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26/04/2015

.. sunday's blues...

… et puis j’ai pas écrit sur mon carnet noir, ou si peu, je ne me souviens plus trop de ce que j’ai fait hier, un après midi du genre sous la couette sur le canapé à regarder des replays sur ma tablette, oui oui, samsung noire 10.1, à lire la biographie de richard descoings, le mec qui dirigeait science po et qui est mort je sais plus comment dans une chambre d’hôtel, à écouter et réécouter otis taylor, opus red meat, la reprise en deux versions de hey joe et y’a des chansons comme ça, sur deux ou trois accords dont on ne se lasse pas et je t’ai dit j’aime pas trop écouter les chansons sauf quelques unes comme ça, quelques unes transcendées par autre chose, surtout s’il y a du violon, comme hurricane de bob dylan, la version qu’a suggéré sur twitter KMS, celle de 1975, du temps ou les Smartphones sentaient la foufoune et où le passé ressemblait tellement à l’avenir qu’on ne savait même pas que le présent existait..

….pour te dire..

.. et puis, aujourd’hui, la journée se présentait pareil, temps flageolant sur ses guiboles, lumière plutôt ecclésiastique, forme moyenne, j’ai été boire un café ce matin à la terrasse du troquet de la petite place en retrait du bourg, le photographe m’a rejoint puis un autre type, un autre type dont je te parlerai un  jour surement, parce qu’il ressemble au mec que j’étais ou que je croyais être au temps de la fille au visage de Vermeer, il est avec une fille de la même respiration, parce que chaque fois que je le vois il me semble évident que la mécanique quantique a réellement enfanté des univers parallèles et que juste il ne faut pas trop y faire attention, juste resserrer tout ça sur le réel, enfin ce qui résulte de sa perception :

- une terrasse de café un matin de dimanche sur une île minuscule quelque part dans l’océan,

- trois mecs qui rigolent comme des ados de tout et de rien,

-et puis y’a la factrice qui est arrivée, la très jolie factrice, de plus en plus jolie, elle vient tous les dimanche prendre l’apéro avec son mari et quelques copines, on s’embrasse, on se dit comment tu vas, on se sourit, on retourne à nos places, c’est dimanche matin..

J’ai repris mon scoot et suis passé par le carrefour à la sortie du bourg acheter du hareng et des fraises, je suis pas très sur que ça aille bien ensemble mais bon, on peut pas tout contrôler,

.. j’ai pas écrit depuis longtemps, si je croyais en la psychanalyse je dirais que..

mais je n’y crois pas…

alors je dis juste que….

24/04/2015

.. otis taylor 'note..

.. et puis je ne sais plus trop ça fait deux jours que je dois débarrasser derrière, la petite cour de quatre mètres sur cinq, débordée par les chutes de bois, les vieux machins informes qui trainent là depuis je ne sais combien d’années, y’a une petite construction, le petit appentis en mâchefer que je veux faire démolir et refaire en bois par la plus jolie fille du monde ou du moins du secteur, elle était là hier en fin d’après midi avec un de ses potes maçon qui doit casser le truc, faire une dalle de béton et aussi plus tard refaire la cour devant en pavés mais ça c’est après..

Elle était là hier avec l’autre femme qui me fait mes travaux de force ici, mais l’autre femme, c’est plutôt taillée à la serpe, elle a mesuré, j’adore regarder cette jolie fille, la plus belle du monde, je te rappelle, avec ses petits seins sous son tee shirt, ses yeux verts, ses cheveux roux,  son jean taché de plâtre, j’adore la regarder sortir son mètre, sautiller pour voir mais qu’est ce qu‘il y a derrière le mur ? et le gars, le maçon, un de ses copains qui est venu a dit, je pourrais pas charger ça tout seul en parlant d’un truc de béton pas mal lourd, et elle a dit, je t’aiderai, tu peux compter sur moi, à deux pas de soucis…  le photographe est passé à ce moment là, avec son blouson de baroudeur et sa voix de bluesman cassée, « on va boire une bière au port ? il a demandé, j’ai dit oui, on finit de mesurer là, et je viens, on boit des bières tous les soirs maintenant, au début c’était des petites grimbergen , juste des galopins, pour le gout,pas plus, maintenant c’est par trois qu’on les descend en avalant les cacahuètes, le serveur, un jeune mec qui m’aime bien, demande rien, dès qu’on arrive, on a notre place face à la mer, mi soleil mi ombre, on a nos bières glacées, on a nos cacahuètes, on entend les voilures des bateaux de plaisance, y’a jamais trop de monde, juste un couple ou deux, juste une jeune femme avec sa liseuse qui la joue solitaire en quête de romantisme, juste un vieux mec qui écume les bars les uns après les autres, ce vieux mec je le vois toujours tout seul depuis je ne sais combien d’années, il s’est fait un look tartarin de tarascon et qui connait tartarin de tarascon aujourd’hui, il boit lentement une blonde pression et puis il change de troquet…

