deux fois où je suis passé par la suisse j’ai failli finir en taule, je sais pas ce qu’ils ont avec moi, là ils voulaient me faire payer je ne sais quelle taxe, moi et pas les autres, bon, j’insiste jamais, je me révolte jamais, je sais qu’on n’est jamais très loin d’une bavure ou d’un camp de concentration, je paye, OH PUTAIN, ils ne voulaient pas de mon billet parce qu’il était froissé

je déconne pas, ils voulaient un billet de banque tout lisse, ils prenaient pas les froissés, ils avaient dans leurs yeux toute l’histoire de l’humanité, tout pourquoi on en est là, cette insondable connerie, j’étais foutu, le type sortait ses menottes, je te dis j’allais finir mangé par les crocodiles suisses dans des geôles suintantes juste parce que mon billet était froissé, y’a un voyageur dans le wagon qui en a eu ras la casquette, il a sorti un billet tout lisse, il avait une voix grave, il a tendu le billet lisse mais comment on fait pour avoir des billets lisses dans une train de nuit pour Venise ? les types ont été obligés de me relâcher, j’ai senti que la prochaine fois j’y couperais pas, qu’ils tireraient d’abord, qu’ils tireraient très forts, j’ai senti ce besoin carnassier ….

… je suis retourné à mon bouquin sur picasso, je l’ai fini dans un petit hôtel san bartolomeo, pas loin du rialto, je l’ai fini en plongeant dans toute la vie de ce type, toute la période du bateau lavoir résonnait avec farandole en moi, j’avais vécu un peu ce genre de chose avec l’arménien, dans cet atelier de couture désaffecté qu’on squattait avec nos contrebasses, nos pinceaux, nos carnets, nos blocs de pierre, quand on fonçait dans la vie comme on s’enveloppe de tulle pour danser, la fille au visage de wermeer était magnifique avec ses seins gentils, et son regard à la marina vlady, elle dessinait avec une souplesse lumineuse, l’arménien se la jouait ténébreux, détenteur de secrets cosmiques, je pensais à rien,

parce que je savais pas qu’il fallait penser,

je savais rien du tout de tout ça, je cherchais quelque chose que j’avais jamais perdu,

c’est l’histoire des êtres humains ça,

alors tu comprends que j’ai plongé dans la vie de picasso comme on  se met de la mousse partout dans son bain en pissant dans l’eau, ce type était infâme avec tout le monde, absolument infâme et ne faisait rien d’autre que peindre, voilà…

.. je regardais tout à l’heure dans ces bouquins de mille cinq cent pages TASCHEN que j’ai de picasso deux ou trois toiles, période 1945 grosso modo, j’y connais rien c’est juste écrit en dessous, la palette est magnifique, tout est équilibré, il y a des dizaines de toiles dans le même genre, avec ce surlignement des formes, ces verts puissants, tomate.jpg ce contraste, je sais pas parler peinture, et c’est idiot de parler de peinture mais juste parler de soi devant une peinture, et là c’est une sorte d’ivresse, je sais pas pourquoi, ça fait trois quatre jours que je regarde à nouveau picasso, je m’occupe plus du bateau lavoir, juste les peintures et depuis trois quatre jours je tourne autour, j’imagine, je balance des mots dans ma petite maison de pierres, comme ça en l’air,

Alors,

Alors j’ai posé mon ordi noir sur la table de la cuisine, cuisine.jpg j’ai posé le bouquin sur picasso sur un superbe lutrin que m’a offert la fille aux bougies le mois dernier et j’ai ouvert un fichier word et j’ai commencé à raconter une histoire..

Comme ça venait..

Et ça venait,

J’avais envie de raconter une histoire que je connaissais pas..

J’ai pondu quatre cinq pages et puis..

...et puis..

20/03/2015

....it's nice on your island ?...

