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11/07/2015

... cardiac blues...

…. Et puis ce matin, vers les 11h par là, sur la petite place à l’écart où se trouve le troquet où j’ai mes habitudes, j’ai garé mon scooter contre le mur sur la droite, j’ai pris ma Kobo, j’alterne la fin du Despentes, Vernon Subutex, le volume 2, je lis très lentement, volontairement, j’aime chaque phrase, j’aime son rythme, je me retrouve dans ses raccourcis, dans ses perspectives de langage, ça me fait plaisir, un vrai plaisir, c’est pas l’histoire, je l’ai perdue de vue l’histoire, il y en a une , un peu floue dans le second tome, c’était plus dessiné dans le premier, y’a des personnages, même si je les mélange un peu tous, je ne sais plus qui est qui, qui veut quoi qui pourquoi et qui comment, mais cela n’a pas d’importance, c’est pas un plaisir du sens, de la logique, c’est autre chose, c’est comme quand j’allais chez ma tante, quand il y avait trente personnes chez elle, quand 27 d’entre eux parlaient en même temps, je les ai comptés une fois, 27 sur trente qui parlaient, on n’étaient pas là pour écouter, ça c’est sur, ça rigolait de partout, mais personne aurait était incapable de dire de quoi, même sous la torture, je te jure et ils sont balèzes en torture maintenant, mais c’était du vrai bonheur d’aller là bas, y’avait toujours une place sur un accoudoir de fauteuil,  tout le monde avait l’air émerveillé de me voir, t’es là abraham, et tous venaient t’embrasser, ça sentait le couscous, ça sentait la friture, la télé bien sur était allumée, la radio aussi pendant qu’on y était, elle habitait une cité de merde dans une zone de merde dans la banlieue de merde, mais putain, ça arrachait des étincelles au ciel cette ambiance..

Elle habite toujours là bas, mais bon, y’a plus trente personnes,  y’a plus grand monde, elle a Alzheimer, son mari, le peintre d’un immense talent est mort, quelqu’un lui a refait la déco, y’a plus les fauteuils pouraves qu’on aimait, y’a plus la tapisserie de merde, y’a plus la table en formica, y’a la mort qui attend à côté, mais la mort c’est rien, elle serait venue quand on était trente, on lui aurait la fête à la mort, on était immortels dans nos rires et  nos conversations inaudibles…

Bon… tu vois quand je lis despentes, c’est un peu ça, je rentre dans le salon surpeuplé de ma tante, y’a mes cousines, y’a mes autres tantes, y’a des gens je sais pas qui c’est,  y’a plus aucune question inutile, y’a rien que la vie et sa tendresse….

…. Et puis donc j’ai pris ma kobo dans la malle de mon scoot, j’alterne la lecture de despentes et aussi d’eric Reinhardt, le système victoria, j’ai eu au tel quelqu’un y’a pas longtemps qui m’a parlé de reihnart,

qu’est ce que tu deviens ?

mais pas de ce livre là, du dernier, un truc avec les forets je crois, je dois l’avoir aussi, moi j’avais lu que cendrillon de lui, je l’avais croisé une ou deux fois, je me rappelle plus bien, c’était un temps où je croisais un peu de monde en me faisant le plus discret possible, la vie m’intéresse très moyen, je veux dire, j’ai pas envie ni besoin d’y avoir une place quelconque, c’est le thème de la sorte de roman que j’ai commencé, ; ça me ressemble si peu d’écrire des histoires, mais bon, je sais pas pourquoi j’ai plongé là dedans , j’ai aucune idée de ce qu’il va se passer la ligne suivante, j’ai mis du temps à trouver le rythme de la phrase, je veux dire, abraham, ici, sur mes notes ça coule tout seul, j’arrive pas à rattraper mes mots tellement y’en a, je cherche pas à leur donner une forme quelconque, je cherche rien, j’entre en fusion, ça cavale, ça cavale, mes deux doigts sur le clavier, je ralentis quand j’ai mal au cou, je me tiens si mal devant un ordi, et puis d’un coup ça m’intéresse plus j’arrête…