Tous les soirs, on va sur le port avec le photographe qui rentre sur paris la semaine prochaine et moi aussi je pars la semaine prochaine je vais rejoindre la fille aux bougies, on va aller au sud de la France une semaine, je serai à moins de vingt kilomètres de cette fille que j’aime que j’appelle ma quasi sœur, mais qui est dans ma vie secrète, je ne la verrai pas, je serai tout près d’elle et je ne la verrai pas, je serai avec la fille aux bougies, je mélange pas mes vies, j’attends de mourir pour ça, on verra après, …

Et donc tous les soirs on va boire nos bières et y’a du monde qui vient nous rejoindre comme ça, on connait entre lui et moi tant de gens que je me demande comment je peux être aussi seul des fois, mais bon, là il fait beau, on boit nos bières et y’a des gens qui s’asseyent avec nous, hier c’était un musicos, le guitariste d’un chanteur très connu, il est venu boire avec nous deux soirs de suite, m’a refilé son téléphone, tu veux que j’en fasse quoi, sans déconner ? je lui ai pas dit mais il sait pas que j’appelle personne, mais hier, on a discuté comme ça pendant une heure ou deux, il faisait beau, je te dis, ensuite je suis rentré chez moi, il parait qu’il va pleuvoir, y’a ma cour à débarrasser derrière mais j’ai pas envie, j’ai une sorte de fatigue venue de nulle part, je crois qu’il est temps ,que je ressorte mes carnets noirs et que de mon écriture manuscrite illisible je me parle un peu..

Juste moi et moi..

18/04/2015

.. one by one...

.. et puis c’est le matin, je viens de boire mes trois cafés machine senseo, dosette à pas chères, enfin le moins cher possible, avec goût noisette, ; il a plu cette nuit, y’a des gouttes sur la selle de mon scoot dehors, la table en teck de jardin est mouillée aussi, il fait couvert ce matin et …….   … ah oui, j’ai entendu la dernière fois à la radio un type qui disait qu’Elmore Leonard, un  écrivain de je ne sais pas quoi, j’ai la flemme de taper google pour vérifier, si ça se trouve j’en ai lu de ses bouquins, si ça se trouve non, et tu vois l’un comme l’autre, rien n’a changé, donc de l’inutilité de lire parfois.. …………mais bon, à la radio y’a un type qui vient d’écrire une biographie de Elmore Leonard, disait que ce dernier avait établi une série de 10 règles pour écrire… la première était de ne pas commencer par la météo, de ne pas dire le temps qu’il fait… hahahahaha… du coup je me suis dit que MOI, en tant que rebelle solitaire et donc par là même estampillé Vrai Artiste contre la guerre qui est pas bien et le racisme qui est mal, il suffit de le dire pour changer les choses, et qui donc, par pur esprit de contradiction adolescente, j’allais commencer tous mes textes par la météo et établir une série de UNE seule règle pour écrire et la voilà :

-         - Ne suivre aucune règle

Je te laisse t’ébouriffer dans ce paradoxe temporel…

………..et donc le ciel est couvert, j’ai bu mes trois cafés, la radio est allumée sur la table de la cuisine, j’écoute la radio sur une appli sur mon tel samsumg S4 qui a téléchargé tout seul la nouvelle version  d’Android 5 lollydrop, pour te dire que l’électricité vient jusqu’ici et que je suis bien immergé dans mon époque, j’écoute mla radio, il est neuf heures ils disent, je vais aller faire les courses tout à l’heure, j’ai fait une petite liste, je me suis levé avec un drôle de vertige, dans la salle de bains j’ai vu des taches rouges dans mon lavabo, et le miroir m’annonçait que je saignais du nez, ah ?... j’ai lavé tout ça, je vais voir comment ça évolue et faire quand même mon testament…

