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24/04/2015

.. otis taylor 'note..

.. et puis je ne sais plus trop ça fait deux jours que je dois débarrasser derrière, la petite cour de quatre mètres sur cinq, débordée par les chutes de bois, les vieux machins informes qui trainent là depuis je ne sais combien d’années, y’a une petite construction, le petit appentis en mâchefer que je veux faire démolir et refaire en bois par la plus jolie fille du monde ou du moins du secteur, elle était là hier en fin d’après midi avec un de ses potes maçon qui doit casser le truc, faire une dalle de béton et aussi plus tard refaire la cour devant en pavés mais ça c’est après..

Elle était là hier avec l’autre femme qui me fait mes travaux de force ici, mais l’autre femme, c’est plutôt taillée à la serpe, elle a mesuré, j’adore regarder cette jolie fille, la plus belle du monde, je te rappelle, avec ses petits seins sous son tee shirt, ses yeux verts, ses cheveux roux,  son jean taché de plâtre, j’adore la regarder sortir son mètre, sautiller pour voir mais qu’est ce qu‘il y a derrière le mur ? et le gars, le maçon, un de ses copains qui est venu a dit, je pourrais pas charger ça tout seul en parlant d’un truc de béton pas mal lourd, et elle a dit, je t’aiderai, tu peux compter sur moi, à deux pas de soucis…  le photographe est passé à ce moment là, avec son blouson de baroudeur et sa voix de bluesman cassée, « on va boire une bière au port ? il a demandé, j’ai dit oui, on finit de mesurer là, et je viens, on boit des bières tous les soirs maintenant, au début c’était des petites grimbergen , juste des galopins, pour le gout,pas plus, maintenant c’est par trois qu’on les descend en avalant les cacahuètes, le serveur, un jeune mec qui m’aime bien, demande rien, dès qu’on arrive, on a notre place face à la mer, mi soleil mi ombre, on a nos bières glacées, on a nos cacahuètes, on entend les voilures des bateaux de plaisance, y’a jamais trop de monde, juste un couple ou deux, juste une jeune femme avec sa liseuse qui la joue solitaire en quête de romantisme, juste un vieux mec qui écume les bars les uns après les autres, ce vieux mec je le vois toujours tout seul depuis je ne sais combien d’années, il s’est fait un look tartarin de tarascon et qui connait tartarin de tarascon aujourd’hui, il boit lentement une blonde pression et puis il change de troquet…

Tous les soirs, on va sur le port avec le photographe qui rentre sur paris la semaine prochaine et moi aussi je pars la semaine prochaine je vais rejoindre la fille aux bougies, on va aller au sud de la France une semaine, je serai à moins de vingt kilomètres de cette fille que j’aime que j’appelle ma quasi sœur, mais qui est dans ma vie secrète, je ne la verrai pas, je serai tout près d’elle et je ne la verrai pas, je serai avec la fille aux bougies, je mélange pas mes vies, j’attends de mourir pour ça, on verra après, …

Et donc tous les soirs on va boire nos bières et y’a du monde qui vient nous rejoindre comme ça, on connait entre lui et moi tant de gens que je me demande comment je peux être aussi seul des fois, mais bon, là il fait beau, on boit nos bières et y’a des gens qui s’asseyent avec nous, hier c’était un musicos, le guitariste d’un chanteur très connu, il est venu boire avec nous deux soirs de suite, m’a refilé son téléphone, tu veux que j’en fasse quoi, sans déconner ? je lui ai pas dit mais il sait pas que j’appelle personne, mais hier, on a discuté comme ça pendant une heure ou deux, il faisait beau, je te dis, ensuite je suis rentré chez moi, il parait qu’il va pleuvoir, y’a ma cour à débarrasser derrière mais j’ai pas envie, j’ai une sorte de fatigue venue de nulle part, je crois qu’il est temps ,que je ressorte mes carnets noirs et que de mon écriture manuscrite illisible je me parle un peu..

Juste moi et moi..

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