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29/04/2011

...well you know that I love to live with you, ....(but you make me forget so very much)...........

.. et puis hier je suis rentré tôt, j’avais pas mal roulé dans la journée, j’avais des rendez vous dans des immeubles soviétiques, j’avais des dossiers bleus sous le bras, j’avais mon roller bleu dans la poche de ma veste, y’avait cette grisaille brouillardeuse, teintée de bruine, une pluie pas franche, un temps limite marketing prozac, j’ai trouvé rapidement une place juste devant, le gps me disait que j’étais arrivé, oui, chérie, j’ai répondu, ma peau mate et très patinée par le soleil de la semaine dernière frisait l’arrogance, je sentais encore l’iode alors qu’ici, rien ne sentait rien, l’idée même de parfum était incongru, je suis rentré tôt, je suis pas repassé par mon bureau, j’avais pas envie, j’ai fait couler un bain plein de mousse Sanex, j’ai les cheveux très longs là, je les rabats en arrière, le bain était trop chaud, j’ai mis sur ma tablette archos un épisode de caprica, monde virtuel monde réel, c’est quoi la vie, c’est quoi la mort, c’est quoi l’amour, l’homme est un barbare, ce genre de truc en dix huit épisodes avec un esthétisme soigné, une harmonie frisant l’équilibre, j’ai regardé ça en faisant couler de l’eau froide, j’avais noté sur un autre feuille punaisée au mur :

-taverne,

-basculement,

-herman hesse,

-vieille table,

-fumée,

-dictature de la quéquette,

une série de mots clés pour mes mémoires que j’invente, j’ai une barbe d’une semaine, je me raserai pas j’ai pensé, j’avais un peu envie de me branler mais je passais pas la nuit chez moi, laissons une chance au futur, j’ai eu envie d’écouter bashung, je sais pas pourquoi, j’ai téléchargé l’album osez bashung, le second cd est composé de reprises, j’ai mis ça sur mes enceintes classieuses, je me suis allongé sur le canapé, j’ai posé la couette qui traînait dans l’armoire sur moi, putain tu vas pas dormir ? je me suis dit, et pourquoi pas ? je me suis répondu,

je me suis réveillé une heure après

à peu près,

je me sentais très triste, je savais pourquoi,  j’avais l’énergie de repousser ça, j’ai la faculté d’effacer plus ou moins temporairement, plus ou moins complètement les shémas qui m’emmerdent,

quand j’ai lu dans la bible :

 toute ta vie tu seras emmerdé par des tas de trucs

dont suit une liste non exhaustive en huit mille pages,

je l’ai déchirée,

j’en ai écrit une autre 

tu dois rien,

on te doit rien

fais avec

je te la vends pour le prix exact de ton angoisse

j’ai mis dans mon sac mon ordi, mon carnet noir des mémoires que j’invente, un tee shirt, un slip, une brosse à dents, j’ai pris la route du plateau, j’ai mis night in white satin, version bashung à fond

y’avait ce putain de ciel au dessus de la vallée