Hier le photographe est revenu, on a été boire une bière, deux en fait, sur la terrasse en surplomb sur le petit port, le gars nous a amené des cacahuètes sous coque, j’aime ces moments là, le gout de la grimbergen avec celui de la cacahuète fraiche, on a parlé de tout et de rien, il a les yeux qui partent en vrille chaque fois qu’il évoque le corps d’une jeune fille, il est resté scotché à ces post adolescentes en tenue négligée, c’est un hamster dans sa roue, il en sortira jamais, mais bon, il faisait doux, on buvait nos bières en regardant la mer, ça m’a suffit, du coup je suis rentré chez moi, y’avait un, clip qui se tournait au bourg, les décors du moyen âge, les caméras, les figurants, tout le machin qui ne servira à rien, qui regarde des clips, sans dec, mais j’ai pas été voir, je suis rentré, tranquille, j’ai fait couler un bain chaud, j’ai regardé une connerie à la télé sur ma tablette, et…..

16/04/2015

... X Y Z.. dernières lettres avant le...

.. et puis la bagnole a tenu les six cents bornes et j’ai pris le bateau de 16h, j’étais sur la liste supplémentaire, la dernière bagnole a avoir une place, il faisait encore beau, encore du soleil et plein de chaud partout sous les bras avec de la sueur, mais tu vois, le bateau l’hiver quand la nuit tombe avec ce gris plombé du froid humide, avec cette odeur de graisse métallique, ça me touche plus en dedans que là, c’est plein de touristes le bateau, il doit y avoir des vacances quelque part surement, c’est plein de lunettes de soleil, c’est plein de trucs légers et interchangeables, mais bon, je rentrais chez moi  dans ma minuscule maison, et ça  …..

.. et puis là j’écoute en t’écrivant le dernier album d’izia, et bon, j’aime bien cette fille, ce coté boule d’énergie,  sa voix comme ça, cash, mais j’aime pas trop écouter les chansons, je veux dire quand ça parle, en français ou en anglais, j’aime moyen ça, elle ou un autre, même s’il y a des exceptions, bien sur, où t’as vu que tout était comme ci ou comme ça , on est toujours au milieu, tu sais, toujours sur la ligne blanche, on est funambule de nos décisions, toujours, un peu hasardeuses, toujours un peu pile ou face, je vais pas écouter l’album jusqu’au bout je crois, je vais mettre autre chose, je ne sais pas quoi, je ressens la fatigue de la route, presque sans arrêt, les six cents bornes sans cligner des yeux, la bagnole a tenu, c’était pas gagné d’avance, elle avait à moitié explosé y’a trois jours, le garagiste a rien trouvé, mais je suis chez moi là, tout à l‘heure on a cogné sur la vitre de ma petite fenêtre de la cuisine, c’était le photographe parisien, au look de beatnik, il est venu squatter chez je ne sais qui quelques jours ici, il a vu mon scoot dans la cour, il a la voix cassée, il chante très bien le blues, il y a quelques années on en improvisait comme ça, maintenant j’ai plus envie, j’ai son book quelque part, ses photos en noir et blanc de filles qu’il flashait comme ça, en chapeau melon et bottes de cuir, en seins musclés et cigarettes dézinguées, en khôl dégoulinant et jupe froissée, en jeunesse éternelle et poses provocantes… je sais plus trop pour qui il travaille maintenant ni même s’il travaille encore, je ne crois plus,  il a un talent certain mais il est resté figé dans sa jeunesse glorieuse et n’a pas compris que le monde continue sans toi, mais bon, chaque fois qu’il vient sur l’ile il passe chez moi, et y’a jamais personne qui passe alors je peux faire l’effort de lui ouvrir, on a bu une bière, il m’a dit c’est ta maison que je préfère, je sais que c’est vrai parce qu’il aime comme ça tous ces trucs peints un peu comme dans les pubs irlandais, cette sorte de pénombre chaude de chez moi, je sais que les gens aiment bien chez moi, même s’ils hurleraient si on leur propose la même chose chez eux, c’est pas explicable, je commence à avoir sommeil , j’ai arrêté Izia, j’ai remis didier squiban, je t’avais joint la dernière fois un morceau de lui, armel et laeticia part 1, c’est le même disque là, je tape ces mots sur un solo de percus, y’a cette veilleuse qui éclaire mon, bureau, je me sens partir dans le sommeil, je…

 

14/04/2015

... shemale cumshot...

