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18/05/2016

.. larchouma...

.. et puis bon je me suis fait gauler en prenant des pierres sur la petite plage là bas, j’avais oublié que pile poil là c’était une réserve naturelle, il était sept heures du soir, j’avais garé ma voiture dans le désert du petit vent qui soufflait, y’a toujours du vent là bas, j’avais escaladé les rochers un peu, regardé la mer plutôt très calme, me suis souvenu des jours de tempête cet hiver ici, les claquements des vagues immenses, tout ce chaos fascinant, mais là, c’était plutôt tout doux, même un clin d’œil du soleil qui préparait sa sortie en beauté, et puis j’ai vu quatre ou cinq pierres, j’aime bien les pierres, de gros galets d’une quinzaine de centimètres chacun grosso modo,  je sais pas pourquoi je me raconte des histoires en les regardant, les nuances des couleurs, parfois quelques cristaux de quartz qui brillent, des fois une trainée un peu sombre, je sais pas pourquoi je plonge dans ces univers là, comme s’ils étaient capable de m’emporter en eux, comme s’ils recelaient toutes ces couettes tièdes et suaves qui me reposeraient en un  souffle calme….

.. alors je les ai ramassées et je suis retourné vers ma voiture solitaire là bas au bord du chemin qui menait ici, et une autre voiture est arrivée, à cette heure ci, c’était inattendu, qui pouvait bien se balader là à sept heures passées du soir, et un femme est descendue, j’ai eu un geste idiot qu’elle a vu de loin, j’ai caché les pierres sous mon blouson, elle s’est approchée, elle ne me quittait pas des yeux, à contre jour comme ça, c’était la silhouette du commandeur , je la connaissais de vue, j’avais jamais échangé un mot avec elle avant, peut être un signe de tête, qui ne salue pas d’un  signe de tête ici, et elle s’est approchée, elle m’a dit vous cachez quoi ? putain j’ai eu cinq ans d’un  coup et la main dans le pot de confiture, j’ai du répondre surement même si d’un coup tout le décor s’était recouvert d’une couche de blanc laiteux et gluante, j’ai du répondre quelque chose, sûrement des pierres ….       elle m’a dit c’est interdit, reposez les, j’avais deux ans et je coulais mourir je les ai posées par terre, elle a pas insisté, elle a marché vers la mer, j’ai eu du mal à respirer j’ai du y arriver , je veux dire, je suis pas mort, si on respire pas on meurt, je sais pas comment je me suis retrouvé chez moi, j’arrivais plus à penser, j’étais englué dans une hachma brulante, dans une fissure de lucidité je me suis dit qu’il fallait que je me trouve un scenario acceptable pour surmonter la honte…..

Le premier que j’ai trouvé était d’assassiner cette femme, la pousser de la falaise et voilà plus de problème, un problème n’existe que si quelqu’un se le pose, autrement, il se passe rien, et puis je me suis dit que bon, même si il n’y avait pas d’autre issue possible à mes yeux, il me fallait quand même être un rien raisonnable….

J’ai pas beaucoup dormi, j’ai pas trouvé de solution, alors ce matin j’ai ouvert mon ordi et j’ai glissé tout ça dans ces mots là que tu viens de lire et à partir de là, ça ne me concerne plus….

Enfin normalement….

 

 

… et puis, mon frère est en ce moment précis sur la table d’opération, il voulait pas se faire opérer, il m’a dit je suis sur que je vais mourir, un truc comme ça, si je me fais opérer, il a peur, très peur, une angoisse surgie de je sais pas où, et puis il a bien été obligé, je veux dire la souffrance n’était plus supportable, il a même espéré se faire opérer le, plus vite possible tellement il avait mal….

Voilà, il y est là…

On aura des nouvelles vers midi une heure…

Il pleut ce matin ici, j’ai bu mon café, je regarde par la baie vitrée la lumière se poser petit à petit sur ma minuscule cour derrière….

Commentaires

Ici aussi il pleut, si si, je te jure.

Écrit par : Cee | 21/05/2016

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