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06/09/2015

... salander outside..


podcast

… et puis je ne sais pas qui est yolande mais c’est vrai aussi que je ne sais trop grand-chose sur les gens, j’aime bien les regarder, j’aime bien observer les gestes, les expressions, les regards quand ils sont en couple, en groupe, j’aime bien capter les mots échangés, j’aime bien imaginer leur vie même si cela ne prend jamais réellement forme dans ma tête, je veux dire, juste ressentir l’atmosphère de chez eux, les couleurs, les odeurs, mais je te le dis, rien de concret, une sorte d’immersion dans une sensation… je n’ai strictement aucune ambition, c’est étrange ce manque en moi, j’ai envie d’aller nulle part mais juste de profiter de là où je suis, j’aime  pas bouger, je vois pas pourquoi j’irai ailleurs si ici je suis bien, j’ai jamais cru qu’ailleurs c’était mieux, on s’amène partout où l’on va, on ne se débarrasse jamais de soi……

 

.. et puis j’ai mis ruquier là sur ma tablette, j’ai pas trop envie de me coucher même si j’ai quasiment pas dormi la nuit précédente, mais bon, j’ai pas fait grand-chose aujourd’hui non plus , j’ai eu cette sorte de vertige qui est revenu, la dernière fois c’était il y a un an, ce matin j’étais sur mon vieux scooter (je n’ai strictement aucune nouvelle du rouge chez le garagiste), ce matin  j’étais sur la petite route là qui part de chez moi pour aller à l’autre village, à six cent mètres, j’étais sur le vieux yamaha noir et d’un coup j’ai vu la chaussée tanguer, oh putain, j’ai pensé, j’ai cru que j’allais valser, l’an dernier c’était pareil, un peu comme quand tu te rends compte que tu as trop bu quand tu te lèves du canapé et que ça tangue sévère, ça fait le même effet, je suis rentré prendre un comprimé d’un truc que m’a donné la jolie toubib l’an dernier, et puis c’est passé un peu, alors j’ai été boire mon café au troquet de la petite place, j’avais ma liseuse, j’ai commencé La Septième Fonction du Langage de Binet, ca roule tout seul les trente premières pages, c’est un peu jouissif même ce truc sur Roland Barthes qui se fait assassiner, ce truc avec ce commissaire Bayard qui enquête dans les années 80, j’attends l’arrivée de Sollers et de Lacan, je suis sûr que ça va finir en grand guignol parce que ce genre d’intrigues on s’en sort pas vraiment, mais bon, ça donne envie de continuer, je viens de finir Millenium 4, c’est écrit à la truelle et je suis bon  public, j’ai lu avec plaisir cet été un marc Levy mais là, le Millenium 4 c’est vraiment pas terrible, peut être parce qu’on l’aime un peu la Lisbeth Salander et que c’est décevant qu’elle ne doit pas à la  hauteur du frétillement de ma bite qui l’attendait, c’est rédigé lourdement, on n’échappe à pas trop de clichés, ça guimauve, ça gros sabots, ça ennuie….

.. j’avais ma liseuse et je me régalais avec le bouquin de Binet sur ma Kobo et voilà qu’un type vient me saluer, ça se passe comme ça ici et surement ailleurs d’ailleurs mais je connais pas ailleurs, le type vient me saluer et puis d’un coup se met à me parler de la sociologie de Paris, de la population de chaque arrondissement, de la mixité sociale, il enchaine sur le bénéfice des industries du médicaments, me fait un topo complet sur le complot des médecins, me détaille les milliards d’argent au black qui nous entourent, me trace la courbe de la population des poissons dans l’océan atlantique, me confie à voix basse les contrats secrets entre les Autres et les Autres, me certifie que je suis pas moi mais que je ne le sais pas, bien sûr il invente tous ses chiffres, il imagine des théories en carton, on sent bien que sans ça il se réduit en poussière, je ne le contredis pas, je hoche la tête, je me dis ça va jamais s’arrêter

et ça s’arrête pas

…..Il ne se tait jamais, ce type avec son mouvement perpétuel peut sauver l’humanité si on arrive à l’extraire de ses discours fumeux pour le reporter sur les ressources d’énergie, je pense aux gros seins de la fille qui est sur la table à gauche avec soin mec qui est tout maigre, ça fait mille ans que j’ai pas tripoté des gros seins, je regarde l’heure sur mon portable samsung S4, ça fait une heure que ça dure, j’ai froid, puis j’ai chaud, à un moment j’en peux plus, je prends le poignard que j’ai toujours scotché à mon mollet gauche et je le daesh net….