… et puis un peu beaucoup énervé quand même, ça m’arrive rarement, très rarement, la fille aux bougies me casse les burnes, je suis passé la voir quelques jours, je  suis chez elle là, six cents bornes nous séparent, ma bagnole a commencé les tam tam de l’apocalypse les derniers kilomètres, avec la fumée qui va avec, et merde, je croyais que le moteur allait tomber par terre, je croyais qu’elle allait exploser, mais je suis arrivé à la trainer jusqu’à la maison de la fille aux bougies, je suis arrivé claqué, j’ai dit ma bagnole déconne grave, elle m’a dit je m’en fous de ta bagnole, bien, bien, je suis contente que tu sois venu elle a dit, tant mieux, j’ai fait, on était samedi soir, elle a pris un bouquin et est allé se coucher, j’ai pris un bouquin, j’ai été me coucher, dix minutes après elle dormait, bien bien, je suis descendu me branler sur une video de femme avec une bite sur xhamster, et puis j’ai regardé un truc philosophique en replay et puis j’ai été me coucher pour dormir, dimanche, elle a pris un bouquin, et elle a été se coucher, xhamster attendait et on a mangé des noisettes ensemble et puis c’était lundi, j’ai amené ma voiture au garage elle faisait une fumée diabolique, un rire diabolique et je savais pas si j’allais arriver au garage et oui je suis arrivé au garage mais tu sais quoi ?......... cent mètres avant elle s’est mise à tourner normalement et le garagiste m’a dit elle a rien votre voiture et moi j’ai rien dit parce que je suis détaché de tout et que je suis pas là pour refaire le monde mais pour le prendre tel qu’il est.. j’ai fait demi tour et la voiture a recommencé à faire de la fumée et des explosions en plus alors je l’ai ramenée et j’ai dit au garagiste faites un tour avec, elle est malade, je dois prendre la route jeudi, retourner chez moi et je pars pas avec cette voiture comme ça.. il a dit je m’en occupe ce matin et il s’est occupé de rien et il l’a oublié, on est mardi après-midi et il ne l’a pas ouverte encore et je pars jeudi… mais on était lundi et la fille aux bougies m’a envoyé un texto en disant il faut qu’on baise et moi j’ai dit oui et le soir elle est rentrée et elle pris un bouquin et elle s’est couchée et moi j’ai continué à descendre me branler sur des filles avec des bites et tu vois pas que je suis devenu pédé en vieillissant, il faut que je réécrive ma vie alors et que j’aille chez le coiffeur…

Bon, je vais réserver un billet de train, je vais laisser la bagnole au garagiste , je reviendrai dans quinze jours, il faut que je rentre chez moi, je peux pas trop vivre loin de chez moi, de ma minuscule maison sur ma minuscule ile,  et putain, la fille aux bougies a une semaine de vacances début mai et elle m’a dit on part une semaine quelque part ailleurs, je voulais  pas mais j’ai dit oui et j’ai pas du tout envie de passer un semaine avec elle, j’ai envie de baiser avec une vraie fille, sans bite pour le moment, merci, on verra plus tard les bites, je veux dire j’amène la mienne, et si tu es une vraie fille et que tu as vingt minutes voire une demie heure, n’hésite pas, tu pourras rentrer chez toi la culotte encore mouillée..

Il fait plein de soleil et j’ai lu un bouquin vraiment bien mais je te dis pas lequel tout de suite, reste fidèle,

Mais tu peux baiser avec qui tu veux, je m’en fous complètement, je suis pas du tout possessif..

Ah, j’ai été chez le couiffeur aussi…

09/04/2015

... armel et laeticia (part I)...