.. et puis, je sais pas trop pourquoi j’ai repensé à elle, j’ai fait une recherche, son dernier mail datait du 4 septembre 2011, ça disait ça :

« « …pas envie d'être à Paris, je sais pas encore si c' est réel ou furtif, je crois que je vais partir rejoindre P…, bon espagnol catholique pour sa mama la journée, homo erectus bien dépravé dès que le soleil embrasse la mer dans la cala, tombé en amour alors que j'avais bu trop de herba, paille dans le nez et dans l'oreille de mon voisin de bar, et que je lui disais " t'as les yeux qui sentent le cul" en français pour faire rire mes copines, persuadée qu'il imprimait rien... Sauf qu'il le comprend très bien et le parle franchement pas mal... Et qu'il a pris la décision de plus me voir il y a cinq jours. Et que je vais faire un petit débarquement à Madrid cette semaine... Au pire j'irai voir les tronches de dégénérés des grands d'Espagne au Prado… » » »

……….je sais plus pourquoi on s’est plus écrit depuis et pourquoi aujourd’hui ça me manque, alors que je ne sais pas si, dans ces quatre ans écoulés,  t’as rebaisé avec P… qui a les yeux qui sentent le cul en français,

Ou pas 

il est  vingt heures trente sept, je suis sur mon ile darling, je t’ai envoyé un petit mail cet après midi et il m’est revenu, tu sais le truc FAILURE NOTICE et merde, je me suis dit, je me parle évidemment, à qui veux tu que je parle ?,  je vis seul ici, vraiment seul, j’ai pas d’amis, mais ça c’est pas plus mal, je m’ennuie tellement vite avec les gens, c’est toujours les mêmes choses qui se disent, je m’ennuie pas avec moi, je me parle, je me réponds, toujours des trucs qui me surprennent, enfin pas toujours assez souvent….

Aujourd’hui a été une journée un peu vide, un peu passée au téléphone, j’ai déménagé, la Poste ne suit pas, ils m’ont renvoyé mon courrier deux mois et puis plus rien, mon ex secrétaire m’a transmis un truc plutôt important et je me suis rendu compte que j’avais rien reçu depuis des mois entiers, ça m’a un peu emmerdé, je sais pas pourquoi,

…………….mais je sais que les trucs importants se dissolvent dans le temps sans laisser de traces, les traces c’est nous qui les inventons,

..les gens aiment tellement se plaindre qu’ils se sillonnent des traces sur eux pour montrer combien le passé les a tordu, tu parles, ça me gonfle un peu beaucoup ce déterminisme artificiel, je te l’ai écrit souvent :

TU PEUX TOUJOURS FAIRE AUTREMENT,

TU LE FAIS PAS, C’EST TOUT

…. et donc j’ai passé l’après midi au téléphone, à voir qui avait ma nouvelle adresse, qui ne l’avait pas, des trucs administratifs, des trucs casse burnes, et c’est comme ça que j’ai appris qu’un type que je connaissais a vu sa maison brûler entièrement y’a deux jours, dans la journée, y’avait personne,  il était au boulot, un court circuit..

Je l’ai appelé aussi donc, voir comment il naviguait avec ça, comment ça vivait quand même, ça vivait, ok, on se rappelle, j’ai dit, tenez moi au courant, la fille aux bougies était en double appel, j’ai enchainé,

elle me manque en ce moment,

j’étais avec elle y’a une dizaine de jours, là elle travaille un peu beaucoup, elle rentre tard le soir, on a des centaines de kilomètres entre nous, elle m’envoie un texto le matin à son réveil, m’appelle le soir en rentrant, on discute une heure ou deux pendant qu’elle se fait à manger, j’entends les bruits dans l’appareil, les tintements, l’eau qui coule, et puis je raccroche, j’allume ma tablette, application SFR TV, je regarde plus belle la vie ou Scènes de ménage, j’ai découvert, y’a pas longtemps, ça passe à la même heure, je regarde l’autre en replay et..

