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31/05/2015

..my sex is rich...

.. et puis ce matin tout gris et de la pluie, il fait même frais, j’ai ressorti le petit poêle à pétrole de dessous le petit meuble de la cuisine, je l’ai planté au milieu du salon tout sombre (le gris, la pluie) et j’ai allumé la mèche….

Je n’irai peut être pas boire mon café sur la terrasse de la petite place, j’y suis passé en voiture avant d’aller faire mes courses, ils ont déployé la bâche de protection, on verra tout à l’heure, vers midi y’a cette blonde à forte poitrine qui vient prendre son apéro tous les dimanche matin, je l’ai repérée l’été dernier, en fait j’ai repéré ses seins, ses signes extérieurs de bandaison dans mon jean, elle ne m’a pas calculé une demi seconde pour te dire où en sont réduits mes phéromones de mouillage de chatte, elle était présente aussi hier soir à la petite fête sur le petit port pas celui où arrivent les bateaux, non, un petit port de pêcheurs un peu plus à l’ouest, l’endroit est absolument magnifique, tiens regarde…

 

go,johnny,go

 

Une petite fête, oui, un musicos d’ici a tourné un clip avec tous les habitants, en avril, ils étaient tous déguisés, une partie au bourg, une partie sur les rochers du bout de l’ile, il a organisé un petit concert sur ce petit port hier soir, le making off a été diffusé sur écran géant (45 minutes quand même), tout le monde se connait ici, tout le monde, les gens ont dit qu’ils s’aimaient tous, ça se passe toujours comme ça dans les mouvements de foule, on s’aime trop ou on se tue, c’est ça la foule, l’exaltation, quand ils ont diffusé le clip le son a été coupé et les musicos ont joué en direct, c’est de très bons musicos, vraiment, pas de la musique facile, c’est bien que tous aient pu participer à ça,

Pas moi, non pas moi, je n’ai pas été au bourg les nuits de tournage, je sais pas pourquoi j’ai du mal à me mêler aux autres, je sais pas pourquoi je suis asocial comme ça, je me suis forcé hier soir à sortir, aller sur ce petit port, il faisait doux hier soir, j’ai pris mon scooter, je connaissais pratiquement tout le monde, de vue pour le moins, on se croise partout ici, on se connait depuis tant d’années même sans s’être jamais parlé, y’avait la blonde, y’avait surtout ses seins, je suis invisible, je m’en rends compte, je veux dire, elle a même pas vu que j’étais devant elle, c’est dommage, j’avais déjà la main dans mon slip, j’ai regardé son jean, j’ai pas pu deviner la marque de sa culotte, j’ai imaginé son cul entrouvert, je me suis demandé si elle s’était épilée, j’hésitais à  y glisser en premier mon doigt ou ma langue, mais bon, j’étais visiblement invisible et je me suis dit que j’allais chercher sur internet les techniques de Messmerisation d’hypnotisation totale et sexuelle salope dédiée à mes désirs tordus et m’y mettre illico…

A défaut de la culotte humide de la blonde et ses seins, c’est une autre femme qui est venue me parler, elle était invisible à mes yeux, comme quoi l’invisibilité c’est un truc qui vous tombe sur la tête à tout moment, mais elle s’accrochait, elle m’a parlé littérature, cinéma et musique, j’ai juste dit quand on parle littérature cinéma et musique on pense en vrai qu’à enlever sa culotte, elle a beaucoup rigolé je l’ai regardée dans les yeux j’ai senti le basculement en zone humide de l’ensemble de son présent, et comme je suis un petit salaud, j’ai dit, bon, je vais y aller..

Et je suis parti en plantant tout le monde…

N’empêche qu’il fait gris qu’il pleut et que j’ai allumé mon petit poêle à pétrole, j’écoute la radio, j’ai fini de lire hier mon premier marc levy, je l’ai toujours défendu même si je l’avais jamais lu parce que je n’aime pas les gens qui classifient le bien et le mal, ce qui est de la littérature et ce qui est de la merde, il y a des moments pour tout, il y a des gens pour tout et ce type d’échelle de valeur me gonfle..