….. c’est comme ça que j’écris sur abraham mais dans mon histoire c’est pas pareil, je veux dire, c’est autre chose, j’ai commencé comme ici par :

…………..et puis..

mais ensuite, y’a eu un autre rythme, y’a eu des gens que je connaissais pas qui se sont invités dans mon truc, y’a eu un autre paradigme, j’ai ralenti l’allure, j’ai ralenti pour être au rythme, trop vite je retombe ici, j’écris pas ici, j’écris ailleurs, je suis  l’autre…

..si ça se trouve je suis du clan mongol…

…. Et donc c’est le thème de cet espèce de roman commencé, ça j’ai pas choisi, j’arrive même pas à l’expliquer, y’a une vie dehors y’a plein de trucs qui se passent, ça ne me concerne pas mais pas du tout, j’ai fait comme si, pendant longtemps, j’ai joué le rôle qu’il fallait, je suis rentré dans le personnage, mais  je vois bien que chacun essaie d’être quelqu’un, je vois bien que je m’en fous…

Je vois aussi qu’en bout de course, je suis dans une sorte de curieuse sérénité, que je ne suis envahi par aucun trouble émotionnel, que ça ne m’empêche pas de bander pour une silhouette éloquente, ça ne m’empêche pas de profiter du soleil sur la terrasse du troquet le matin à lire et à grignoter le petit sablé qu’ils donnent avec le  café…

Tout va bien…

Mais bon  je voulais pas te raconter ça, je voulais te parler du type qui est venu me parler quand j’ai garé mon scoot, qui m’a raconté comment on lui mettait un doigt dans le cul pour savoir comment allait sa prostate, il a tellement répété un doigt dans le cul que j’ai compris que c’était son truc, il fallait que ça sorte, que ça jouisse par les mots, c’est tout ce qu’il avait trouvé pour décompresser, raconter sa prostate.. au bout de huit millième fois où il disait doigt dans le cul, j’ai prétexté qu’un terroriste nous visait du haut du toit, un sniper pour arrêter les conversations qui trainent en longueur et je suis retourné boire mon café..

Mais je voulais te parler des gendarmes qui m’ont arrêté, j’avais grillé un stop avec mon scooter sous leur nez, j’ai pas nié, mais putain j’étais pas là, ça me concernait pas du tout, j’avais pas mes papiers, le gendarme qui avait dix huit ans maximum m’a dit on va aller chez vous, ils sont venus je les ai fait entrer, je savais plus pourquoi ils étaient là, je pense toujours à autre chose, les voisins regardaient, tu penses les gendarmes chez moi, ils étaient dans la cour tous les deux là, avec leurs uniformes, putain pourquoi ils étaient là, sans dec, j’avais oublié, je leur ai proposé un café, ils ont hésité mais non, ils voulaient voir mes papiers, putain, c’est ça les papiers !!!

Je leur ai montré, le gamin m’a dit c’est un avertissement, je vous verbalise pas mais ATTENTION..

.. c’était un gosse, qu’est ce que faisaient ces gosses chez moi ???

Putain, des fois je quitte la réalité à vitesse grand V.

La fille aux bougies vient le 20, dans une dizaine de jours...

J’espère que d’ici là, j’aurai pas rejoint la stratosphère…

Commentaires

Abraham.( de rien)

Écrit par : ceee | 12/07/2015

.. merci.. je vais le noter (sur ma bite) pour pas l'oublier..

Écrit par : abraham | 12/07/2015

avec un peu de chance tu t'appelleras Abrahahahahahahaham. Mais bon, est-ce que les petites culottes sont déjà mûres ?

Écrit par : cee | 12/07/2015

Les commentaires sont fermés.