.. et puis j’ai repensé à cette fille  et j’avais envie de la lire encore, c’est un personnage de roman, vraiment, une zébrure genre rock ‘and roll, couleur destroy teintée de trash, une personnalité hors du commun, elle a acheté un appart à paris juste avant qu’on ne s’écrive plus, je sais pas pourquoi, elle m’a dit quand tu passes à paris n’hésite pas, je ne l’ai jamais vu cette fille, je sais pas pourquoi on est resté en contact, ses mails ont toujours été des éclairs de magnésium pour moi, elle a le don de la formule et du non attendu, c’est ça qui me plait chez elle, elle me surprend, totalement, parfois c’est extrêmement laconique quelques mots mais signifiants en diable, elle écrit en plusieurs dimensions, de mémoire une fois j’ai juste reçu ces quelques mots :

not guilty

Comme ça, jetés dans le vide, putain ça sonnait ça, juste deux mots sans contexte, ne se référant qu’à eux-mêmes

not guilty

Y’avait quelqu’un capable de m’envoyer cela sans rien attendre, je trouve ça bandant, une fois, elle m’a envoyé un texto un été, j’étais seul sur mon île, je racontais ça dans mes notes, elle m’a envoyé :

Si j’étais sûre que t’étais baisable, je te rejoindrais

Ça m’avait fait sourire, je lui ai répondu :

Si j’étais sûr que tu es baisable, je t’inviterai

On a rigolé je crois…

Mais voilà, le mail m’est revenu avec FAILUIRE NOTICE

Et merde..

Et puis je sais pas comment, j’ai tapé ton prénom dans la fonction Recherche de ma boite mail..

Et y’a une autre adresse mail qui est apparu..

O putain oui, j’ai envoyé

«  je sais pas si c’est toi, si c’est toi réponds darling »

La réponse est venue aussitôt

« Abe ? »

« Yes »

«  je  suis à paris, je suis en train de perdre 400 euros au poker.. »

C’était bien elle…

Ce matin un autre mail  à 7h 14 :

« Je ne sais pas si le bonheur existe mais l’ABSOLU, oui. 

Il fait beau sur ton île ? »

18/03/2015

....on leaves of grass... (je vais écouter ça)..

.. et puis j’avais ce truc de john zorn, le dernier album peut être, Hen to Pan, je l’avais pas écouté, mais bon il y a plein de soleil ce matin, ca remue dans le fond du ventre cette lumière, une dosette café à la noisette, j’ai appuyé sur le bouton rouge de la senseo, j’ai mis le Zorn et putain de merde, un truc hyper casse couilles à base de bruits et de je sais pas quoi, le deuxième morceau pareil, j’ai juste écouté douze secondes,

 tout le monde a droit à douze secondes de chance

avant le néant, 

 le troisième morceau que huit secondes avant que l’arrête j’ai pas écouté le quatrième.. va mourir, connard avec ton enregistrement de bruit, ça a fissuré un peu cette euphorie du matin, cette lumière, ce ciel bleu blanc, cette odeur de caresse douce, du coup j’ai passé le début du dernier Knopfler, Trackers, mais j’ai arrêté tout de suite, c’est bien sûrement, mais ça valait pas l’illusion d’une vraie musique de john zorn, ça valait pas une envolée de saxo, ça valait pas mon rêve…

… et puis, avant de m’endormir, je mets la radio, un podcast de gens qui parlent, je m’endors jamais avec de la musique, comme j’écoute réellement la musique je ne la mets pas souvent, sinon, je ne fais rien d’autre, par contre, j’écoute toujours des gens parlent à la radio, ça ne me dérange pas, j’ai un cerveau fait pour traiter plusieurs informations blablateuses, ça ne me dérange pas, au contraire, j’en ai un besoin profond, essentiel, je me suis demandé si ça avait un rapport avec ma solitude, j’en sais rien, j’ai toujours écouté en permanence la radio, tout et n’importe quoi, j’aime pas juste les émissions de ménage où les gens téléphonent pour raconter leur misère, ça ça me gonfle, on doit pas raconter ses misères, on ne doit pas en avoir non plus, la vie tu prends tout ce qu’il passe, ou tu prends rien et tu te jettes de la falaise, y’en a une de falaise à six cent mètres d’ici, à côté, tu vois pas le fond tellement tu meurs à la fin, tu te plains pas, ou alors tu payes un type ou une nana assis sur un fauteuil dans ton dos, les gens doivent être payés pour écouter les gens se plaindre, c’est un minimum….

