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02/04/2015

... my name is Ruiz, pablo ruiz...

.. .et puis je suis devant le petit ordi blanc sur la table de bois du salon, l’autre, le noir est sur la petite table ronde de la cuisine qui m’a donné ce type qui vit maintenant sur une péniche, y’a garbarek sur les enceintes encore, le concert de Dresden, je sais même pas où c’est Dresden , ça sonne allemand, c’est sûrement allemand et tiens j’ai vu trois minutes sur ma tablette Shoah, le film de l’autre, Lanzmann, je suis pas sûr d’apprécier ce type, je sais pas pourquoi, je ne le connais pas je n’ai rien lu de lui, ça se trouve on se manque l’un à l’autre, mais de loin, comme ça, dans ma fantasmagorie, je suis pas sûr d’apprécier, mais bon, j’ai vu trois minutes de Shoah, j’en avais entendu parler, j’avais jamais regardé, et puis j’ai arrêté la tablette……… ………c’est hypnotique et je suis extrêmement dubitatif sur l’utilité quelconque de la mémoire, avec un grand M, comme dans Mémoire, si se souvenir avait réellement une utilité, on serait quelque part au lieu d’être ici, je crois, mais je n’ai aucune théorie sur rien de rien, ni même d’avis, juste je regarde le monde, je regarde et ça suffit….

 

……………….j’ai vu trois minutes et j’ai stoppé la tablette qui a les chaines de télé, j’ai ouvert mon fichier word où j’écris, j’ai pas pu m’empêcher de modifier la dernière phrase puis la phrase d’avant, il faut pas que je me relise, chaque fois que je me relis, j’écris autre chose par-dessus, je préfère rester avec cette vague rémanence de l’avant, d’hier,  comme dans la vie, comme aujourd’hui, les vagues vapeurs d’hier et juste une toute petite accroche de demain, et moi planté dans la journée, vigilant à ne déborder sur rien……

……..j’ai modifié les dernières phrases donc et j’en ai commencé une nouvelle, j’ai très peu écrit aujourd’hui, un seul mot en fait, j’en avais envie, j’en avais des bouffées comme ça, ce matin, en allant boire mon café sur la terrasse dehors du café sur la petite place en retrait, il faisait doux, je lisais le bouquin de brassaï, conversations avec picasso, je t’en ai parlé il n’y a pas longtemps, je ne lis ce livre qu’à la terrasse de ce café, il est dans le réceptacle sous le siège du scooter, et je le sors et je bouquine quelques pages en buvant mon café avec le bout de chocolat et ce matin ce n’était pas un chocolat mais un petit gâteau et ça non….

……….page 99 de mémoire, picasso explique qu’il a choisi de s’appeler picasso , le nom de sa mère, à cause du s redoublé, ça lui plaisait ça, le double ss, il parait que c’est rare en espagnol, je n’en sais rien, il disait que matisse avait deux ss, que le douanier rousseau aussi et quelqu’un d’autre encore, c’est pour ça qu’il s’est appelé picasso alors que son nom est Ruiz, et pablo ruiz, ça le fait pas…

J’ai arrêté de lire à cet endroit, volontairement, cette histoire de double S me plaisait, j’ai tout de suite décidé de doubler le s du nom d’un de mes personnages, mais voilà : il n’y avait pas de s dans le nom que j’avais choisi .. pas facilement d’ailleurs, parce que j’aime pas choisir des noms, le seul qui me soit venu pour un des personnages, pas le central, le central, c’est Je, tout le monde s’appelle Je, j’écris toujours dans l’universel…. Mais l’autre il lui fallait un nom parce qu’il y avait une histoire de signature dans l’histoire que je raconte…  le nom qui m’est venu ça a été brutal en sortant de mon bain, ça a été NEWARK… Newark c’est la ville où a vécu Philip Roth et ça ça me bottait, ça me rappelait ma demi frangine qui vit à l’autre bout là bas et qui m’a pas donné de nouvelles depuis au moins dix jours, 

 si ça se trouve je suis mort et elle ne le sait pas, elle le regrettera toute sa vie…..

.. Newark, c’est aussi je crois la ville de Woody Allen, ça doit être un ghetto de juifs comme Sarcelles si ça se trouve, mais bon, je m’en fous, Newark, ça m’allait sauf..

SAUF qu’il n’y avait pas de S que je pouvais doubler, comme picasso, il n’y a pas d’S du tout dans Newark.

Bon.

Vers 16 h j’ai allumé mon ordi noir, j’ai pointé Newark sur le fichier Word et je l’ai remplacé par

NE(ss)WARK

j’ai rien écrit d’autre.

J’ai été prendre un bain chaud avec de la mousse, ensuite j’ai allumé la radio et je me suis endormi sur le canapé.

NE(ss)WARK

Je sais faire, y’a pas à dire.

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