……

… j’ai emjambé le sang sur la terrasse et laissé un bon pourboire pour les gens qui vont nettoyer ça…

L’après midi, j’ai continué à bouquiner et puis…

01/09/2015

.. you ?....

.. et puis je sais plus trop par quel bout attraper les mots, tu sais c’est seulement le deuxième jour que je suis seul depuis plein de semaines, y’avait du monde et du monde, et encore du monde, y’avait des rires, y’avait des banquets sur ma petite terrasse, on arrivait bien à caser une douzaine de personnes, y’avait du gewurztraminer en pagaïe, j’aime ce vin, y’avait aussi des bières sur le port, y’avait des phrases à la volée, y’avait de très jolies filles , y’avait des gens que j’aimais vraiment beaucoup, je pense à mon frère là, un type en or, y’avait la fille aux bougies aussi , on n’a jamais passé autant de temps ensemble, presque un mois et demi, on a fini par trouver un peu nos marques à deux, je suis pas habitué, tu sais, à pas me retrouver seul une fois le soleil éteint, une fois les chaises rentrées, une fois le silence sombre, je suis pas habitué à ne pas être seul, et c’est revenu, ça fait deux jours que je me retrouve avec mon vieux scoot,  le nouveau,  le rouge, veut plus démarrer, je l’ai amené au garage hier, je l’ai poussé pendant deux bornes et y’avait une putain de montée, c’est pas possible à pousser un putain de scooter de trois tonnes mais bon, je l’ai amené au garage, j’ai ressorti le vieux yamaha beluga 80cc de 1992 qui démarre toujours au quart de kick, y ’a jamais eu assez de jus pour le faire partir au démarreur électrique, il fume comme un malade dès que j’accélère, le pneu arrière est poreux et faut le regonfler tous les trois jours mais il arrache bien, on est bien dessus comme quand on baise une vieille amie, tout est facile, pas d’embrouille pour jouir et faire jouir, ça va tout seul,  c’est peinard…….

Ca s’est vidé ici en deux jours on est passé du bourg piétonnier au  bourg vide, trois bagnoles autour de l’église et rien d’autre, deux tables occupées à la terrasse du café qui grouillait avant-hier, on reprend nos habitudes tranquilles, un signe de tête aux vieux qui te dévisagent un peu toujours trop, j’ai repris ma liseuse kobo et mon café, mais tiens y’a le photographe qui s’est pointé à ma table, il vient toujours en arrière saison ici, on se retrouve le matin en terrasse pour un café et le soir au port pour une bière, il connait tout le monde ici, bien plus que moi, il est trop copain avec tout le monde , se fait inviter toutes les cinq minutes,

- t’es une vraie pute je lui ai dit,

il a dit

-oui, je sais,

il squatte chez qui il peut, il a jamais changé de fringues depuis que je le connais, j’ai ses books là haut, il photographie des mannequins avec des seins et du cul, des filles à tomber par terre, il fouille du regard toutes les demoiselles qui passent, il n’écoute que du blues et rien d’autre et ne lit que la série noire, j’aime bien mes habitudes avec lui quand il passe quelques jours par ici….

Là maintenant c’est la nuit, je viens de regarder un épisode de Ray Donovan, le mec bourré de testosterone, je sais pas si je vais en voir un autre, il faut que je dorme un peu, c’est pas mon fort le sommeil, j’écoute en t’écrivant un disque de Nina Simone revisité, y’ a sa fille y’a lauryn Hill y’a encore plein de gens qui chantent…

Hier soir y’a mon bip qui m’annonce un texto qui a vibré, j’ai pas trop fait attention, je reçois pas mal de textos en ce moment de tous ces gens qui étaient là, j’ai regardé un peu plus tard et putain j’en croyais pas mes yeux…

C’était la fille au panier de cerises, j’en ai rarement parlé, ça date de très très longtemps, j’ai pas de nouvelles d’elle depuis des années et des années, je pense souvent à elle, j’adorais sa voix, j’adorais son corps et surtout le mot parfaitement juste qu’elle trouvait à dire, j’adorais son odeur et sa folie sexuelle, de lire son nom sur mon téléphone j’ai commencé à bander elle m’a écrit exactement ça :

Je vais très bien, je regarde une série qui se passe dans le milieu de la musique classique, ça s’appelle Mozart in the Jungle, ça va très bien (tu me manques essentiellement sur certaines choses) mais je vais très bien.

Il a fait jour en pleine nuit.