Donc hier quand j’ai éteint la lumière j’ai mis un podcast et c’était une interview d’onfray, il passe partout à la radio à cause de son dernier bouquin, le huit cent douze millième, ce type écrit comme je vis, tout le temps, les trois quarts de ce qu’il publie sont hyper casse couilles, mais de temps à autre ça te positionne dans le désert, par action ou réaction, pour ou contre, ça te donne envie de parler aussi,… la dernière phrase que j’ai entendue, c’est – la mort n’a plus de mystère pour moi, après il a encore parlé mais j’écoutais pas, je suis resté sur cette phrase, la mort n’a plus de mystère pour moi, il disait, moi je me suis demandé et je crois que la mort n’a jamais eu de mytsère pour moi

Ou alors y a longtemps
Ou bien j'ai oublié
Ou ils sentaient pas bon

… je vois pas quel genre de mystère peut avoir la mort, la mort c’est tu meurs et y’a plus rien et puis c’est tout, et voilà, tu te poses plus la question de savoir pour et puis c’est tout puisque tu poses plus de question du tout et tu te demandes plus rien du tout, dejà quand tu dors tu te souviens de rien ou alors des bribes de trucs qui finissent en tas de cendres sur le rebord de ton matelas et quand tu dors tu en encore vivant, alors tu penses , quand tu es mort, c’est couic, the Total End, je vois pas où est le mystère, juste peut être que tu te raccroches encore du bout des ongles sur le rebord de la fin de ta vie, et que tu veux pas lâcher l’affaire, surement, un truc dans le genre, alors tu inventes des trucs sur la spiritualité et tout ça…

C’est pas simple de se résoudre à être rien, ce doit être ça, mais tu sais admets ça et tout va bien…

Y’avait aussi une autre émission sur le bonheur, mais y’a cette lumière dehors, y’a ce soleil, y’a ce blanc bleu, je vais me plonger dedans,

Je reviendrais, je te raconterais l’histoire de la princesse qui rencontre le prince qui lui met un doigt dans la culotte…

14/03/2015

.... what ? You 're sure ?...

…. et puis j’ai vu la une du Libération du week end, sur le virtuel et le réel, au vu de la photo il s’agit de réalité virtuelle, un type avec des trucs sur les yeux qui t’amènent te balader dans les volutes de la matrice, ce genre de choses binaire, en 0 et 1, ce genre de vertige tourbillonnant....
................tu vois, j’achète pas les journaux, je veux pas, je peux pas, je sais pas pourquoi exactement je trouve cela inutile, la presse avait une nécessité, surement, il était une fois et des poussières, je veux bien l’admettre même si… mais là, je vois plus trop laquelle, j’arrive plus à lire un article, c’est du remplissage, du blabla, du tirage à la ligne, c’est de l’à peu près, généralement, c’est des analyses de comptoirs, c’est des points de vue d’egos en mal de caresses, c’est des plumes de coq plantés dans du pinard chimique, c’est quoi qui est vrai exactement ? et puis ça change quoi vraiment de savoir qu’un type a été fracassé à l’autre bout du monde ? qu’est ce qu’on en fait de cette information ? qu’est ce que tu en fais aujourd’hui ? demain ? jamais ? .. ah oui, tu t’indignes…

…pardon, j’allais oublier l’indignation..

je suis, tu es, il est indigné..

voilà voilà…

Ça va nettement mieux, je le reconnais, le monde sent bon maintenant, même les poils dans le nez sont coupés ras, même le trou du cul est limite fragrance chanel, surtout si on s’indigne en mangeant bio…