.. et puis j'aime quand c'est la nuit comme ça, la petite veilleuse allumée dans ma petite maison de pêcheur en pierres sur ma petite ile écouter ça
podcast
en pensant à rien, juste se laisser envelopper, juste se laisser bonheurer, sans double discours, en synchronisation parfaite entre soi et soi, et c'est à ça que j'ai pensé ces derniers jours, dimanche exactement, je l'ai écrit sur mon agenda:

-penser à n'être qu'un

c'est pas toujours simple de n'être qu'un, on est tellement ailleurs des fois qu'on se demande si on va se rencontrer un jour, et des fois on n'a tellement pas de réseau SFR qu'on se demande si on va réussir à se joindre

j'ai écrit sur mon agenda!

- penser à n'être qu'un

et j'ai aussi écrit sur un bout de papier que j'ai posé sur le sol:

- penser à regarder l'agenda pour ne pas oublier de n'être qu'un

et j'y suis pas mal arrivé, à n'être qu'un, ce n'était pas gagné, je ne sais pas pourquoi, je voulais être quelqu'un d'autre mais je savais pas qui alors que j'étais là et ça suffisait quand même et y'a aussi ce soleil des derniers jours, et cette lumière,  j’ai aussi scié du bois pour faire le joli placard et aussi, j’ai vissé des pierres sur une planche de bois parce que lundi de 11 h 32 à 11h 47, j’ai décidé d’être sculpteur et c’est tellement facile l’art, je veux dire j‘ai encadré une photo de Jeff KOONS  parce que la barre n’est pas très haute et que sur mon petit portillon bleu que j’ai fait moi-même devant ma maison, j’ai écrit attention artiste, veuillez enlever votre chapeau et aussi cet après midi a été majestueuse parce que y’avait une femme qui devait me faire un devis pour le petit appentis derrière, ici c’est les femmes qui font les travaux de force et elle m’a dit je vais venir avec une autre fille parce qu’il faut être deux pour ce genre de travaux et j’ai dit d’accord, elles sont venues à 14 h, et putain je n’en revenais pas, l’autre fille c’était la plus belle fille du monde je crois, je l’avais déjà vu dans le bourg, avec ses longs cheveux roux et ses yeux verts et là elle s’est coupée les cheveux mais je l’ai regardé fixement et je lui ai dit

-         tu n’avais pas les cheveux longs et roux y’a pas longtemps ?

elle a dit

-         oui,

j’ai dit

-         tu es la plus belle fille du monde,

elle a rougi un peu beaucoup, elle a dit

-         merci,

et puis l’autre femme a dit

-         il faut oser le dire

et moi j’ai rajouté :

-         Vous voulez un café ?

Elles ont dit

-         oui,

 après on a été derrière elle m’ont dit

-         on fait un projet, un crobar, on revient dans une dizaine de jours avec un devis chiffré

Et j’ai dit

-         d’accord

Je voyais pas quoi dire d’autre.

 

02/04/2015

... my name is Ruiz, pablo ruiz...

.. .et puis je suis devant le petit ordi blanc sur la table de bois du salon, l’autre, le noir est sur la petite table ronde de la cuisine qui m’a donné ce type qui vit maintenant sur une péniche, y’a garbarek sur les enceintes encore, le concert de Dresden, je sais même pas où c’est Dresden , ça sonne allemand, c’est sûrement allemand et tiens j’ai vu trois minutes sur ma tablette Shoah, le film de l’autre, Lanzmann, je suis pas sûr d’apprécier ce type, je sais pas pourquoi, je ne le connais pas je n’ai rien lu de lui, ça se trouve on se manque l’un à l’autre, mais de loin, comme ça, dans ma fantasmagorie, je suis pas sûr d’apprécier, mais bon, j’ai vu trois minutes de Shoah, j’en avais entendu parler, j’avais jamais regardé, et puis j’ai arrêté la tablette……… ………c’est hypnotique et je suis extrêmement dubitatif sur l’utilité quelconque de la mémoire, avec un grand M, comme dans Mémoire, si se souvenir avait réellement une utilité, on serait quelque part au lieu d’être ici, je crois, mais je n’ai aucune théorie sur rien de rien, ni même d’avis, juste je regarde le monde, je regarde et ça suffit….