Bon je l’ai lu,  j’ai bien aimé, c’est bourré de clichés, c’est téléphoné, ça ressemble au film Coup de foudre à Nothing Hill avec Hugues Grant et celle qui a des grosses lèvres et une grande bouche, le même genre de comédie romantique, je suis pas sur d’en lire un deuxième tout de suite tout de suite,

J’ai les techniques d’hypnose sexuelle à maitriser avant ce soir…

Je ne suis pas sur d’en lire donc un deuxième d’ici ce soir, mais j’y replongerai un jour ou l’autre c’est sûr…

 

Je te parlerai de ce que je n’écris pas sur mes grands cahiers que j’ai achetés (un lot de 6)..

En attendant, si tu es blonde ou rousse ou même brune et que tu as une culotte, tu peux me joindre sans problème (relation brève certifiée)

27/05/2015

....i don't know..

.. et puis tiens, ce matin, il fait un peu frais, c’est étrange il a fait si chaud ces derniers jours, je sais toujours pas quand David et Gunther viennent, ils sont un peu comme moi, déambulant dans des espaces temps très élastiques et très ondulants, peut être un texto aujourd’hui, peut être pas, il fait un peu frais ce matin, j’ai bu mes trois cafés gout noisette, j’ai feuilleté Libé sur tablette, je ne lis jamais aucun article, sérieusement, y’a vraiment quelque chose à lire d’intéressant ou c’est moi qui ait surement trop lu, ; trop écouté de radio, trop regardé de télévision pour finir par me distiller des molécules d’inutilité et de saturation de cette infinie répétition ?... je n’en sais rien, il faut que je range un peu mon grenier, là où j’ai construit mes cabanes de bois, hier j’ai peint une poutre en rouge et une porte en vert, ça me prend des fois comme ça, j’ai plein de pots de peintures, de temps à autre je barbouille tout ce qui passe, j’aime les couleurs, c’est un vrai bordel chez moi, ici, je vais un peu ranger tout à l’heure, ramasser les tee shirts que je jette par terre dès qu’ils sont secs après lavage, je sais pas ranger, j’ai des boites, des placards mais si je ne vois pas les choses, je les oublie complètement, je pense que c’est une maladie, surement, j’oublie vraiment ce qui n’est pas dans mon champ de vision, au boulot je mettais en place des stratégies inouïes pour ne pas enterrer les journées précédentes dans la matière noire de l’oubli, c’est pareil pour ma vie, c’est pour cela que note des mots clés sur des carnets de moleskines noirs,

Des mots clés qui ont pour mission essentielle de déterrer des respirations en forme de fiction, je les écrits, ici ou ailleurs, j’ai des centaines de carnets, de cahiers, de blocs, je les écris et quand je les relis, des fois je me dis que c’est peut être ma vie, des fois peut être non, que moi qui n’ai aucune imagination, peut être que ce ne sont que des histoires, que je me raconte, des fois que je meure demain, je vais quand même pas arriver les mains vides….

… peut être que ce ne sont que des histoires qui me servent d’interface, entre le monde et moi, entre vous et moi..

Je n’en sais rien..

.. et puis tiens j’ai noté sur un petit bloc cette nuit :

« la forme-de-vie est le point où travailler sur une œuvre et travailler sur soi coïncident parfaitement »…

c’est d’un type qui s’appelle agamben.. un philosophe italien dont je n’ai jamais entendu parler..

J’ai lu ça sur twitter sur le compte de François Bon… j’ai du lire dans le temps un truc de François Bon, j’avais trouvé ça très chiant je crois…

Je relis la phrase : « la forme-de-vie est le point où travailler sur une œuvre et travailler sur soi coïncident parfaitement »

Peut être que ça veut dire la même chose, les histoires qu’on invente sont les souvenirs qui font office d’interface entre le monde et soi..