Maintenant le contraire est vrai aussi, … les types sans infos, sans presse, sans journaux, ça mène peut être aux barbares qu’on voit avec leur cimeterre et leurs yeux rouges aller éventrer tout ce qui ressemble à un être humain, ça donne peut être ça le non-info, peut être, c’est pas simple tout ça, même si le type qui a égorgé en direct live le journaliste américain, james quelque chose, c’est un anglais je crois, élevé au Times, au daily Telegraph, avec le volant à gauche et la traversée aux passages protégés…

Bref j’achète pas les journaux, j’aime pas les journalistes, j’en ai côtoyé quelques uns, j’arrive pas à pas sourire quand je les entends, je me maitrise pas, je tourne la tête, je cherche pas à blesser non plus, le monde tourne parfaitement pareil sans moi, dis rien, je suis déjà parti…

..au troquet y’avait un libé en vrac sur le comptoir, j’ai emprunté pour survoler les deux trois premières pages sur la réalité virtuelle, tu sais j’ai lu un bouquin à la fin des années 80, un truc que j’avais vraiment aimé à l’époque, je te parle pas du style, je te parle pas de l’histoire, je m’en souviens plus bien d’ailleurs, mais du background, du décor, de la matière de ce texte,

Rock machine de Norman Spinrad,

Je sais pas si tu l’as lu, ça a du vieillir, sûrement, la fin des années 80, c’est un peu la préhistoire du 2.0, on gravait nos lettres sur des murs de grottes, je sais pas si tu t’en souviens, on jouait du dulcimer sous les tourelles des châteaux pour des adolescentes aux seins rougissants qui juponnaient nonchalamment en attendant, retroussées et cuisses entrouvertes sur des meules de foin estampillés Authentiques…..

.. ben en ce temps là, j’ai lu ce bouquin, ce Rock machine, je dois toujours l’avoir surement, dans un des cartons qui sont pas encore ouverts là haut au dessus de la chambre cabane, dans le grenier, je l’ai aussi en epub, pour liseuse, si tu veux, tu m’envoies un mail, je te l’envoie, mais je t’ai dit, je l’ai pas relu depuis, j’ai peut être tout réinventé, comme un désir d’enfant qui n’a pas encore éjaculé…

Les gens étaient shootés à la réalité virtuelle, ils se fourraient des casques sur le crâne et s’oubliaient dans une vie inventée, dans des scénarios parfaits, une vie en hologramme sans infection purulente des griffures de l’attente, dans une synchronisation parfaite entre le désir et l’être, jouissance toujours renouvelée, infinie, inaltérable, en kevlar de l’âme si tu penses que l’homme sans dieu c’est une bite sans une langue douce qui glisse dessus en souriant….

Y’avait ça dans ce livre, y’avait aussi plein d’autres choses, y’avait l’invention de musique par ordinateur, du Grand Remplacement des stars rock ‘rolliennes par des avatars créés de toutes pièces dans des ordinateurs scintillants….

Y’avait aussi je crois une Révolution contre les méchants, sérieusement, on n’est pas crédible si on se révolutionne pas contre des méchants, tatata, c’est le coup d’après l’indignation, mais avec des mots..

Juste des mots bien dessinés et joliment coloriés parce que tu vois..

.. tu vois, c’est très difficile en vrai de différencier un méchant de toi ou moi, il parait que ça dépend de l’éclairage..

De la perspective…

Du pays,

De la région,

De la ville,

Du quartier,

De la rue,

de l’étage,

De la couleur,

De l’Histoire,

Du texte,

Des habits,

Du rire,

De..

Il parait…

On en reparlera..

12/03/2015

...once...