 

……………….j’ai vu trois minutes et j’ai stoppé la tablette qui a les chaines de télé, j’ai ouvert mon fichier word où j’écris, j’ai pas pu m’empêcher de modifier la dernière phrase puis la phrase d’avant, il faut pas que je me relise, chaque fois que je me relis, j’écris autre chose par-dessus, je préfère rester avec cette vague rémanence de l’avant, d’hier,  comme dans la vie, comme aujourd’hui, les vagues vapeurs d’hier et juste une toute petite accroche de demain, et moi planté dans la journée, vigilant à ne déborder sur rien……

……..j’ai modifié les dernières phrases donc et j’en ai commencé une nouvelle, j’ai très peu écrit aujourd’hui, un seul mot en fait, j’en avais envie, j’en avais des bouffées comme ça, ce matin, en allant boire mon café sur la terrasse dehors du café sur la petite place en retrait, il faisait doux, je lisais le bouquin de brassaï, conversations avec picasso, je t’en ai parlé il n’y a pas longtemps, je ne lis ce livre qu’à la terrasse de ce café, il est dans le réceptacle sous le siège du scooter, et je le sors et je bouquine quelques pages en buvant mon café avec le bout de chocolat et ce matin ce n’était pas un chocolat mais un petit gâteau et ça non….

……….page 99 de mémoire, picasso explique qu’il a choisi de s’appeler picasso , le nom de sa mère, à cause du s redoublé, ça lui plaisait ça, le double ss, il parait que c’est rare en espagnol, je n’en sais rien, il disait que matisse avait deux ss, que le douanier rousseau aussi et quelqu’un d’autre encore, c’est pour ça qu’il s’est appelé picasso alors que son nom est Ruiz, et pablo ruiz, ça le fait pas…

J’ai arrêté de lire à cet endroit, volontairement, cette histoire de double S me plaisait, j’ai tout de suite décidé de doubler le s du nom d’un de mes personnages, mais voilà : il n’y avait pas de s dans le nom que j’avais choisi .. pas facilement d’ailleurs, parce que j’aime pas choisir des noms, le seul qui me soit venu pour un des personnages, pas le central, le central, c’est Je, tout le monde s’appelle Je, j’écris toujours dans l’universel…. Mais l’autre il lui fallait un nom parce qu’il y avait une histoire de signature dans l’histoire que je raconte…  le nom qui m’est venu ça a été brutal en sortant de mon bain, ça a été NEWARK… Newark c’est la ville où a vécu Philip Roth et ça ça me bottait, ça me rappelait ma demi frangine qui vit à l’autre bout là bas et qui m’a pas donné de nouvelles depuis au moins dix jours, 

 si ça se trouve je suis mort et elle ne le sait pas, elle le regrettera toute sa vie…..

.. Newark, c’est aussi je crois la ville de Woody Allen, ça doit être un ghetto de juifs comme Sarcelles si ça se trouve, mais bon, je m’en fous, Newark, ça m’allait sauf..

SAUF qu’il n’y avait pas de S que je pouvais doubler, comme picasso, il n’y a pas d’S du tout dans Newark.

Bon.

Vers 16 h j’ai allumé mon ordi noir, j’ai pointé Newark sur le fichier Word et je l’ai remplacé par

NE(ss)WARK

j’ai rien écrit d’autre.

J’ai été prendre un bain chaud avec de la mousse, ensuite j’ai allumé la radio et je me suis endormi sur le canapé.

NE(ss)WARK

Je sais faire, y’a pas à dire.

01/04/2015

... va direct à la fin voir le dessin de MAAA..

.. et puis, je ne sais pas vraiment, tu sais, je ne vois personne et tout ça depuis je ne sais combien de jours, je ne parle même plus avec la fille aux bougies parce qu’elle est malade, une vilaine grippe, chez elle à des centaines de kilomètres et quand elle est malade, c’est pas la peine de lui parler, de lui téléphoner, de lui écrire, elle répond pas, elle t’ignore, elle ignore le monde, mais ça je m’en fous, retiens, elle m’ignore, ça suffit, c’est l’essentiel…

………….alors, dans l’absence quasi-totale de l’Autre, des Autres mêmes, je me dis que non, non, on peut être vraiment solitaire à ce point là, il y aura des conséquences, il y aura une addition, n’est-il pas inscrit dans les tables de la loi

tout se paye ?......

