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12/03/2011

....some of them want to be abused...

… et puis voilà, je me réinstalle sur ma table de bois, là haut, dans la pièce à côté de ma chambre, je l’ai déplacée un peu la table, elle était face à la fenêtre avec cette putain, de vue tu sais que j’ai de chez moi, brouillard.jpg

 

mais ça m’éclaboussait trop les yeux, je veux dire, je regardais rien d’autre, j’arrivais pas à voir l’écran de l’ordi, j’arrivais à voir autre chose que rien parce que quand on regarde longtemps ailleurs, quand on regarde longtemps ça, on voit rien, on pense à rien, on s’efface un peu, je crois, on se repose la vie, on..

 

la fièvre est complètement partie, je me sens putain de léger, putain de bien, tout à l’heure y’avait  un peu de soleil doux dehors, j’ai sorti mon fauteuil de tissu rouge, j’ai pris mes lunettes de soleil, je me suis planté là, sur la terrasse entourée de thuyas que j’ai devant, je me suis planté là avec un bouquin, ça fait des mois que je n’ai pas lu de livres, j’aime bien ne pas lire aussi, j’aime bien tout quand c’est synchrone avec moi, quand c’est fluide, quand ça ne signifie rien d’autre qu’être bien….

Tu sais la nuit d’avant, pas la dernière non,

la dernière j’ai enfilé un cachet pour dormir parce que les nuits à rallonge, ça va un temps, les nuits à écrire l’heure sur des notes de blog (haha), au bout d’un moment, ça perd le goût âcré de la cyprine (hum, j’ai envie là), je veux dire, bon, des fois, il vaut mieux prendre un cachet..

La nuit d’avant j’avais pas pris de cachet rien, donc, bingo, à deux heures du mat, j’ai allumé la lumière, et merde, y’avait encore tout ce terrain vague de l’insomnie, j’avais plus la main verte, je fume plus depuis mille ans, je lis plus, j’avais encore deux ou trois épisodes d’Outcasts, cette nouvelle série qui se passe sur une autre planète, j’avais deux ou trois épisodes à voir, je vais faire ça, j‘ai pensé,

on n’a pas toutes les nuits marie louise parker à se mettre sous le désir

(avec ses santiags au pieds)

Je vais faire ça j’ai pensé et j’ai vu deux épisodes et puis, je sais pas, j’ai senti que j’avais à nouveau sommeil, tu sais quand d’un coup l’impossible devient possible et que tu sens que partout ça t’adoucit le corps et que tu vas plonger dedans et ça glisse tout seul et je me suis rendormi..

…les rêves, j’y attache aucune importance, je veux dire depuis les taches de rorschach, y’a pas plus de sens que ce que tu as envie d’y mettre et donc tout ça pour moi, c’est rien d’autre que des molécules qui jouent à la belote et qui se draguent en douce en se tripotant sous la table les pieds..

Donc les rêves, c’est rien d’autre que du n’importe quoi pour moi, des images issues de mics macs chaotiques d’extrémités nerveuses qui s’embrouillent les synapses, mais là putain, j’ai ouvert les yeux vers six heures et demi, et ça continuait…

y’avait deux univers parallèles en même temps..

je vivais deux vies simultanément..

Ça continuait en direct live, j’étais réveillé et je rêvais en même temps et ce rêve, c’était pas rien..

J’ai un bloc sténo à côté de moi, j’ai pris un roller noir, il marchait pas

j’en  ai pris un vert , hop c’était ok

on fait jamais assez confiance au vert

même si la vraie question est : comment se fait il que j’ai un stylo vert près de mon lit et même chez moi ?

et surtout : QUI A ACHETE UN STYLO VERT ET POURQUOI ACHETE-(t)-ON UN STYLO VERT ?

 est ce que le mystère de la vie n’est pas quelque part par là ?

 et j’ai commencé à écrire en vert tout mon rêve à la fois depuis le début et en même temps dans sa continuité..

parce que ce rêve c’était pas rien..

avant le dernier mot du rêve

les rêves, faut leur laisser le dernier mot, comme pour les gens,

avoir le dernier mot pour beaucoup c’est une victoire sur l’inutile, c’est une preuve d’existence,

je laisse toujours le dernier mot, j’ai pas besoin de preuve d’existence, j’essaie de pas avoir besoin de plus que ce que j’ai

juste avant le dernier mot que je laissais volontiers au rêve, j’ai regardé les sept ou huit pages que je venais de verdir ……

et je te jure j’ai rigolé

pourquoi faire est-ce que j’ai noté mon rêve, je me suis dit ??

· est-ce que j’allais le relire ?

la réponse est non, je me relis jamais ou des fois par hasard bleuté

· est ce que j’allais le faire lire à quelqu’un  ?

la réponse est non again,

on croit toujours qu'on doit laisser une trace

alors j’ai posé le bloc de papier,

je me suis rallongé, j’ai refermé les yeux,

j’ai retrouvé des images du rêve

-         le coup de fil angoissé

-         la route dans la nuit

-         la personne à conneries massives allongée dans une ruelle sombre

-         mon téléphone qui marchait plus

-         l’impossibilité de faire quoi que ce soit 

j’ai pris une douche rapide, j’ai été au boulot

j’ai ouvert la fenêtre de mon bureau, je suis resté un moment à regarder les arbres

j’aime bien vivre en fait

et l’inverse aussi