.. et puis je me réhabitue à la solitude totale, à part la caissière d’intermarché les trois minutes du tapis roulant, ou un matin sur deux le quart d’heure au café où je n’échange même pas un mot, la serveuse m’amène mon café, le petit chocolat qui va avec et un mini verre d’eau, à part cela, je suis chez moi, à ne voir personne et à ne parler à personne, c’est assez étrange, je m’y réhabitue petit à petit, hier il a fait très beau, j’ai sorti mon échelle d’aluminium, mon sécateur, j’ai cisaillé le haut des arbustes de je en sais quoi qui me servent de haie, sur les cinq ou six mètres de façade sur la rue, c’est des arbustes de lande, planté par un peintre (du genre artiste peintre) à qui j’avais passé ma baraque un hiver ou deux il y a de cela plusieurs siècles, j’étais sur mon échelle quand ce type connu et vieux qui habite tout à côté est passé avec sa femme, il va prendre son café, il a fait la couverture d’un magazine la semaine dernière, j’ai vu cela chez la fille aux bougies, il a dit bonjour comme ça, sans même lever les yeux, il s’en fout un peu de tout le monde, je ne l’ai pas vu parler à grand monde à part sa femme, pas d’arrogance, non, juste un désintérêt total, il est gentil, mais il s’en fout, c’est tout, je deviens comme cela aussi, de plus en plus, même si parfois, quelque chose se fait sentir le manque de l’esquisse d’une absence, mais à peine, comme une nuée de moucherons saouls, qui s’effacent à la lumière…

Je t’écris en écoutant l’album  de benjamin clementine, je l‘avais complètement oublié, c’est en tournant la molette de l’ipod que je suis retombé dessus, j’ai mis cela assez fort, y’a les notes de musique et sa voix qui se roulent sur mes murs que j’ai repeints pour la plupart en jaune orangé, celui en face de moi, là, est vert pomme, la fille aux bougies adore le vert pomme, c’est en pensant à elle que j’ai peint ce mur, mais ça ne va pas au niveau de la lumière, le jaune orangé me manque, je vais lui faire un sort d’ici pas longtemps, ensuite dans l’après midi d’hier, j’ai commencé à nettoyer les huit mètres carrés de mon mini jardin, j’ai ratiboisé les petits bosquets de je ne sais pas quoi, j’ai aéré la terre, j’ai arraché des trucs, au hasard, j’ai fait un gros tas d’herbe et de branchage en vrac dans ma cour, j’ai continué un peu ce matin, en délierrant le mur de pierres, j’en ai eu marre de ce lierre, là, c’est une vraie galère de delierrer, ça s’infiltre partout, ça envahit, ça occupe, ça étouffe, c’est la guerre quoi, je ressens dans les muscles de mes bras les gestes répétitifs de tout ça, il est presque 14 h, il fait pas très beau aujourd’hui, c’est couvert, il faut que je descende les cinq sacs de pellets que j’ai dans ma voiture, que je la charge de ce gros tas à amener à la déchetterie, j’ai écrit sur une feuille ce que j’avais à faire aujourd’hui :

-                         -  Etagère pour le petit placard

-                          - Continuer jardin,

-                           -Vider voiture

-                         -  Faire trois tas de tout ce que j’ai écrit :

 •Un tas de La Dépression Nerveuse de Madonna (j’ai jamais relu, le clore ?)

• un tas de Who by fire (j’aime bien ce truc, j’y invente ma vie à fond les manettes)

•un tas de Saint Honoré (c’est plein de notes sur quelque chose de l’ordre du pourquoi du comment  je m’en fous de tout) (mais avec genre une histoire)

Il est quatorze heures une,

je ne m’accroche pas trop à cette information,  

j’ai l’impression que ça ne va trop durer

10/03/2015

... one more cup.. (mais pas n'importe laquelle)