……………………. alors j’ai pris mon scooter vers 18 h en fin d’après midi, il y avait un vernissage, enfin pas vraiment un vernissage, je ne sais pas comment ça s’appelle, une galerie qui s’ouvrait, c’est que la saison des bobos n’est pas loin, ils vont débarquer avec les beaux jours et leur carte golden dark, ça va chauffer les comptes en  banque…. et les artistes, non, je peux pas mettre de majuscule, vraiment pas, ça me fait trop rigoler, bon, les artistes d’ici, peintre, céramiste, et autre chose, je sais pas trop quoi ont aménagé un local, avant c’était une boutique de fleurs tenus part des ex copains, qui se sont révélés tellement cons mais cons à un point que même ex c’est encore trop, bref, la boutique de fleurs a fermé, trop cons, on peut pas tenir une boutique, même de fleurs, et les artistes..

..pardon, les artistes (j’ai rigolé en douce) ont repris ce local, l’ont aménagé et ce soir, c’était l’ouverture, tu sais avec les petits fours faits maison, le pinard fait pas cher, et les gâteaux fait grossir….

C’était foutrement bien arrangé, l’intérieur, genre bobos, bien sûr, genre rustique classe, genre Maison Décoration, mais oui tu vois, mais quand même, c’était bien foutu, tout petit mais bien foutu, j’ai pris quelques photos, que je ne verrai surement jamais, ça sert à ça les photos prises sur smartphone, ça sert à ne pas être vues, le seul fait de savoir qu’on peut les voir suffit à justifier leur existence, un peu comme toutes nos compétences dont on ne sert pas, tu sais que ti peux faire plein de trucs, que tu as cette capacité là mais tu le fais jamais, et voilà, ça s’appelle aussi le close-up de la vie…

Où j’en étais ?

Oui, au silence,

…………………….donc, il y avait plein de monde, plein que je connaissais aussi, c’est si petit ici, cette ile est minuscule, et ben je n’ai rien à dire à personne, c’est inouï, c’est pas que je ne veux pas parler, c’est pas que je vois aucun mot susceptible d’être intéressant à dire, je ne trouve rien en moi qui puisse me relier à qui que ce soit de présent en passant par le verbe… c’est très étrange, très étonnant, les gens ont essayé de me parler, mais je ne vois pas quoi leur répondre, quelqu’un a dit, mais tu n’écris pas toi ? oh non, j’ai dit, pas du tout, je ne voyais pas quand j’écrivais, il ne s’agissait pas de moi, je ne voulais pas que l’on parle de moi…

.. et c’est exactement le sujet de l’histoire que je suis en train d’écrire… je te raconte pas, mais bon, ça ne me plait pas du tout, je veux dire, j’ai toujours écrit en rigolant, si je bande pas ou je rigole pas, je jette, je fais autre chose, je regarde la télé, plus belle la vie, je regarde youporn avec ma bite à l’air, je regarde twitter aux chiottes, je prends des bains plein de mousse sans fin, je balaye ma cour…

mais j’écris pas si je rigole pas…

Et là je rigole pas du tout en écrivant, et je peux pas vraiment arrêter, je sais pas pourquoi, le personnage ne me plait pas, il n’est pas ce type que j’aurai aimé être, tu vois si tu écris ce que tu es, autant vivre tout simplement, non, non, j’ai toujours plongé dans des silhouettes au loin que j’avais envie de rejoindre mais rien d’autre, je ne me complais pas, je refuse de me vautrer dans quoi que ce soit qui ne soit phosphorescent,

Et tu vois, c’est exactement cela que  j’écris, un type qui veut rien savoir d’autre que le je m’en foutisme et qui se demande pourquoi…

 

Bon bon, j’y reviendrai sûrement puisque c’est ça que je fais en ce moment…

En attendant, il y a

MAAAA

Qui m’a envoyé des dessins qu’elle fait, des dessins mots et putain c’est vraiment bien, je te dirai pourquoi …

Regarde, c’est là

(son nom c’est maaa)

maaa 2.jpg