Mais peut être pas..

Tu sais c’est le matin, il fait un peu frais, j’ai un peu sommeil encore….

24/05/2015

... Santa Lucia... ( ça sonne bien)..

.. et puis dimanche matin, je mets le live gotan project sur les enceintes, un peu de soleil tranquille, une semaine que je suis rentré, un tour en scooter à la boulangerie à l’aube j’avais envie de me goinfrer de pains au chocolat, je sais pas pourquoi, oui je sais pourquoi, parce que j’en ai envie, ça suffit comme motif,  l’envie, le reste n’est que calcul, économie projective, tentative de rationalisation..

Et puis l’incroyable solitude encore, une semaine à peu près que je suis rentré, juste je devais voir un peu de monde mercredi soir, même qu’une d’entre vous passait sur mon ile ce soir là, je sais pas si tout compte elle y est passée ou non, mais bim un fragilité du corps, du vertige, du tremblement, une fièvre d’on ne sait où qui m’a cloué trois jours un peu au lit, un peu sur le canapé un peu dans l’immobilité figée de l’attente que ça aille mieux, fervex sur fervex, et puis ça va mieux aujourd’hui, cette fringale de pains au chocolat, une vraie orgie, je te dis pas le nombre, j’ai pas assez de doigts tendus sur le désir pour le chiffrer exactement…

Je vais reprendre le scooter à la fin de ce texte pour aller boire un café sur la terrasse de mon petit troquet à l’écart, seul encore et toujours, mais j’ai reçu un coup de fil hier,

Tu sais nous étions jeune et large d’épaules

il fut un temps et des poussières

Nous étions jeunes et nous étions trois,

David, Gunther et moi,

… repoussant les limites de tout, à peu près n’importe où, on écumait paris, les serveuses des tex mex que JE baisais dans le studio de David une petit rue adjacente aux champs élysées, ils draguaient comme des gros lourds les filles aux culottes de coton, je ne disais rien, je savais pas parler à haute voix aux filles, juste leur chuchoter aux oreilles des souffles très explicites, dirigés directement sur le bouton nucléaire, je savais pas parler à haute voix, je bougeais pas, je regardais à peine et ensuite je demandais à David la clé de son studio, la dernière s’appelait Elicheva, sérieusement, c’était son nom, une israélienne complètement barrée qui rêvait de gang bang, je lui ai raconté tout ça pendant qu’elle dansait sur une musique de Prince, rue de berry, pas loin du virgin store,

Nous étions jeunes et larges d’épaule,

Il fut un temps et des poussières,

.. david m’a appelé,

-         On va venir chez toi la semaine prochaine, Gunther et moi

-         Ok j’ai dit

-         On reprendra une photo

-         Yes

On a des photos de nous trois au fil des ans, ici même sur cette ile, des photos de nous trois jeunes larges d’épaules et aussi moins jeunes et moins larges d’épaules,

Je ne baise plus les serveuses de tex mex, juste la fille aux bougies quand de temps à autre je prends le train pour la rejoindre dans le grenier de sa roulotte, la dernière fois , la semaine dernière, elle a basculé dans le coté chaud bouillant du cul,  celui où tu oublies même que le langage existe, quand il est sublimé par des odeurs bien nettes et bien entrouvertes pour ne plus voir la différence entre yeux fermés et yeux ouverts….

Gunther a une boite de prod maintenant, David continue à écrire et publie régulièrement un romùan ou un essai et moi, je reste moi,

Immobile et souriant, assis sur le rebord du monde,

Tu te souviens ?

Assis sur le rebord du monde,

Sans même savoir que….

 

Ps : les prénoms ont été changés bien entendu. David en vrai s’appelle Gunther et Günther s’appelle David. (à cause de l’anonymat)