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10/05/2011

....you can hear the boats go by.....( you can spend the night beside her)..........

 

.. et puis il est quatre heures et quelques du matin, j’ai plus sommeil

ou alors encore un peu

quelque part

quelques grains de poussières

mais si peu

il est quatre heures et quelques, j’ai regardé mes mails sur l’iphone tout cassé, pas de mail, j’ai pas gagné au loto,

hum, il va falloir que je modifie donc mes projets de la journée,

 j’avais l’intention d’aller acheter un petit mas dans le sud, un truc un peu rose et un peu en pierres avec vue sur la mer et une pinède, avec aussi des chambres fraiches des murs recouverts à la chaux et une vieille table en chêne ou un autre bois

dans le genre

et aussi une commode en acajou

parce que une fois, c’était un mardi je crois mais je me rappelle plus l’année, la fille au visage de veermer était tombée en arrêt devant un truc en acajou, une commode, je crois, je sais pas le nom de ces meubles là,

j’y connais rien en vie ordinaire

c’était dans une brocante, un vide grenier, c’était un dimanche

ou un mardi tu crois ?

j’y connais rien en jour de la semaine

elle m’a dit - on l’achète ?

on avait vingt ans,

on avait cette maison toute pourrie en mâchefer

on avait tout ça sur le bout des doigts et j’ai aucune photo de cette éclaboussure de vraie beauté

je veux dire, elle, moi,

les jours de la semaine

sa culotte qu’elle glissait entre les fesses parce qu’elle savait que ça me faisait bander

elle a dit - on l’achète ?

elle coûtait que dalle la commode en acajou

j’ai dit - acheter ?

pourquoi faire ?

je veux dire j’y connais rien en acheter,

je voyais pas l’intérêt d’avoir une commode

j’y connais rien en intérêt d’avoir quelque chose,

j’ai dit pas dit non, j’ai rien dit, elle a pas insisté, elle a eu tort, elle aurait du me mettre un coup de nunchaku entre les oreilles, elle aurait du me défoncer le nez avec une masse en fonte,

j’y connais rien en aurait du

mais bon, on a continué à marcher jusqu’au mercredi peut être, c’était le bout de la rue le mercredi, on est rentré,

dans la maison, elle a tracé au sol un rectangle avec une craie de regret, elle a dit je l’aurai mise là, j’ai dit - ok, on fera attention si on a un chien un jour qu’il ne pisse pas dessus,

j’y connais rien en commode

ni en réverbère

et puis un jour, elle est partie la fille au visage de veermer

… et puis, je l’ai retrouvée dimanche après midi, sur la terrasse,

ce dimanche là,

avant hier, quoi

j’avais posé une chaise contre la haie de thuya, devant la table en plastic vert

il faisait chaud dimanche, hein ?

j’y connais rien en dimanche,

j’ai mis une rallonge blanche qui allait de la prise dans le salon au petit ordinateur blanc

j’ai ouvert un fichier word,

j’ai écrit en titre

la fille au visage de weermer

sous titre

peinte comme dali mais avec un moins gros cul

et belle comme marina vlady

et puis j’ai fermé les yeux

j’y connais rien en yeux ouverts et j’ai cliqué les touches avec fautes de frappe

j’ai cliqué je sais pas combien de temps

-tu fais quoi ?

c’était la fille aux bougies qui était venue

- j’écris j’ai dit

elle avait un short en jean et un chapeau blanc, elle avait son sourire d’enfant

-tu me feras lire ?

-non, j’ai dit

j’y connais rien en oui