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01/07/2016

...mindfulness.... (yeah)...

.. et puis, ce matin, un putain de temps gris, c’est pas qu’il fait froid, non, c’est qu’il fait flou, un rien brouillardeux, à ne pas savoir si tu as encore sommeil ou pas, si tu as faim ou pas, si tu as bu ton café déjà ou pas ou même si tu as envie de boire, ce genre de truc suffisamment rare chez moi pour que je mette Changeless de Keith Jarett sur les enceintes, que je me repose devant le petit bureau dans mon salon, prés de l’ouverture dans la cloison de bois que j’ai découpée pour avoir plus de lumière du couloir, mon salon est sombre, les vieilles maisons de pierre, ici, c’est un peu ça, de très gros murs, de petites fenêtres, j’ai fait poser une baie vitrée sur la minuscule cour derrière, mais ça n’a pas suffit, alors il y a quoi ? quinze jours ? j’ai demandé à ce type que je croise dans les bars de temps à autre, ce menuisier, j’ai demandé un outil pour faire ça : découper une fenêtre dans ma cloison pour récupérer un peu de la lumière du couloir, ici les couloirs sont dans la pièce du bas, les couloirs servaient à protéger du froid de la porte avant, ma porte est vitrée, y’a de la lumière prisonnière, j’ai été chercher la grosse scie sauteuse professionnelle, je te parle pas de ces trucs pour découper du contreplaqué, la lame est un gros machin très épais, ça fait un bruit pas possible, mais ça m’a découpé en dix minutes la cloison de planches de je ne sais quoi, mais c’était pas du tendre, c’était pas  du sapin, pas du chêne non plus, un bois dense et lourd,  un bois solide, un bois qui te racontait les baises des anciens l’hiver sous la grosse couverture du lit dans le salon quand avant y’avait pas de chambre et qu’ils dormaient tous dans la pièce du bas, la seule de la maison, c’est moi qui ai aménagé le grenier, c’est moi qui ai synchronisé tout ça au XXème siècle, bref, j’ai découpé la cloison, y’a un peu plus de lumière maintenant, y’a mon petit bureau à coté, et aussi c’est pas une fenêtre que j’ai découpée, c’est une grande ouverture genre porte sans porte, parce que à un moment, il faut ne pas savoir s’arrêter….

… il est un peu plus de neuf heures, j’ai bu mon café, y’a le piano de keith jarret pas mal envoutant, dans ce disque là, Changeless, ces quelques notes répétitives, on est vendredi je crois, j’ai un peu perdu la notion des jours ici, c’est l’été, je crois mais on dirait pas trop avec ce ciel là……

… et puis une fois le couloir à nu, ce couloir qui me servait de garage à scooter, qui était tout pourri avec son grand placard recouvert de trente mille couches de peinture merdique, l’encadrement en pierre avec la terre autour qui s’effritait, et puis ce couloir, hum, il me fallait faire quelque chose, le rendre souriant, le rendre caressant, j’ai passé trois jours à décaper le placard, avec cet appareil genre séchoir électrique qui fait fondre la peinture et tu grattes derrière avec une spatule métallique, t’oublie pas tes gants parce que putain ça brule, et puis au bout de trois jours ben j’en ai eu marre, j’ai arrêté un peu, c’est pas tout à fait fini, je continuerai quand j’en aurai envie, surtout aucune contrainte, ne jamais rien s’imposer, jamais, juste suivre le cours d’eau, juste se laisser porter au moment présent, tu sais je fais un peu de méditation de pleine conscience ……

…………….. c’est le mot pleine conscience qui m’a attiré, tu vois la force du marketing, ça aurait été méditation de plein la gamelle, j’y aurai pas été, mais pleine conscience j’ai été voir, le truc c’est de pas penser..

.. et putain ça c’est pas simple..

Pas penser, c’est un exploit, j’ai téléchargé un truc de coaching là-dessus, je m’allonge, je ferme les yeux et vas y que je pense pas… j’y arrive pas toujours à suivre ma respiration,  à juste exister sans aucun décalage entre le passé et le futur, je vis grosso modo comme ça, chaque matin me disant que rien ne m’oblige à rien, que j’ai juste à être, ça roule assez bien, j’ai pas but, j’ai pas de compte à rendre, j’attends rien, je me fous du passé, je veux dire, bon et alors quoi ? donc, grosso modo, je vis comme ça, assis sur mon rocher, à feuilleter le vent et à respirer la mer,

….mais penser à rien, c’est pas tout à fait pareil…

…. Je m’allonge donc sur le canapé, je lance le coaching très bien fait sur mon téléphone samsung note 4, je ferme les yeux et …

… quand ça marche, je te dis pas le bienfait que ça fait, je te dis pas la forme que tu as ensuite, genre tu as dormi douze heures dans une couette tiède avec quelqu’un qui te suçait lentement la bite….

.. ensuite généralement, j’enfile mes gants de boxe et je cogne sur le sac de frappe que j’ai fixé à la poutre du salon, et je cogne et cogne encore parce que c’est jouissif de taper comme ça, en sueur luisante, sur la basse d’une play list de rock binaire, et d’enchainer quatre ou cinq morceaux sans que ralentissent les coups, quand ça devient vertigineux la sueur qui te brule un peu les yeux, que c’est une peu flou et enivrant, que tu te sens invincible..

………….alors alors, tu arrêtes, la respiration ralentit, tu as les bras ballants, les gants au bout des doigts, le sac de frappe qui finit par s’immobiliser, et putain tu souris….

La pleine conscience, penser à rien, le corps qui cogne le sac, et là tout de suite, keith jarett en duo avec son batteur..

Encore…

Commentaires

Tes pieds sont lourds, tes mollets sont l'ours, tes genoux sont lourds, tes cuisses sont lourdes, ta ....non rien

Écrit par : Ch. | 16/07/2016

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