.. et puis j’avais cette sensation frissonnante tout cet après midi, tu sais, cette sensation de basculement dans cette zone un peu jouissive de demi sommeil, quand les cartes sont toutes mélangées mais que tu les sens au bout des doigts, que leur simple contact, le carton froid sur les paumes des mains, quand tu les frottes et que ta vue se trouble un peu avec cette toute puissance au bout du souffle, quand le passé et le présent sont dissous, quand tu t’appartiens complètement, totalement, quand tu  sens que quelque chose te dépasse un peu… c’est à ce moment là que je prends un stylo, un carnet ou que j’ouvre un fichier word, c’est à ce moment là que je me parle, que je me dis ce que j’ai à me dire, c’est à ce moment là que le temps est absolument parfait, rien à modifier, suspendu à quelques centimètres de toute réalité, je ne sais pas si connais ce genre de sensation ou pas, je ne rien de toi tout compte fait, mais bon, mon portable a sonné, j’ai décroché trop tard, j’ai reçu un texto, je rappelle dans 5 minutes, j’attends là, c’est un de mes anciens adjoints, du temps où j’étais chef dans ce superbe endroit, un vrai parc paysager, je regardais les jardiniers entretenir tout ça, je me baladais des fois à l’autre bout, cet adjoint avait son bureau là bas, il m’offrait un café, on discutaillait de tout et de rien, il me montrait comment il travaillait bien, il avait besoin d’être rassuré, beaucoup sont comme ça, avec ce besoin jamais assouvi, ça devait surgir de son histoire personnelle, surement, son café était moins bon que le mien, il n’avait pas compris l’importance des tasses, il faut que les tasses soient belles, je les choisissais avec soin, surtout pas en verre ni en porcelaine, ni ce genre de truc froid, une tasse se devait d’être chaude toujours, en terre, se devait d’avoir une histoire, on boit un café en inventant l’histoire de la tasse, c’est pareil pour la vie, on la savoure en inventant son histoire, et…

…et j’avais cette sensation toute l’après midi de basculement limite dans cette zone magnetisée, l’envie d’écrire, mais je suis resté au bord de l’orgasme, j’ai pas trop bougé de ce frisson là, j’ai cherché sur spotify du schubert, trio pour violon n°2, je sais pas pourquoi j’avais envie d’écouter ça, peut être que ça coloriait cette vapeur de cette teinte bleutée, peut être…..

Mais je voulais te parler d’autre chose,

J’ai oublié quoi …

09/03/2015

... home...

… et puis, j’ai pris le bateau à la nuit tombée, j’ai roulé toute la journée, je suis arrivé en avance, j’ai posé ma voiture devant l’embarcadère, j’avais trois heures devant moi, ils ont supprimé le bateau de 16h, il faut attendre le soir maintenant, j’ai pris mon petit sac de cuir rouge, j’ai hésité, il faisait doux, mais j’ai quand même enfilé mon blouson de cuir marron, et j’ai marché jusqu’au centre ville, j’ai pris mon temps, y’avait tous ces bateaux de plaisance et de pêche, là,  juste devant, ça me manquait, je m’en suis aperçu au petit frisson que j’ai eu quand j’ai senti la mer, et aussi quand je suis monté le soir dans le bateau métallique, l’odeur du fuel, de la graisse lourde, le bruit des cliquetis, mais ça c’était le soir, j’avais trois heures devant moi, j’ai marché jusqu’aux rues piétonnes, je savais pas si c’était ouvert le lundi mais oui, la plupart des boutiques oui, y’avait aussi les terrasses de café, les filles par groupe, les cheveux longs, les rires, les clopes qu’elles enfilaient entre leurs lèvres en levant les yeux au ciel, y’avait aussi les mecs avec leur casquettes, leur bonnets, la barbe de trois jours, les écharpes enroulées trois fois, et plus loin, j’ai vu une grande librairie, une vraie librairie, sur trois étages, pas une fnac, non, la fnac est plus loin, une librairie avec des gens dedans, ça fait mille ans que je n’ai pas mis les pieds dans une librairie, autrement que sur le site d’amazon, y’avait des affiches, entrez ici, vous serez ailleurs, y’avait des milliers de bouquins, je me suis baladé comme ça, lentement, sans rien chercher de particulier, et puis je me suis souvenu d’un truc que je voulais voir, j’ai demandé à la femme aux cheveux blancs où était rangé le Journal de Philippe Muray, le titre c’est un nom latin, Ultima necat, je sais pas ce que ça veut dire et je m’en fous un peu… elle a sorti le bouquin, il était dans un carton, elle m’a dit, merci, j’ai fait, le bouquin est relié en grosse couverture cartonnée, bien épaisse, à l’ancienne, tu sais, un vrai bouquin, rien qu’en le voyant je savais que  j’allais le prendre, j’ai feuilleté, j’ai lu au hasard, dans la danse du regard qui survole, ça avait l’air bien chiant, j’ai lu philippe muray dans les années 90, je sais plus comment j’étais tombé dessus, j’avais tout enfilé ou presque, pas vraiment quand même parce qu’il en a pondu une palanquée, j’avais bien aimé Désaccords parfaits, le dix neuvième siècle à travers les âges, son Céline, un ou deux exercices spirituels, et puis aussi son gros roman On ferme, écrit à la Destouches, ce langage parlé écrit, je l’ai retrouvé en vidant des cartons là haut, dans mon grenier, j’ai du le poser sur une étagère là bas, j’avais été étonné par ce qu’il écrivait, il pensait pas comme les autres, il était contre tout ou presque, mais pas dans le genre révolté de gauche, à la mord moi le nœud ..
                                     mais pas trop fort, ça fait mal,
..........mais contre ce qui me semblait évident, ces valeurs qu’on croyait partager avant que je comprenne que c’était pas vrai vrai, avant que je ne comprenne que l’homme bon n’est que celui qui n’a pas eu les moyens, la force de ne pas l’être, n'oublie pas, l'homme est un barbare à l'origine, regarde autour de toi, regarde, c'est pas simple à admettre mais l'homme est une ordure intégrale de nature, y'a que deux choses qui le bloque: l'empathie et l'angoisse de la mort, c'edst l'origine des lois, c'est l'origine de la civilisation, j'y reviendrai, ou pas, plus tard, et en lisant Philippe muray, y'a pas à être d'accord ou pas, je ne me souviens plus de ce qu'il écrivait, il est classé dans la zone des méchants peut être, je m'en fous, mais ce qui me semblait universel avant que je ne décrypte un peu les mots comme des auto collants pour cacher la misère de la pensée, avant que je ne comprenne un peu, tout ça a été éclairé différemment, des paysages entiers qui apparaissaient, le monde n'était pas ce que je croyais, …..   ....je crois que c’est lui qui m’a appris à questionner les évidences, ce qui semble naturel, partagé, non discutable, c’est lui peut être qui m’a appris à sortir un peu des formes géométriques, des phrases toutes faites, je sais pas trop ce qu’il a écrit, je m’en fous d’ailleurs, mais en lisant je réécrivais ma propre pensée, c’est comme ça un vrai bouquin, je crois, un truc que tu lis pas mais que tu réécris en même temps, il se foutait de l’homme festivus, Jack lang était passé par là, la fête devenait obligatoire, j’ai jamais aimé les fêtes, ça m’a toujours gonflé, j’ai vu que j’étais pas le seul, ça fait du bien de pas être seul des fois, même si là, je suis content d’être enfin rentré chez moi, seul, je suis pas fait pour pas être seul longtemps trois jours ça va,  plus ça va plus….

J’ai respiré l’odeur de la graisse lourde sur le pont du bateau, l’odeur du mazout quand les moteurs se sont mis en marche, il commençait à faire nuit, j’avais dans mon sac de cuir rouge le journal de philippe muray, je sentais son poids, je suis pas sûr d'avoir envie de le lire, .........et puis, à coté sur le siège de bois y’a une vieille toute moche toute sale, toute grosse qui s’est assise, elle dégageait des molécules de sueur rance et de slip mal lavé, elle a pris un bouquin, j’ai jeté un œil sur le titre Primo levi, Si c’est un homme, voilà, la mer était grise maintenant, presque la nuit,

Je rentre chez moi..